"Chambers", c'est l'une des nouvelles créations de Netflix. Une série qui mêle les genres : horreur, ado, social.... avec Uma Thurman, Tony Goldwyn et une révélation : Sivan Alyra Rose. Nos critiques ont vu les premiers épisodes en avant-première et sont partagés.

Sivan Alyra Rose
Sivan Alyra Rose © Netflix

La diffusion de la série Chambers débute ce 26 avril sur Netflix. A l'affiche, Uma Thurman, l’héroïne de Kill Bill, Tony Goldwyn, le président Fitzgerald de Scandal et une jeune actrice amérindienne, d'origine apache et dont c'est le premier vrai rôle : Sivan Alyra Rose.

L'histoire en quelques mots

Après avoir survécu à une crise cardiaque, une jeune femme devient obsédée par le mystère entourant la greffe de cœur qui lui a sauvé la vie. Plus elle se rapproche de la vérité sur la mort soudaine de son donneur, plus elle développe les traits de caractère du défunt dont certains se révèlent terriblement sinistres.

"Chambers" sous l'œil des critiques

Benoît Lagane a réuni quatre spécialistes de séries : Pierre Langlais de Télérama, Charlotte Blum d’OCS, Marjolaine Jarry de l’Obs et Guillaume Nicolas d’Allo Ciné.

Charlotte Blum : C'est une histoire d'horreur qui est menée par des personnages féminins qui ne sont pas ridicules. Qui ne sont pas le cliché de la nana qui se fait assassiner dans une allée sombre. 

C'est une série horrifique. On n'a pas peur souvent, mais quand on a peur, on a super peur.

Il y a de vrais personnages, ils sont vraiment construits. Il y a un vrai questionnement sur la fracture sociale, puisqu'on a cette gamine qui vient d'un environnement pauvre qui se retrouve dans une école élitiste, dans un environnement ou elle ne comprend rien à ce qui l'entoure et c'est super intéressant de voir son regard à elle sur ce monde. De voir qu'elle n'a pas trop envie d'y aller. Et j'ai trouvé qu'Uma Thurman, qui n'est pas glamour, est très intense.

Pierre Langlais : Je me demande encore là où ça va aller et ce que c'est vraiment. On ne sait pas trop. On se pose des questions assez rapidement. En même temps c'est un drame social.

Il y a ce décor qui est hyper naturaliste, le désert, qui est très concret, très poussiéreux mais qui est aussi une matière à fantastique avec des étranges ciels, des tempêtes de poussière, etc.

Il y a un milliard de truc là-dedans. Ça peut-être un peu indigeste. On peut se demander où veut aller la série.

C'est une série qui est très composite. On est tantôt dans le drame adolescent quasiment et en même temps dans quelque chose de surnaturel sur le deuil, avec une petite dose de mystique de Native American. Est-ce que c'est ridicule ou est-ce que c'est complètement fascinant ?

Uma Thurman et Tony Goldwyn
Uma Thurman et Tony Goldwyn / Netflix

Marjolaine Jarry : Il y a quand même ce gros potentiel kitsch.

C'est le teen-movie qui fait peur. Un montage à la truelle. Des énormes effets qui se succèdent

Ce qui est chouette en revanche, dans cette veine hyper populaire, dans ce genre hyper codifié, c'est d'avoir une héroïne volontaire, émancipée, une Amérindienne. C'est chouette que, dans un truc hyper populaire comme ça, le féminisme ne soit pas une question, il soit là tout naturellement, la diversité aussi.

Guillaume Nicolas : J'avais l'impression qu'on me criait au visage en permanence: "Attention série très étrange !", "Attention grand mystère !"... Tout est énormément surligné. J'ai pensé à Get Out aussi quand elle arrive dans cette famille un peu chelou. Mais là où Get Out était fin et assez subtil, là j'ai eu l'impression qu'on y allait avec de gros sabots.

Sivan Alyra Rose, la révélation

Charlotte Blum : Le personnage de Sasha, c'est un personnage que j'ai vu 50 fois, dans 50 séries, mais Sivan Alyra Rose est hyper vraie, hyper juste. Je trouve que son histoire d'amour est très très belle.

Quand elle est dans le bus, elle est tellement géniale cette actrice que je voudrais rester dans le bus avec elle.

Ça parle à ma culture Twin Peaks, parce qu'elle a vraiment un côté Laura Palmer cette Becky. (ndlr : Becky, la donneuse, interprétée par Lilliya Scarlett Reid)

Marjolaine Jarry : Mais justement on pleure. On pense à Twin Peaks parce que le clin d’œil est énorme et qu'on a l'impression d'un Twin Peaks remâché qui n'a pas osé autre chose, osé une finesse dans le récit, osé laisser planer quelque chose. Twin Peaks était déjà du remâchage de soap, jouait déjà avec ces codes. Donc là on est dans du remâchage de remâchage.

Sivan Alyra Rose et Lilliya Scarlett Reid
Sivan Alyra Rose et Lilliya Scarlett Reid / Netflix

Pierre Langlais : Netflix fait souvent des séries comme ça. On sent qu'il y a quelque chose d'unique, de vrai, d'émotionnellement sincère. et autour il y a tout un habillage, il y a toute une épaisseur supplémentaire, qui peut parfois être un peu frime, parfois un peu poussive. Mais ce qui fait que la série est intéressante pour moi, c'est que je suis un peu déstabilisé par ce que j'ai vu et je me demande vraiment où ça va aller.

Pour moi, les meilleures séries de jeunesse, c'est les séries qui doivent être dans une forme de doute et d'incertitude émotionnelle, sinon on n'est pas dans une histoire adolescente.

Aller plus loin

13 min

Regarder Chambers, ou pas

Par France Inter
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