C’est les vacances scolaires, et en plus c’est mercredi, le jour des enfants : Elsa Boublil en profite pour consacrer son émission aux chansons qui accompagnent les films d’animation. Des trolls, des sorciers et des sorcières, des loups, des souris… De Danny Elfman à Prokofiev et passant par Debussy, Dukas, Mendelssohn, Fauré.

La mélodie gaie et facile à retenir de ces morceaux "pour enfants" peut donner l’impression d’une composition mineure - c’est évidemment loin d’être le cas. Commençons notre panorama par This is Halloween , une composition de Danny Elfman pour le film de Henri Selick (d'après une histoire de Tim Burton)

OOGIE BOOGIE SHADOW OOGIE BOOGIE I am the shadow on the moon at night Je suis l'ombre sur la lune la nuit Filling your dreams to the brim with fright Celle qui remplit vos rêves à ras bord d'effroi

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… Dans le noir de la nuit, on croise des citrouilles qui crient, des vampires, un arbre à pendus, des ombres qui se cachent pour faire peur à tout le monde : pas très rassurant, n'est-ce pas ? Continuons dans ce monde fantastique où exprimer les angoisses permet d’exorciser la peur, avec L'Apprenti Sorcier (1897) de Paul Dukas . Profitant de l’absence de son maître, un jeune magicien anime un ballet. Il en perd complètement le contrôle… mais le sorcier revient et calme les éléments déchaînés. La scène est représentée dans le troisième long-métrage produit par les studios Disney, Fantasia en 1940. Elle est inspirée de la balade de Goethe appelée Der Zauberlehrling (1797)

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Avec son Fantasia, Walt Disney souhaitait rendre hommage à la musique classique et contemporaine. Exercice difficile, car même si l'animation donne plus de liberté aux réalisateurs qu'un film classique, la musique reste un élément aérien, difficile à mettre en images.

Vaut-il mieux se limiter à des thèmes narratifs et facilement adaptables, comme L'Apprenti sorcier ?

Brosser des tableaux, créer des illustrations qui retranscrivent l'atmosphère de la musique ?

Ou au contraire, rechercher des voies plus abstraites ?

Le réalisateur allemandOskar Fischinger a choisi cette dernière voie : dans An Optical Poem (1938), une adaptation de la 2d Rhapsodie hongroise de Liszt, il cherche à reproduire à l'écran l'impression d'un spectateur lorsqu'il ferme les yeux durant un concert (Disney fera appel à lui pour la séquence d'ouverture de Fantasia, avec l'adaptation du Toccata & Fugue de Bach) :

Les studios Disney abordent la musique classique avec beaucoup de légèreté, comme dans cette adaptation du Finale , extrait du Carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns (Fantasia 2000 ). Un flamand rose bougon s'amuse avec un yoyo au dépend de la danse harmonieuse de ses camarades flamands.

Le Songe d’une nuit d’été a fait l'objet de nombreuses adaptations. Adaptation de la pièce de Shakespeare par Mendelssohn, déjà. Celle-ci s'est faite en deux temps : d’abord l’ouverture, composée naturellement par Mendelssohn à 17 ans juste après la lecture de la pièce de Shakespeare; puis 17 ans plus tard, suite à une commande du roi de Prusse Frédéric Guillaume IV. La musique de Mendelssohn a ensuite été adaptée elle-même par l'animateur russe Jiri Trnka (1959)

Mais revenons à des productions plus récentes... Vincent Courtois, musicien plutôt catégorisé jazz car il improvise sans mal, a composé la bande originale du film Ernest et Célestine (2012) de Benjamin Renner ; une bande originale plutôt réussie car elle suit bien l’idée du film sans tomber dans le simplisme :

Enfin, un dernier extrait pour terminer ce petit panorama... On ne peut pas parler de musique classique et d'enfants sans évoquer Pierre et le loup, le poème symphonique créé par Prokofiev pour familiariser les enfants avec les principaux instruments de l'orchestre symphonique. Il est ici mis en image par Suzie Templeton (2009).

Une question, tout de même, reste en suspens : on s’évertue à composer pour enfants, mais y a-t'il vraiment des musiques pour enfant et d’autres pour adultes ?

►►► ÉMISSION | Vous avez dit classique ?

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