Christophe Honoré
Christophe Honoré © Radio France / Stéphane Capron

Quel est le point commun entre Hitler, Michel Sardou, Derrida, Patricia Kaas et Françis Cabrel ?Et bien c'est "Fin de l'histoire" la dernière pièce de Christophe Honoré qui s'est inspiré de l'oeuvre de Witold Gombrowicz pour réécrire à sa manière l'histoire des prémisces de la 2ème guerre mondiale. C'est totalement renversant.

En partant d’un texte inachevé et fragmentaire de Witold Gombrowicz, Christophe Honoré s’interroge sur le cours de l’histoire. Une famille polonaise est coincé une gare en Pologne, parce que la mère (géniale Annie Mercier) s’est trompée sur l’horaire d’un train. Dans ce hall reconstitué (décor magnifique d’Alban Ho Van) le petit dernier de la famille Witold, que la mère appelle « le microbe » veut intervenir sur le cours de l’Histoire. Witold est un doux rêveur, bisexuel, amoureux de la vie. Tout le début de la pièce est une ode à la jeunesse.

Un terrain de jeu magique pour Christophe Honoré qui n'hésite pas à forcer le trait et bousculer les conventions. Sur le plateau il a convoqué Hitler, Marx, Daladier, Mussolini, Staline qui chantent du Patricia Kaas, du Michel Sardou ou du Françis Cabrel.

Je me sens à part dans le monde du théâtre. Je me sens comme dit Gombrowicz « un homme isolé ». J’aime faire du théâtre parce que je me sens innocent. Je m’affranchis plus que d’autres de certaines conventions. Je peux faire là ce que je ne peux pas faire sur les plateaux de cinéma. C’est un lieu où la pression économique est de plus en plus forte et c’est difficile d’inventer des formes libres et joyeuses. Alors j’en profite !

Ce spectacle est un savant mélange de plusieurs styles. On parle de philosophie, d'histoire, on chante de la variété française. Quand on sort de cette "Fin de l’histoire" on s’est beaucoup amusé, mais on a aussi beaucoup réfléchi. A voir à Paris à la Colline en novembre et en tournée.

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