Les grandes manœuvres, puis Les Tontons flingueurs l'avaient révélé. Acteur imaginatif, généreux et ouvert, le comédien s'est éteint à 88 ans

Claude Rich
Claude Rich © Getty

Après ses études au Conservatoire national d’art dramatique aux côtés de Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Bruno Cremer, Jean-Paul Belmondo, il avait décroché son premier rôle au cinéma dans Les Grandes Manœuvres de René Clair.

Tout au long de sa carrière il aura à coeur de mener parallèlement une carrière sur les planches et sur grand écran

J'ai eu la chance à mes débuts de ne pas être engagé par la Comédie-Française mais sur les Boulevards. J'y jouais trois pièces par an et, pour se faire connaître des critiques, c'est bien mieux que de jouer une seule pièce qui reste trois ans à l'affiche !

Dans les années 60, il est le jeune premier idéal que l'on retrouve notamment face à Lino Ventura dans Les Tontons flingueurs (1963) de Georges Lautner ou à Louis de Funès dans Oscar (1967)

Durant les années 1970-1980, il retourne à sa passion première, le théâtre, notamment dans Hadrien VII pour lequel il est récompensé par le Prix du Syndicat de la Critique, ainsi que dans un passage très remarqué à la Comédie-Française pour le rôle-titre de Lorenzaccio d'Alfred de Musset, mis en scène par Franco Zeffirelli (1976).

Jean-Luc Boutte et Claude Rich lors d'une répétition de Lorenzacio
Jean-Luc Boutte et Claude Rich lors d'une répétition de Lorenzacio © AFP

Cela ne l'empêche pas d’apparaître plusieurs fois sur grand écran, notamment dans Adieu poulet (1975), Le Crabe-Tambour (1977) et La Guerre des polices (1979).

Claude Rich collabore à de nombreux films historiques, dont Le Colonel Chabert (1994), La Fille de d'Artagnan (1994) qui lui vaut d'être nommé pour le César du meilleur acteur dans un second rôle, Le Bel Été 1914 (1996) ou encore Capitaine Conan (1996).

Claude Rich multiplie les apparitions au cinéma dans les années 2000, notamment dans Le coût de la vie (2003), Là-haut, un roi au-dessus des nuages (2004), Le Mystère de la chambre jaune (2003), Le cou de la girafe (2004), Président (2006), Le crime est notre affaire (2008).

Sa carrière sera couronnée en 2002 par un César d’honneur. Quelques années auparavant, en 1989, il avait déjà été récompensé par le César du meilleur acteur pour son interprétation de Talleyrand dans Le Souper de Jean-Claude Brisville.

Bertrand Tavernier qui l’a dirigé dans plusieurs films, décrit parfaitement sa personnalité (La Croix - 15 avril 2004) :

Il est comme un joueur de jazz qui fait chaque fois des variations différentes, pour le plaisir, pour épater. Il est l’acteur dans ce qu’il a de plus imaginatif, généreux et ouvert sur tout ce qui entoure le rôle.

En 2012, pour l'un de ses derniers rôles, il incarne le père de Jean-Pierre Bacri, Président de section du Conseil d'État, homme précieux et autocentré dans la comédie de mœurs Cherchez Hortense, ce qui lui vaut à nouveau une nomination pour le César du meilleur acteur dans un second rôle.

Articles liés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.