Planète
Planète © corbis

Le climat, la COP21, on ne parle plus que de sauver la planète. Depuis 1972, date de la conférence de Stockhom, pendant que les écologistes essaient d'agir, les écrivains de science-fiction inventent le pire.

Stockholm a marqué le début d’une prise de conscience de la cause environnementale à l’échelle internationale, et quelques auteurs de science-fiction, ont imaginé bien avant ce sommet les conséquences d’un changement climatique.

Qu’ils envisagent sécheresses, glaciations ou inondations, plusieurs d’entre eux ont dressé un constat pré-alarmiste décrivant avec force imagination une terre post-apocalyptique où la nature autrefois malmenée, prendrait sa revanche sur l’homme. Ce que nous enseigne Doris LessingdansMarn et Dann c'est que les catastrophes climatiques comme les autres nous force à descendre au plus profond de l'humanité. Dans son roman, une interminable période de sécheresse a décimé des populations entières, forçant les survivants à remonter vers le nord, là où se trouvent les dernières ressources en eau. Mara et Dann, deux enfants abandonnés puis pourchassés, vont connaître la faim, la violence, la trahison, mais aussi l'amour et la maturité.

Quant à Michael Crichton , il a fait des utopistes de l'écologie des criminels machiavéliques dans Etat d'urgence.

Outre ces deux références, voici une sélection de cinq livres qui font partie des premiers à avoir abordé le sujet .

La comète fatale dans La fin du Monde – Camille Flammarion (1895)

SF et climat - la fin du monde
SF et climat - la fin du monde © Radio France

Le danger vient du ciel depuis qu’une comète doit rentrer en collision avec la Terre. Selon certains experts scientifiques, un gaz tarissant notre oxygène doit mener à l’extinction du genre humain, dans d’atroces agonies.

Parmi les autres hypothèses avancées, le choc provoquerait une érosion par les eaux courantes et d’ici quatre millions d’années, la mer envahirait la surface entière du globe. A moins que la diminution de la vapeur d’eau dans l’atmosphère ne provoque un refroidissement général…

En tant qu’astronome, Camille Flammarion se penche sur le devenir de la planète, organisant son récit sous forme de grands débats entre scientifiques autour de plusieurs théories de fin du monde, évoquant ainsi les phénomènes de sécheresses, glaciations ou inondations… Mais au final, c’est bien de vieillesse que la Terre mourra.

Climat tropical sous les eaux dans Le Monde englouti – JG Ballard (1962)

SF et climat - Le monde englouti
SF et climat - Le monde englouti © Radio France

Londres , dans un futur proche. La ville est envahie par les eaux. Une succession de soulèvements géophysiques est à l’origine d’un dérèglement climatique où l’action du soleil et une température approchant les 50°C ont fait fondre les calottes glacières des pôles.

Au milieu d’une végétation luxuriante, les rares refuges se trouvent au sommet des immeubles, là une faune tropicale constituée de grands lézards ailés et d’iguanes menace les quelques résidents restés sur place. Ecrasés par la chaleur et les pluies torrentielles, les membres d’une station scientifiques et militaire décident de quitter les lieux pour le pôle nord. Robert Kerans, un médecin biologiste va rester, quelque part fasciné par cette métamorphose du monde à l’atmosphère irréelle.

Publié en France en 1964,Le Monde englouti nous entraîne dans une civilisation bouleversée par un écosystème mutant et où l’homme en proie à des délires hypnotiques devient comme possédé par l’environnement.

Sur ce même thème de l’apocalypse climatique, Ballard abordera quatre ans plus tard la désertification du monde causée par la pollution dans Sécheresse .

Les radiations du Soleil dans Le monde vert – Brian Aldiss (1962)

Le monde vert
Le monde vert © Radio France

Sous l’effet conjugué de la chaleur et de l’augmentation des radiations solaires, la terre s’est métamorphosée en une gigantesque jungle dominée par des plantes menaçantes et meurtrières. Le monde végétal a envahi la planète jusqu’à former une passerelle avec la lune. Les derniers descendants de l’espèce humaine tentent de survivre au sein de cet environnement hostile tandis que d’autres cherchent à s’en échapper. Chacun d’entre eux entame alors un voyage initiatique qui l’amène à considérer la place et le rôle de l’individu dans ce nouvel espace.

A l’origine publié dans un magazine américain de Science-fiction sous la forme de 5 nouvelles,Le monde vert , qui traite de l’involution de l’espèce humaine, a remporté le prix Hugo en 1962.

Technologies et déchets dans Nous mourrons nus – James Blish (1969)

SF et climat - nous mourrons nus
SF et climat - nous mourrons nus © Radio France
Dans un **New-York** envahi par les eaux et totalement bouffie d’ordures, le responsable d’un centre de tri et de traitement de déchets conscient de la fin imminente du monde est invité en compagnie de huit autres personnes à quitter la terre pour se rendre sur la lune afin d’y fonder une nouvelle humanité. Invité par **Arthur C. Clarke** - auteur de _2001 : l’odyssée de l’espace_ - à imaginer les conséquences d’un usage de technologies non maîtrisées, en vertu de soi-disant progrès technologiques, **Blish** rend compte de l’incapacité de l’homme à prendre soin de la planète avant qu’il ne soit trop tard. ### **… Et il revient au galop** - Jean-Pierre Andrevon (1971)
SF et climat - Cela se produira bientôt
SF et climat - Cela se produira bientôt © Radio France
Dans cette nouvelle tirée de _Cela se produira bientôt_ , une pluie perpétuelle s’abat sur le monde. Un phénomène provoqué par **« _l’échauffement de l’atmosphère consécutif à l’excès de gaz à effet de serre_ ».** Conséquence de ce déluge : la nature reprend ses droits, débarrassant du plancher le paysage urbain bâti par l’homme. La végétation colonise les lézardes du béton, les barrages s’écroulent sous l’effet de la montée des eaux, les arbres gagnent du terrain... Le constat de l’héroïne est sans appel : « _L’homme a commis trop de dégâts. Il ne mérite pas d’avoir une place dans le nouveau monde_ ». Jean-Pierre Andrevon, représentant d’une science-fiction verte et engagée, établit un diagnostic sans appel des dégâts provoqués par le réchauffement climatique. A l’époque, peu de gens y songeait. Lui, avait déjà une conscience d’avance sur les bouleversements environnementaux à venir. _Sélection proposé par Anthony Richard, de la Bibliothèque de Radio France_
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