Les colloques de Cerisy ont, depuis longtemps, accordé une place de choix aux littératures de l’imaginaire et aux littératures dites « de genre » ; elles sont aussi, bien sûr, un lieu emblématique de réflexion sur la littérature. Une semaine sera consacrée, en juillet 2012, à l’œuvre de J.R.R. Tolkien (1892-1973) et au groupe des Inklings (C.S. Lewis, Charles Williams ; Owen Barfield…). Ces auteurs se trouvent au carrefour de questions littéraires, génériques, critiques et théoriques. Tolkien permet en effet de croiser des interrogations qui possèdent une valeur exemplaire pour les études littéraires, en particulier les relations entre littérature et imaginaire, le processus de reconnaissance par la critique, d’un auteur, l’interaction entre réception du grand public et interprétation critique, d’autant que les travaux portant sur cet auteur se sont multipliés ces dernières années : pour citer les plus remarqués, songeons à Tolkien et le Moyen Age (dirigé par Leo Carruthers, 2007), Tolkien et ses légendes. Une expérience en fiction (Isabelle Pantin, 2009), D’Asimov à Tolkien, cycles et séries en littérature de genre (Anne Besson, 2004), Tolkien. Le Chant du monde (Charles Ridoux, 2004), La Feuille de la compagnie 1 (2001) et 2 (2003), sous la direction de Michaël Devaux, ainsi que Tolkien 30 ans après… sous la direction de Vincent Ferré, 2004, qui avait également fait paraître Sur les rivages de la Terre du Milieu (en 2001). Cette série vient de s’enrichir d’un nouveau volume, Tolkien aujourd’hui, édité par Michaël Devaux, Vincent Ferré Charles Ridoux (2011). Cette semaine de rencontre est également suscitée par un désir de réduire l’écart qui s’est creusé entre l’image que possède Tolkien auprès du grand public – qui le perçoit comme l’auteur d’un seul ouvrage, Le Seigneur des Anneaux (même si l’on commence à reparler de Bilbo le Hobbit ) – et celle que le lecteur curieux du reste de l’œuvre ou le chercheur peuvent se constituer au fil des traductions récemment publiées en français. Conformément à la tradition du lieu, figureront au nombre des intervenants des spécialistes de littérature qui ne consacrent pas prioritairement leurs travaux à cet auteur ; leurs contributions permettront de le relier à d’autres écrivains, d’autres traditions et genres.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.