Depuis quelques années, les services de "streaming musical" se livrent une bataille sans merci pour multiplier les abonnements. Cette semaine, Apple Music a quasiment rattrapé le géant du secteur Spotify aux États-Unis, grâce à un seul artiste. Car chaque service mise sur -au moins- un joker pour s'en sortir...

Le rappeur Drake (ici en concert à Amsterdam) a tiré les chiffres d'Apple Music vers le haut
Le rappeur Drake (ici en concert à Amsterdam) a tiré les chiffres d'Apple Music vers le haut © Maxppp / FERDY DAMMAN/EPA/Newscom

Un milliard. C'est le nombre de fois que le dernier album de Drake, "Scorpion", a été écouté en une semaine sur les plateformes d'écoute de musique en ligne. Un record absolu dans le domaine, qui a aussi permis à Apple Music de presque rattraper le leader du marché, Spotify, par un heureux hasard : un problème technique a obligé ce dernier à publier l'album avec deux heures de retard.

Dans le domaine, le succès tient à trois fois rien... S'il est difficile d'évaluer l'impact réel de ce délai, l'écart s'est en tout cas creusé dans les premières 24 heures de diffusion : selon Les Échos, "Scorpion" a comptabilisé 170 millions d'écoutes sur Apple Music en une journée, soit près de 40 millions de plus que sur Spotify.

Plus largement, le service de la marque à la pomme revendique désormais aux États-Unis 21 millions d'abonnés payants, juste derrière les 22 millions de Spotify. Au niveau mondial, Spotify compte 75 millions d'abonnés, contre 50 millions pour Apple. En troisième, on trouverait Amazon Music Unlimited (qui revendique plusieurs dizaines de millions d'abonnés).

Comment sortir du lot ? L'équation est complexe. Et la différence ne peut pas se faire sur les tarifs, les coûts des abonnements étant quasi identiques (environ dix euros par mois pour tous). En revanche, elle peut se faire sur les offres promotionnelles "en interne" : les abonnés au service "premium" d'Amazon, par exemple, bénéficient d'un accès privilégié à l'offre musicale de l'entreprise.

En tant que leader, Spotify protège aussi sa place avec des partenariats extérieurs (dernièrement avec le service de vidéo à la demande américain Hulu). Dans une certaine mesure, Google parie aussi sur le lien avec la vidéo avec le lancement de son nouveau service YouTube Music, qui mise sur la place déjà prédominante de sa plateforme vidéo dans le cœur des jeunes amateurs de musique. Et qui pourrait même remplacer à terme son offre actuelle, Google Play Music.

Tidal, la plateforme du chanteur Jay-Z, a eu une approche un peu différente : se concentrer sur des exclusivités prestigieuses, et sur un public de "connaisseurs". Pour une vingtaine d'euros, on peut ainsi écouter de la musique en très haute qualité, pour les mélomanes les plus pointus. Un parti-pris également assumé par le Français Qobuz, pour viser là aussi un public exigeant, certes moins nombreux mais potentiellement plus fidèle.

Enfin, Apple, Google et Amazon misent beaucoup sur les interactions entre leurs services musicaux et leurs assistants vocaux respectifs. Mais en France, si le streaming musical est en plein boom (+23 % entre 2016 et 2017), il est surtout lié à une utilisation nomade. Et on attend encore de voir si les enceintes connectées parviennent à se faire une place dans les foyers suffisamment importante pour convaincre les utilisateurs de choisir leur service musical en fonction.

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