Ce dimanche, cela fait 90 ans, jour pour jour, qu'une petite souris a fait son apparition sur les écrans. Son nom : Mickey Mouse. Si le personnage, devenu mascotte des studios Disney, a une longue filmographie animée, il a aussi émaillé tous les autres domaines de la culture populaire.

Mickey Mouse sur son trente-et-un
Mickey Mouse sur son trente-et-un © AFP / Valerie Macon

C'était il y a 90 ans jours pour jour : le 18 novembre 1928 sortait sur les écrans de cinéma un court métrage animé en noir et blanc, racontant les aventures d'une petite souris matelote sur un navire, de sa petite amie et d'un gros chat noir patibulaire. Le nom de cette petite souris : Mickey Mouse. Ce court-métrage, c'était Steamboat Willie, le premier dessin animé musical de l'histoire. 

Ce dimanche, Mickey fête donc ses 90 ans. Créé par Walt Disney après que celui-ci a perdu les droits d'un autre personnage, Oswald le petit lapin, la mascotte de la multinationale qu'est devenue Disney est la star de films, de bandes-dessinées, de séries animées, et possède son propre journal. Mais au-delà des créations de sa maison mère, l'image de Mickey a émaillé toute la pop culture tout au long de ces 90 ans. 

De Cole Porter à Christophe (Hondelatte)

C'est la légende du jazz Cole Porter qui est le premier à caser Mickey Mouse dans une chanson. Et il le fait dès 1934 - soit six ans seulement après la naissance du personnage - pour une chanson de la comédie musicale "Anything Goes". La chanson s'appelle "You're the top" et place Mickey parmi les nombreux éléments "on the top", faisant rimer "Mickey Mouse" avec "Symphony from Strauss".

En français, si Gainsbourg, en 1981, joue sur les mots et transforme la bête en "Mickey Maousse" dans une chanson peu connue, avant lui, Christophe regrettait de ne pas être "Mickey de Walt Disney, crooner de cabaret". 

Enfin, on ne peut pas ne pas citer l'une des plus belles rimes avec "Mickey Mouse" : celle imaginée par un autre Christophe, Hondelatte cette fois, dans sa chanson devenue presque culte : Dr. House

De Warhol à Haring

C'est peut-être dans le monde des arts que Mickey est le mieux représenté : le court-métrage Steamboat Willie fait d'ailleurs partie de la collection du MoMA, le musée d'art moderne de New-York, en tant que témoin du XXe siècle. Mais la célèbre souris a aussi été utilisée par de nombreux artistes plasticiens. En tant que mascotte d'une multinationale et de la société du spectacle, il a été adopté par les maîtres du pop art que furent Andy Warhol, Keith Haring ou encore Roy Lichtenstein

L'artiste français Bertrand Lavier s'est aussi inspiré des BD de Mickey pour créer des tableaux d'art contemporain tels qu'imaginés dans une des histoires de la souris. 

Et aujourd'hui, c'est plutôt chez les street-artists, comme Banksy, qu'il faut chercher des apparitions de Mickey, comme sur cette oeuvre où il est représenté, tenant un enfant par la main, aux côtés d'un autre symbole de la consommation, Ronald McDonald. 

De Jean-Michel Ribes à Cecil B. DeMille

Au cinéma (et au théâtre) aussi, Mickey fait quelques apparitions, même si la situation est plus complexe : le personnage appartenant à un studio de cinéma (Walt Disney), qui se débrouille toujours pour qu'il ne tombe pas dans le domaine public, il est impossible de l'utiliser dans un film sans avoir signé un accord avec Disney. L'un des rares films où l'on aperçoit Mickey hors de son univers, c'est Qui veut la peau de Roger Rabbit (mais produit par une filiale de Disney). 

On trouve toutefois quelques occurrences de Mickey ailleurs dans le cinéma, mais celles-ci sont soit parodiques, soit furtives. Dans Sous le plus grand chapiteau du monde de Cecil B. DeMille, Mickey fait partie d'une parade de personnages masqués. Et dans Musée haut, musée bas, monté par Jean-Michel Ribes au cinéma et au théâtre, Mickey apparait dans une scène hilarante où, visiblement excité, Mickey échange quelques phrases avec... le ministre de la Culture

De Lanvin à Apple

Disney, et plus précisément Mickey et ses amis, ont aussi inspiré les créateurs de mode. Les collections à l'effigie de la souris ne manquent pas chez de nombreuses marques de prêt-à-porter. Et la haute couture s'y est aussi prêtée : la maison Lanvin - parmi huit créateurs - a notamment fait défiler Minnie en 2013, dans une robe de soirée conçue pour elle. 

La mode, c'est aussi les accessoires, et par exemple cette montre culte éditée dans les années 30, où les bras de Mickey indiquent les heures et les minutes. Une idée reprise par Apple pour le lancement de sa montre connectée, sur laquelle on trouve toujours un cadran "Mickey". 

Et sur le web... 

Sur le territoire de liberté et de création qu'est Internet, l'image de Mickey prend parfois une forme plus... inquiétante. En témoigne cette légende urbaine (ou "creepypasta") basée sur un faux court-métrage de Mickey. Intitulée "Suicide Mouse", cette étrange séquence aurait, selon cette histoire imaginée pour faire peur, poussé plusieurs personnes au suicide. C'est évidemment une fiction, reprise dans de nombreuses vidéos notamment. 

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