L'accordéoniste Yvette Horner est morte, ce lundi, à l'âge de 95 ans. Incarnation de la France populaire et du Tour de France, et avec plus de 300 albums à son actif, elle a su, en plus de 60 ans de carrière, sortir l'accordéon du bal pop' et marier l'instrument à vent avec de nouveaux genres musicaux.

Yvette Horner, en concert en 2010
Yvette Horner, en concert en 2010 © Maxppp / ERIC MALOT / PHOTOPQR / REPUBLIQUE DU CENTRE

Yvette Horner est morte "des suites d'une vie bien remplie" : c'est ce qu'a annoncé son agent. A 95 ans, la plus célèbre des accordéonistes françaises s'est éteinte lundi. Figure de la musique populaire française, elle avait commencé sa carrière en 1947 et avait fait chauffer l'accordéon jusqu'en 2011, date de son dernier concert. 

Avec André Verchuren, décédé en 2013, elle partage le statut de star française de cet instrument à vent bien connu dans les bals populaires – et une productivité impressionnante, elle a enregistré plus de 150 albums quand "Verchu" en avait sorti pas moins de... 777. Mais contrairement à ce dernier, elle a su dépoussiérer la pratique de son instrument en l'amenant, contre toute attente, vers des sphères musicales différentes. 

Tour de France, Suze et traction avant

Pourtant, la carrière d'Yvette Horner, née Hornère en 1922 à Tarbes (Hautes-Pyrénées), commençait sous le signe des bals populaires et de la France qui valse : après avoir remporté la Coupe du monde de l'accordéon en 1948 puis le prix de l'académie Charles-Cros, elle se fait connaitre du grand public en jouant sur la caravane du Tour de France (notamment sur la Traction avant financée par la marque Suze). En tout, elle a accompagné onze grandes boucles.

En parallèle, elle continue à produire des albums et se produit à la télévision... comme dans cette émission où elle interprète, à sa façon, un des premiers tubes de musique électronique : Pop-Corn

Cheveux roux et Jean-Paul Gaultier

Mais la transformation d'Yvette Horner arrive en 1985, quand le jeune créateur Jean-Paul Gaultier lui propose un relooking complet : en plus de dessiner pour elle de nouveaux costumes de scène, dont une robe à l'image de la Tour Eiffel, il lui conseille de se teindre les cheveux dans un roux flamboyant, qui deviendra une de ses marques de fabrique. 

Petit à petit, Yvette Horner s'ouvre à de nouveaux horizons. Sans jamais quitter le bal populaire, l’accordéoniste se retrouve donc invitée par Jean-Paul Goude à prendre part aux célébrations du bicentenaire de la Révolution française en 1989 ; elle devient vedette d'une revue en 1990, et se retrouve même invitée en 1999 par le chorégraphe suisse Maurice Béjart au Châtelet, lorsque celui-ci monte sa propre version de Casse-Noisettes. 

Boy George, Michel Legrand et Julien Doré

Le début des années 90, c'est aussi celui de l'avènement de la dance music, et Yvette Horner n'y échappe pas : son plus grand succès commercial, elle le signe l'année 1990, avec Play Yvette, ses couplets rappés et son clip psychédélique. Un titre qui lui permet tout de même de se retrouver invitée dans l'émission adulée des plus jeunes de l'époque, le Club Dorothée

Au fil des années, la rousse accordéoniste et son instrument quittent le monde du kitsch pour devenir prisés de plus jeunes artistes, comme Boy George, qui l'invite à plusieurs reprises à jouer avec lui. Elle s'ouvre au jazz en jouant aussi avec un autre accordéoniste star, Richard Galliano.

Elle avait également été invitée par Julien Doré à participer à son album "Bichon". Et sur son dernier album en date, "Hors Norme", elle avait réuni des invités aussi divers que Lio, Didier Lockwood, et même... Jean Lassalle. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.