L'association a récolté pas moins de 9.000 témoignages de joueurs mécontents. Les manettes de la console portable, après analyse en laboratoire, se détérioreraient bien trop vite.

Le circuit imprimé s'userait rapidement, et les manettes ne seraient pas assez étanches.
Le circuit imprimé s'userait rapidement, et les manettes ne seraient pas assez étanches. © AFP / JULIAN STRATENSCHULTE

Ce sont deux petites manettes qui font grand bruit. L'UFC Que-Choisir, association de défense des consommateurs, porte plainte ce mardi contre Nintendo pour obsolescence programmée. En cause : les "Joy Con", manettes de la Switch, la dernière console portable du groupe japonais. Des manettes qui se détérioreraient assez rapidement, selon l'association de consommateurs. Rageant, pour une console dont le prix avoisine les 300 euros.

Dans 65% des cas, le problème arrive moins d'un an après l'achat

Ces consoles défectueuses sont loin d'être un épiphénomène. Depuis l'année dernière, l'UFC - Que Choisir a récolté pas moins de 9.000 témoignages de joueurs mécontents, et les résultats sont éloquents, comme l'indique à France Inter Raphaël Bartolomé, directeur juridique de l'association : "Concrètement, dans 65% des cas, ce problème arrive moins d’un an après l’achat des manettes. Et dans 25% des cas, les joueurs auront ce problème dans moins de 6 mois", alerte-t-il. Des pannes et des bugs qui concernent tous les joueurs, intensifs comme occasionnels. 

Les réparateurs que nous avons joints confirment. L'un d'eux parle d'un "gros problème", et dit voir passer dans son magasin une dizaine de manettes à réparer par jour. Un autre nous parle d'un souci récurent, qu'on appelle le "Joy-Con Drift" : des mouvements fantômes inopinés, avec par exemple le personnage qui part à gauche au lieu d'aller à droite.

Usure prématurée des circuits et manque d'étanchéité

Deux causes sont plus que vraisemblablement, dit l'UFC - Que Choisir - qui a fait analyser des manettes en laboratoire - à l'origine de la panne. Premièrement, une usure prématurée des circuits. Deuxièmement, un défaut d'étanchéité. Résultat : beaucoup de débris et de poussière dans le joystick. Et l'UFC - Que Choisir de souligner, non sans humour : "Il serait ironique de constater que le père du célèbre plombier ne parvienne pas à colmater un problème d’étanchéité de ses manettes…"

"Les excuses du PDG de Nintendo, prononcées en juillet dernier, ne trouvent pas de traductions concrètes. La société continue de vendre des manettes qui ont vocation à tomber en panne avant la fin de la première année d’utilisation, en connaissance de cause", dénonce l'ONG dans son communiqué. 

La réparation gratuite possible

"Nintendo, suite à notre communication de l’année dernière, a accepté de modifier sa politique commerciale et de procéder aux réparations gratuites", précise Raphaël Bartolomé. L'UFC - QueChoisir invite en ce sens les consommateurs à contacter le service après-vente de Nintendo pour obtenir la réparation gratuite de leurs manettes. 

Mais pour le directeur juridique de l'UFC - Que Choisir, il faut aller plus loin : "Ce cercle vicieux de défectuosité, de rachat et accessoirement de réparations ponctuelles de Nintendo, il faut l’arrêter, le casser. C’est ça l’infraction à l’obsolescence programmée. C’est arrêter d’être dans un cercle vicieux du rachat d’appareil."