A la veille de la Journée des droits des femmes, le bureau en Afrique du Sud de l’Armée du Salut a lancé une campagne choc pour dénoncer les violences conjugales : elle détourne le buzz insipide de «la couleur de la robe», avec intelligence. On dit bravo.

Campagne de l'Armée du Salut en Afrique du Sud pour dénoncer les violences conjugales.
Campagne de l'Armée du Salut en Afrique du Sud pour dénoncer les violences conjugales. © L'Armée du Salut en Afrique du Sud

C’est ce qu’on appelle un éclair de génie. L’Armée du Salut en Afrique du Sud a eu l’idée de détourner le buzz de la robe « bleue et noire / blanche et dorée » dont les internets nous ont gavé la semaine dernière, pour attirer l’attention du public à une cause très sérieuse : les violences conjugales. Sur la photo : une femme posant tel un mannequin de prêt-à-porter, avec la fameuse robe controversée… Et sur la peau, de nombreuses hématomes, traces éphémères de violences qui restent souvent silencieuses. Le slogan interroge : « Pourquoi est-ce si difficile de voir les bleus ? La seule illusion est de penser que c’était son choix. Une femme sur six est victime d'abus. Arrêtez la violence contre les femmes ». Le message est suivi d’un numéro de téléphone d’urgence, pour toutes les personnes qui en éprouveraient le besoin.

Cette campagne de sensibilisation, réalisée gratuitement par l’agence Ireland Davenport, a été partagée en masse sur les réseaux sociaux. Quelques heures seulement après sa publication, elle a touché plus de 16 millions de personnes sur la toile. La responsable des relations publiques du bureau sud-africain de l’Armée du Salut, Carin Holmes, a ajouté :

La sensibilisation aux problèmes de violences familiales et de la traite des êtres humains est la clé pour nous, et la réaction à cette campagne est écrasante. Plus de 3000 tweets par heure, cela montre l’urgence de la situation. La violence domestique et la traite des êtres humains doit être stoppée.

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Journée d’une femme en Google Glass

Ce n’est pas la première fois qu’un buzz est détourné pour dénoncer la violence faite aux femmes. Souvenez-vous, l’année dernière, exactement à la même époque, alors que bon nombre d’internautes se délectaient de l’actualité autour des Google Glass, une vidéo a été réalisée par la société britannique Banjo Eyes Films. Elle proposait de découvrir la journée dans la vie d’une femme, à travers ses lunettes nouvelle technologie. Réveil au lit, café avec une copine, shopping, footing… Et à chaque étape, on peut voir l’utilité des lunettes interactives : informations sur les prix, messages reçus de ses amies, etc. Et puis, le retour à la maison, où son mari l’attend. Voyez par vous-même la chute de la vidéo. C’est glaçant.

Impossible, aussi, de ne pas penser à cette campagne récente qui a détourné les codes de la photographie de mode, pour sensibiliser à la pauvreté et l'exclusion. L’agence de publicité Saatchi & Saatchi Amstelveen a réalisé quelques clichés : ils ressemblent à s’y méprendre à de vraies publicités issues des magazines de mode - à ceci près que si les modèles sont maigres, ce n’est pas pour répondre à un critère de beauté. Et ce n'est en rien pour vendre un sac, des lunettes de soleil ou de l’après-rasage. Cette campagne a été mise en place pour l’agence de développement néerlandaise Cordaid, agissant principalement dans les zones de conflits et luttant contre la pauvreté et l’exclusion extrême. On peut lire par exemple : « Pinte de bières € 4.50. 50 litres d'eau fraiche € 1.50. »

Campagne pour l'agence de développement Cordaid
Campagne pour l'agence de développement Cordaid © Cordaid
Campagne pour l'agence de développement Cordaid
Campagne pour l'agence de développement Cordaid © Cordaid
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