Nostalgique des années 80, ce jeu est fait pour vous, aussi bien en termes de scénario que d'ambiance ou de jouabilité. On y frôle l'overdose de fluo et de synthé, mais l'expérience parvient à rester assez rafraîchissante pour donner envie de s'y plonger, épisode par épisode. Sortez les Choco BN.

Dans Crossing Souls, tout est garanti 100 % années 80
Dans Crossing Souls, tout est garanti 100 % années 80 © Devolver Digital

Ah, les années 80... Ou, encore mieux, être un enfant dans les années 80... Dès ses premières minutes, Crossing Souls sait capter l'attention des trentenaires et quadragénaires d'aujourd'hui, en leur rappelant ces fins d'après-midi où, après l'école, on se posait devant la télévision avec son goûter pour suivre les aventures colorées et animées de tous nos héros. Pas de doute, les développeurs ont tout misé sur la nostalgie, et il faut bien reconnaître que ça fonctionne.

C'était d'ailleurs le but affiché dès les débuts du jeu en 2014. Financé par les internautes sur la base de visuels fluo et la promesse d'un flash-back vidéoludique total, le jeu a ensuite connu trois longues années de développement. Coup de chance, entretemps les années 80 ont connu un retour en grâce dans la culture populaire, avec notamment la série Stranger Things qui a prouvé que le filon était encore largement exploitable. Ce que Crossing Souls fait avec une application qui force le respect.

Retour vers le retour vers le futur

Sur la forme, d'abord. Entre les cinématiques (volontairement assez mal) animées qu'on croirait sorties d'une vieille cassette vidéo poussiéreuse, les couleurs flashy, le look totalement bath et assez cliché des personnages et la musique envahie de synthétiseurs rétrofuturistes, vous allez rajeunir de 30 ans en quelques secondes.

Sur le fond, maintenant. Crossing Souls est aussi une sorte d'immense compile de tout ce que les années 80 ont offert de répliques cultes, de références culturelles, de clichés et de fantastique bon enfant. Le scénario (un groupe de gamins d'une petite ville américaine découvre une étrange pierre qui leur permet de voir des fantômes) est presque totalement prévisible, mais pour la bonne cause : il coche avec la complicité du joueur toutes les cases des comédies fantastiques de l'époque.

Il y a des fantômes, il y a un complot du gouvernement, il y a un méchant très méchant, il y a des traîtres, il y a le méchant pas si méchant au fond, il y a un début de romance entre deux des héros, il y a des blagues vaseuses et il y a des moments d'émotion. Le cahier des charges est bien rempli (presque trop), et heureusement, il fait plus souvent sourire que lever les yeux au ciel...

Un musée, oui, mais un musée jouable

Au-delà du catalogue de clins d’œil, Crossing Souls a la bonne idée de rendre aussi un hommage moins visible aux jeux vidéo de cette même époque, via son expérience de jeu. Pour la progression principale, il reprend l'héritage des jeux d'aventure et d'action de l'époque de la Super Nintendo (Zelda et surtout Secret of Mana), tout en assaisonnant le tout de courtes séquences de jeu "hommages" à d'autres classiques (Double Dragon notamment). Toutefois, les développeurs ont aussi tiré profit des trois décennies qui ont suivi dans le domaine du jeu vidéo, pour offrir une expérience de jeu sans doute plus simple d'accès que bien des titres de l'époque.

Crossing Souls, c'est comme si on vous proposait de voir des épisodes inédits des dessins animés préférés de votre enfance, tout en vous offrant la possibilité d'y brancher une manette de jeu. Comment refuser ?

CROSSING SOULS - Disponible le 13 février 2018 sur PC, Mac et Playstation 4

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