Les jeunes auteurs comptent de plus en plus souvent sur le financement en ligne pour faire éclore leurs bandes dessinées, car les sommes collectées sont souvent plus importantes que les avances consenties par les éditeurs.

Le festival de bande dessinée d'Angoulême abrite un pavillon Jeunes Talents. C'est parmi eux que les plateformes de financement participatif trouvent les porteurs de projets
Le festival de bande dessinée d'Angoulême abrite un pavillon Jeunes Talents. C'est parmi eux que les plateformes de financement participatif trouvent les porteurs de projets © FIBD / Affiche

Le financement participatif a augmenté de 40% dans le monde en 2017. Cette tendance à la hausse joue à plein dans le domaine culturel, et pour la bande dessinée en particulier, où les jeunes auteurs ont du mal à vivre de leur travail. 

"Sur la BD, on sent depuis deux ans une forte augmentation [de la participation] des auteurs et des lecteurs. Nous avons enregistré 63 % de projets en plus sur la période, explique Jean-Samuel Kriegk, représentant la plateforme KissKiss BankBank au festival d'Angoulême. 

Les internautes investissent facilement 50 euros de participation pour préacheter l'album,  mais aussi, parfois, une ou deux planches originales.

Depuis plusieurs années, KissKiss BankBank noue des liens avec les jeunes auteurs lors du rendez-vous annuel de la bande dessinée. 

Il n’y a pas de concurrence entre l’édition traditionnelle et le financement participatif. Les jeunes auteurs viennent facilement vers nous car il y a plus à gagner à travers cette formule. Les sommes collectées sont plus importantes que les avances consenties par les éditeurs. 

Certains auteurs ou éditeurs confirmés viennent parfois sur certains projets. Ainsi la plateforme peut-elle se vanter d'avoir accompagné l'éclosion de projets signés par Les Requins marteaux, L'Employé du moi et, dernièrement, La Revue dessinée

Le poids du vieux monde

La question la plus épineuse reste celle de la distribution des albums quand ils ont atteint leurs objectifs de financement. Car une fois un album financé et imprimé, encore faut-il qu'il arrive dans des points de vente. Le système est organisé pour des éditeurs et distributeurs, qui travaillent ensemble. Dans le cadre du financement en ligne, le lecteur est en ligne directe avec l'auteur. C'est à ce dernier de savoir comment il distribuera son œuvre. 

Dans la musique, ça n’a pas fait débat, les artistes se sont emparés naturellement [de la distribution]. Dans la BD, ces questions rebutent certains auteurs et artistes.

Pour ceux dont le succès du financement participatif suscite des propositions d’éditeurs, c'est plus simple : ils reviennent naturellement dans le circuit traditionnel.  

Quelles sont les histoires qui marchent le mieux ? Ce n’est pas une question d’histoire ou de types de BD, c’est une question de public. Les auteurs qui ont déjà une bonne communauté en ligne ont plus de chance d’aller au bout de leur campagne de financement que les autres. 

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