Ce samedi soir, Paris accueille la 16e édition de Nuit Blanche, où des artistes contemporains investissent la ville pour des propositions souvent poétiques, parfois folles et toujours étonnantes. Avant de vous lancer dans les "constellations" de l'édition 2018, devinez si ces œuvres ont vraiment existé !

Une installation de la Nuit Blanche 2012, "Suivez mon panache rose" de Jacqueline Dauriac.
Une installation de la Nuit Blanche 2012, "Suivez mon panache rose" de Jacqueline Dauriac. © AFP / Bertrand Guay

Des "constellations" dans Paris, soit quatre parcours au sein de la capitale (Invalides, île Saint-Louis, La Villette, Porte Dorée) pour découvrir près de 80 projets artistiques menés par des plasticiens, designers, musiciens, chorégraphes. Nuit Blanche (et pas "La" nuit blanche, souligne régulièrement la Mairie de Paris) revient ce samedi soir pour sa 16e édition : la manifestation d'art contemporain, qui se veut aussi exigeante que grand public, proposera notamment cette année un "mix" entre patrimoine et création contemporaine, le long d'un parcours d'un kilomètre entre les Invalides et les Champs-Élysées. 

Avant de vous lancer dans le parcours de cette année, êtes-vous préparés à tout ce que Nuit Blanche peut vous réserver ? Pour vous tester, nous vous proposons de tenter de distinguer, parmi ces dix descriptions d'installations, lesquelles ont vraiment existé dans cette manifestation. 

Vraies ou fausses installations ?

Les réponses se trouvent plus loin dans l'article

Installation 1 : Dans un hangar désaffecté, des danseurs mènent une chorégraphie et dansent avec des transpalettes autour d'une limousine taguée.

Installation 2 : Des œuvres de la collection du Centre Pompidou sont distribuées à des volontaires pour qu'ils les emmènent en balade dans Paris pendant la nuit (à condition bien sûr de les ramener en fin de soirée, stipule un contrat à signer).

Installation 3 : Des taupes géantes membres d'un groupe de rock (qui ne s'appelle pas les ZZ Taupes, donc) défilent sur un char fumant dans les rues de Paris. 

Installation 4 : Les spectateurs se lancent dans un labyrinthe dont les murs sont invisibles. Ils sont équipés d'un casque qui leur donne de petits coups sur la tête quand ils rentrent dans un des murs invisibles.

Installation 5 : L'artiste est suspendue au-dessus d'un bain de lave. Elle vous appelle au secours mais vous ne pouvez rien faire pour la sauver. 

Installation 6 : Tout le bâtiment de la Conciergerie, au bord de la Seine, est inversé : le sol au plafond et vice-versa. 

Installation 7 : Un match de football sur un terrain totalement impraticable car truffé de bosses. 

Installation 8 : Un grand bal populaire est organisé dans le jardin du Luxembourg pendant toute la durée de la nuit mais un seul morceau est diffusé en boucle : Les Lacs du Connemara de Michel Sardou. 

Installation 9 : Les visiteurs sont invités à se balader sous une pluie de couleur pourpre. Le titre de l'oeuvre : Purple Rain

Installation 10 : Dix sosies d'Anne Hidalgo, la maire de Paris, se baladent en voiturette de golf sur les voies sur berges piétonnisées. 

Alors, vrai ou faux ? Voici les solutions.

Installation 1 : VRAI. C'était l'an dernier à la halle Hébert, un ancien hangar de la SNCF dans le 19e arrondissement de Paris. Le collectif (La)Horde a investi ce lieu pour une performance géante qui mêlait tournage de film, oeuvre vidéo, et donc, chorégraphie entre humains et machines. Aussi étrange que le pitch de cette installation puisse paraître, une atmosphère aussi inquiétante que poétique se dégageait de cette intervention. 

Installation 2 : FAUX. Faire circuler des œuvres majeures de l'histoire de l'art moderne et contemporain sans sécurité ? Vous n'y pensez pas ! Si l'idée est alléchante sur le papier, elle serait irréalisable sur le plan technique, en raison des contraintes qui encadrent la conservation et la protection des œuvres d'art. 

Installation 3 : VRAI. Ces taupes géantes sont sorties de l'imagination du metteur en scène Philippe Quesne. Elles sont les personnages principaux de plusieurs de ses spectacles. Plutôt sympathiques, elles ont donc défilé sur un char nommé Welcome to Caveland lors de Nuit Blanche en 2016, accompagnées d'autres artistes. 

Installation 4 : FAUX. Cette installation n'a jamais été montrée lors de Nuit Blanche. Mais... elle existe en vrai ! Il s'agit d'une oeuvre de l'artiste danois Jeppe Hein, spécialiste des installations minimalistes et interactives. Son Invisible Labyrinth a été conçu pour l'une des galeries du Centre Pompidou en 2005. Et l'expérience était aussi étonnante qu'amusante à mener ! 

Installation 5 : FAUX. Mais là encore, cette idée ne sort pas de notre imagination : il s'agit d'une oeuvre vidéo de l'artiste Pipilotti Rist, intitulée Selfless in the bath of lava et exposée à New-York. Sur cette minuscule vidéo implantée dans le sol, on peut voir l'artiste appeler au secours au-dessus d'un bain de lave qui fait office de purgatoire. Et évidemment, comme il s'agit d'une vidéo, vous n'y pouvez rien. 

Installation 6 : VRAI. Nommée Cote 15,28 : l'amour déborde, cette installation de Pierre Delavie prenait la forme d'une bâche géante installée sur la façade de la Conciergerie en 2016, et qui faisait office de trompe-l’œil. A la nuit tombée, on avait l'impression que les piliers renversés de ce bâtiment historique avaient directement les pieds dans l'eau. 

Installation 7 : VRAI. Cette installation de l'artiste Priscilla Monge était une des installations de Nuit Blanche en 2009, installée devant la Rotonde de Ledoux. Et bien qu'il ne soit pas facile de jouer au ballon rond sur ce terrain estropié, des matchs y ont bien eu lieu toute la nuit. 

Installation 8 : FAUX. On adorerait que ça existe et que l'on puisse danser sur l'air entraînant des Lacs du Connemara toute la nuit, mais malheureusement, aucun artiste n'y a encore pensé. 

En revanche, en 2011, le lycée Edgar-Quinet dans le 9e arrondissement accueillait un bal... silencieux. Imaginé par l'artiste Mélanie Manchot, il permettait de prendre des cours de danse, dans le silence complet, chaque convive étant équipé d'un casque audio. 

Installation 9 : VRAI. C'était l'une des œuvres les plus marquantes de l'édition 2011, qui a suscité plusieurs heures de file d'attente. Au son de la célèbre chanson de Prince, les visiteurs pouvaient se balader dans la cour de l'hôtel d'Albret sous un parapluie et une pluie battante... violette. 

Installation 10 : FAUX. Evidemment. Faut pas pousser.

Et sinon, quelles sont les (vraies) installations de Nuit Blanche cette année ?

Maintenant que vous êtes paré.es pour distinguer les vraies installations de nos élucubrations, voici quelques idées pour occuper votre Nuit Blanche parmi les quelque 80 propositions mises en place demain à Paris :

Un soleil souterrain aux Invalides : l'artiste Félicie d'Estienne d'Orves et le musicien Franck Vigroux occupent les sous-sols de l'esplanade des Invalides avec une installation lumineuse et musicale qui matérialise, à une petite échelle, la distance qui nous sépare du soleil. Parfait pour commencer un parcours en forme de constellations. 

Ballet aquatique à la Villette : Dans la Folie Numérique de la Villette, une vidéo de Jessica Servières intitulée Les Eaux de Là prend la forme d'un ballet entièrement tourné sous l'eau. L'oeuvre est centrée sur les émotions que l'on peut ressentir quand l'on est dans l'eau. 

Une Nuit de la Magie au Théâtre du Rond Point : Ouvert au public jusqu'à 1h30, le théâtre de Jean-Michel Ribes accueille Raphael Navarro pour une nuit consacrée à la "magie nouvelle", qui joue avec la perception des spectateurs. Tours de magie, mentalisme, jonglage, et même chant qui troublent la perception au programme de cette étrange soirée. 

Le Zoo de Vincennes en nocturne : Pour la première fois, Nuit Blanche investit le Parc Zoologique de Paris et son célèbre grand rocher, dans lequel il sera possible de pénétrer pour une balade sonore orchestrée par Philippe Quesne (le créateur des taupes géantes, souvenez-vous). 

L'Île Saint-Louis devient une sculpture : les artistes Edgar Sarin et Mateo Revillo réactivent leur action intitulée Un Titanic, Reprise, avec un objectif : 300 femmes et hommes aux métiers très différents créent un ensemble d'objets qui vont être acheminés vers l'école primaire qui se situe sur l'Île. 

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