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blogcs independance descendance © christine siméone

Daniel Pommereulle est exposé dans deux galeries à Paris. Violence et ironie d'un Objecteur. Après la rencontre avec Alain Jouffroy, ces expositions tombent à pic. Artiste révélé dans les années 60, Daniel Pommereulle a abandonné la peinture pour réaliser des assemblages d'objets dès 1962, ou participer à des happenings. Il a été également poète, dessinateur, ou bien encore cinéaste(Vite, One More Time) et acteur (La collectionneuse d’Eric Rohmer), et il est connu pour ses sculptures faites d’objets coupants ou tranchants.

Daniel Pommereulle, Monuments vivants, 1976
Daniel Pommereulle, Monuments vivants, 1976 © Courtesy Galerie Christophe Gaillard
[Proche d’Alain Jouffroy, il fait partie de l’exposition Les Objecteurs](http://www.franceinter.fr/blog-le-blog-de-christine-simeone-alain-jouffroy-arman-le-rapport)(1965). Raison pour laquelle il a sa place ici sur blog. Regarder Pommereulle c'est voir la puissance de son langage d'une part et envisager à quelques encablures à peine autour du Nouveau Réalisme, une autre façon de faire oeuvre avec les objets. **Si l'on faisait l'inventaire des descendants et cousins plus ou moins éloignés d'Arman, il faudrait rajouter Daniel Pommereulle sur la même branche que lui, à l'origine de ce peuple d'artistes qui oeuvrent parmi les objets pour inventer un autre monde.** Les assemblages de Pommereulle préfigurent un art pauvre, comme l’Arte Povera. Ses propositions artistiques sont volontairement provocantes, comme son exposition d’Objets de tentation en 1967, comprenant au milieu de la vaisselle de vraies tentations vers des paradis artificiels (consommées par les invités au vernissage), ou comme son ensemble d’ appareils de tortures baptisés Urgences.
Daniel Pommereulle, Brûlures du ciel, 1978
Daniel Pommereulle, Brûlures du ciel, 1978 © Courtesy Galerie Christophe Gaillard
**Fin des années 70, ses brûlures du ciel rappellent Yves Klein et ses toiles attaquées au lance-flammes mais Pommereulle semble plus intéressé par l’idée de traverser la toile, par l’écorchure et la blessure.** Ses brûlures me font aussi penser aux ecchymoses et plaies collectionnées au fil de ses nuits agitées dans Paris. (Voir Aussi Anne Tronche, Chronique d’une scène parisienne, l’art des années 1960, éditions Hazan) Pommereulle dans la dernière partie de sa vie a travaillé le verre et l’acier, le marbre ou l’ardoise. Il est mort en 2003.
Daniel  Pommereulle, Objet de Prémonition, 1974
Daniel Pommereulle, Objet de Prémonition, 1974 © Courtesy Galerie Christophe Gaillard
En regardant l’œuvre de Pommereulle, on comprend mieux le sens du mot « Objecteur » choisi par Alain Jouffroy, qui n’a rien à voir avec Nouveau Réaliste. Il y a plus de violence chez les Objecteurs, même si Arman et Spoerri se sont retrouvés représentés dans les deux groupes.
Daniel Pommereulle,  Objets  de Prémonition, 1974-75
Daniel Pommereulle, Objets de Prémonition, 1974-75 © Courtesy galerie Christophe Gaillard
Sur la question des objets et de leur utilisation, il est sûr que **Pommereulle a eu plus d’audace** . Ses lames tournées vers celui qui regardent mettent l’observateur en danger, disent qu’il conçoit l’art comme insaisissable et dangereux pour qui viendrait chercher chez l’artiste quelque amabilité décorative ou sensation rétiniene. Pommereulle croiserait sûrement le fer avec Richter, grand maître _es_ pigments. Et il ne lui est pas venu à l'idée d'aligner des centaines d'hameçons ou de lames comme Arman uniquement pour en voir l'effet visuel.**Il préférait que cela fasse mal** . De surcroît il a refusé tout systèmatisme dans sa production, sans complaisance pour le marché de l'art. **Pommereulle fut donc l’Objecteur par excellence dans l’esprit d’Alain Jouffroy qui rassembla plusieurs artistes sous ce nom et dans trois galeries en même temps en 1965** . Ceci étant, sur le thème **"qu’est ce qu’un artiste peut faire d’un siège** ", je dirais qu’Arman fut plus brutal. En 64 et 65 il brûle prie dieu et fauteuil Louis-quelque-chose pour les conserver en état de décomposition, juste avant qu’ils ne soient réduits en cendres. En 66 Pommereulle utilise une chaise de bistrot pour faire "De la chaise occidentale considérée comme un monument tibétain". C 'est le chanvre sous la chaise qui donne cette couleur orangée, référence au boudhisme. Une pointe d'ironie autour du cannabis dans cet appel à la méditation, et face au vide sur lequel repose la chaise.
De la chaise occidentale considérée comme un monument tibétain
De la chaise occidentale considérée comme un monument tibétain © Musée de l'Objet - Collection Eric Fabre
Arman, Fauteuil d'Ulysse,1965
Arman, Fauteuil d'Ulysse,1965 © arman-studio
Au sujet de Daniel Pommereulle [Galerie Christophe Gaillard> ](http://galeriegaillard.com/fr/expositions/presentation/59/) 12, rue de Thorigny 75003 Paris [Galerie di Meo> ](http://www.dimeo.fr/content/pommereulle) 9, rue des beaux-arts 75006 paris [](mailto:contact@dimeo.fr "Envoyer un email à Dimeo")[Article sur une exposition au Musée de l'Objet en 2006> ](https://clarc.regioncentre.fr/index.php/article/861)
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blogcs signature C Simeone © Radio France / C Siméone
_Pour ce blog, Textes © Christine Siméone_ _Photos © Christine Siméone sauf indication_ **Ce blog se nourrit sur la toile** Pour les [collections d’art présentes en France ](http://www.photo.rmn.fr/) Pour les [collections](http://www.moma.org/explore/) aux Etats-Unis Au sujet d’Arman, le [site historique](http://www.arman-studio.com/)
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