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blogcs itw automatique... ou pas © Radio France / C Siméone

Marion Chanson est auteur et photographe, et j'ai déjà publié ici ses impressions de visite dansl'atelier de Roman Opalka. Elle a rencontré Arman à New York un an avant sa mort en 2005. Voici l'interview de Marion Chanson au sujet de cette visite.

Vous avez visité de nombreux ateliers d'artistes. Quelles différences entre les ateliers de Buren ou Arman à New York par exemple ?

Marion Chanson: La différence majeure entre ces deux artistes et la présence ou non de l'atelier dans leur démarche. Daniel Buren n'a pas d'atelier, il crée in situ pour l'espace d'un musée, d'une galerie ou pour l'extérieur. Arman, quant à lui, avait plusieurs ateliers à New York et à Vence.

Qu’avez-vous échangé avec Arman? Comment décririez-vous son atelier?

Marion Chanson: J'ai réalisé un entretien avec Arman en 2004. À l'époque je ne travaillais pas encore sur le thème de l'atelier d'artiste. Lors de notre rencontre je l'ai interrogé sur sa démarche artistique.

L'atelier de sculpture d'Arman
L'atelier de sculpture d'Arman © Marion Chanson / christine siméone

À New York, un de ses ateliers était dédié à la peinture et l'autre à la sculpture. Dans l'atelier de sculpture de Canal Street était amassé une multitude d'objets récupérés : des instruments de musique, des jouets, du matériel électronique, des panneqaux de bois, etc. Il avait aussi un impressionnant équipement de perceuses et de découpeuses. Les activités de peinture et de sculpture ne pouvaient pas cohabiter dans le même espace, la sculpture étant une pratique trop salissante. Des assistants aidaient Arman à la fabrication des sculptures alors qu'il travaillait seul à la peinture. Il y travaillait d'ailleurs la nuit. C'était une habitude qu'il avait gardé de l'époque où il était jeune marié et père. Pour rapporter plus de revenus à la famille il devait travailler le jour. Ses nuits étaient, quant à elles, consacrées à son art. Au moment où je lui ai rendu visite il travaillait sur une série de peintures, ce qui lui demandait cinq nuits de travail par semaine.

Compareriez- vous l’atelier d’Arman à une petite usine, une fabrique en tout cas, une ruche… bref peut-on faire un parallèle avec une production ouvrière ?

Marion Chanson: On peut en effet parler d'une fabrique, il y avait en tout cas l'équipement pour. Je ne peux pas décrire l'ambiance car lors de ma visite les assistants étaient absents.

Comment les objets y sont-ils rangés (les pots de couleurs, les outils de coupe, les objets qui feront peut-être un jour l’objet d’une œuvre) ?

L'atelier de peinture d'Arman
L'atelier de peinture d'Arman © Marion Chanson / christine siméone

Marion Chanson: Son atelier de peinture était propre et organisé. Près de la table sur laquelle Arman travaillait, il y avait une quantité importante de tubes de peintures répartis dans des boîtes en cartons. Tout était organisé pour qu'Arman puisse travailler sans peine. Lors de mon passage il travaillait à deux découpes de violon sur toile. Les éléments des violons avaient été démontés et placés sur la toile. Ils étaient sur le point d'être fixés sur la toile. L'étape suivante était l'ajout de la couleur. Contrairement à l'atelier de peinture, le désordre s'était installé dans l'atelier de sculpture. Les objets étaient entassés ça et là sans ordre ni logique apparente, des sculptures étaient stockées dans les coins de l'atelier sans être protégées de la poussière environnante. Mais quel beau spectacle que de pouvoir observer de près des accumulations de caddies, d'arrosoirs, de passoires, de louches ainsi qu'une composition de soixante quatre niches en métal contenant de petites répliques en métal de la Victoire de Samothrace !

Dans l'atelier d'Arman à New York
Dans l'atelier d'Arman à New York © Marion Chanson / Christine Siméone

Je rappelle que les editions Thalia n'existant plus, Marion, qui y était responsable d’une collection consacrée aux visites d’ateliers d’artistes cherche toujours à faire éditer son travail sur Opalka, Shonibaré et Arman.

Dans le film publié par la fondation A.R.M.A.N, on peut voir "La chute des courses", jumelle de Consumer Cascade, installée au Baux de Provence, le 19 mars 2012>

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