C'est la saison des "webfest" : il existe 35 festivals consacrés aux web-séries dans le monde. Ce week-end c’est à Berlin. Petit guide vers quelques bons choix.

Capture d'écran de Euh (saison 2)
Capture d'écran de Euh (saison 2)

Ce qu'il y a de bien avec les web-séries, c'est qu'on n'est jamais vraiment en retard pour les découvrir, et qu'on ne peut pas être vraiment déçu. Quand c'est le cas, on zappe très vite sur autre chose. Les budgets étant dix fois moindre que sur des séries télé, les dégâts économiques sont également moins graves.

Dans la sélection officielle du Webfestival de Berlin, l'un des rendez-vous les plus importants, on retrouve des œuvres qui ont beaucoup marqué ces derniers temps, et font partie des séries les plus primées.

Par exemple Beard Club, la série française de Pablo Pinasco et Sébastien Nadaud.

Ma coqueluche des dernières semaines, et également dans la sélection du festival de Berlin, c'est L'Écrivain public, série canadienne, qui a fortement ému. Un écrivain public se frotte au quotidien des pauvres de Montréal, et on entre ainsi dans leur désarroi, avec humour et tendresse. Ces jours-ci, c'est le livre qui sort en librairie, aux éditions Lemeac, mais on attend aussi une suite.

Lors du Webfestival de Berlin, Joël Bassaget, spécialiste du genre, donnera son avis sur les tendances du moment.

"Il est clair que l'on arrive aujourd’hui à avoir des web-séries de très grande qualité. Nous ne sommes plus dans l'ère du bricolage. Par ailleurs, les auteurs osent s'attaquer aux drames, à des sujets plus complexes et plus intimes. En revanche, je note que les enfants, c’est la dernière des préoccupations des jeunes auteurs qui se lancent pour montrer ce qu’ils savent faire. Avec des séries qui coûtent 10 à 15 fois moins cher que les séries télé c'est une vraie aubaine pour ceux qui veulent montrer leur talent."

Joël Bassaget conseille de regarder la série française sur fond de conflit social, Les Insurgés de Marax, l'histoire du tueur en série Arthur qui veut changer de vie (production suisse), ou le détournement de fiction moyen-âgeuse The wizard of Aus (production australienne). Il tient le palmarès des séries dans le Web Series World Wild Cup, [ici.](http://La webseriewordcup, donne le top 50 des séries primées dans les différents festivals. https://www.facebook.com/WebSeriesWorldCup/photos/pcb.1178468148880893/1178467658880942/?type=3&theater)

Les secrets d'une bonne web-série

Les États-Unis et la France sont les plus gros producteurs. En France, chance inouïe, toutes les chaînes de télé s’y intéressent, ce qui aident beaucoup les auteurs à développer leurs projets. Les institutions sont encore un peu timides sur les financements.

Netflix a imposé la mode "tout disponible tout de suite", ce qui implique qu'en général une web-série est livrée complètement un même jour sur le web, contrairement aux séries des télés traditionnelles. Le phénomène des web-séries a une dizaine d’années. Dans ce secteur, il n’y a pas de rentrée, les sorties sont permanentes.

Une web-série respecte un mode de narration sur moins de douze minutes ; pour faire une bonne web-série il faut donc savoir maîtriser des formats courts, explorer des genres que la télévision à délaisser, comme le fantastique, les dramatiques, la science-fiction.

Une web-série c’est 10 à 20 fois moins cher qu’une série télé. Il y a de moins en moins de séries bricolées avec des bouts de ficelles.

Pour les auteurs, l'aventure est parfois partie sur le ton de l'amusement avant de devenir extrêmement sérieuse. C'est le cas de Noob, _web-série française, avec plus de 65 millions de visionnages sur internet, récompensée à Hollywood, lors des Streamy Awards il y a deux ans. Noob en est à la 7e saisons, 4 romans, onze bandes dessinées, 23 compositeurs pour huit albums en téléchargement légal, et suite à un crowdfunding deux films et un troisième attendu pour février 2017. Au fur et à mesure, on voit l'équipe de Noob_ se former et se professionnaliser.

La web-série peut être un complément, une variante de la série télé. Ce sera le cas bientôt entre France 4 et Studio 4, la série Dead Landes à la télé, histoire de l’apocalypse vécue dans un camping. Elle sera accompagnée de Dead Floor sur le site de Studio 4 pour raconter la même apocalypse vécue par les campeurs qui étaient en discothèque au moment clé. Dead Landes est une proposition de François Descraques, auteur d'une série devenue culte pour les amateurs de web, _Le Visiteur du futur._

Pour les réalisateurs traditionnels, se mettre à la web-série est une révolution. Mais un jour, même les pionniers du genre, comme François Descraques, auteur du Visiteur du futur, seront vieux non ?

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