La mythique série Twin Peaks est de retour sur les écrans ce dimanche, 26 ans après la saison 2, pour le plus grand bonheur - et la plus grande crainte - des fans.

La série Twin Peaks s'est concentrée sur le meurtre de Laura Palmer pendant les deux premières saisons.
La série Twin Peaks s'est concentrée sur le meurtre de Laura Palmer pendant les deux premières saisons. © Capture d'écran Youtube

Entre l’attente et la peur d’être déçu, il n’est pas facile de résumer les sentiments qui animent les adeptes de la série Twin Peaks, alors que la saison 3 débute ce dimanche, 27 ans après avoir transformé la télévision.

Ce retour d'une saga ou d'une série, des années plus tard, est vu comme un coup marketing et il sera tentant, pour les fans de la première heure, de pointer les faiblesses du scénario, le réchauffé. Star Wars en est un exemple parlant, son rachat par Disney et les films sortis depuis sont largement critiqués par les afficionados. Dans le genre "faire du neuf avec du vieux", seul le Parrain 3 de Coppola, sorti 19 ans après le premier opus de la trilogie, a su éviter les pièges du genre. Quoi qu'il en soit, Twin Peaks échappe à toutes les règles.

Les 25 ans qui ont passé, ce sont les nôtres

L'univers que David Lynch avait su créer en 1990, et qui avait happé toute une génération d’adolescents attardés et de jeunes adultes, relevait de l’intime. Et avant de replonger dans ce qui constitue une réelle expérience humaine, il faut - c'est un besoin presque vital - revoir les deux premières saisons, retrouver intactes les sensations éprouvées un quart de siècle - et oui, déjà ! - plus tôt. Voilà pourquoi c’est intimidant.

1992, c’était avant-hier et les 25 ans qui ont passé, ce sont les nôtres. Quand Laura Palmer nous donnait rendez-vous au 21ème siècle, on souriait sans trop y croire . Et voilà que Lynch a tenu sa promesse : c’est déjà là.

Personne ne doute de la capacité de Lynch à nous transporter dans le Twin Peaks de 2017

Le contrat de confiance avec le réalisateur est tel que personne ne doute de sa capacité à nous transporter dans le Twin Peaks de 2017, de retrouver tous les protagonistes qui animent ce village perdu. Le plaisir demeure intact à l’idee de les retrouver, même si l’agent Cooper est botoxé, même si d’autres encore ont eu recours au bistouri depuis, même si Duchovny, entre temps, a immortalisé Mulder dans X Files et Hank Moody dans Californication, même si Albert tourne ici ses derniers plans. Le comédien qui l’incarnait, Miguel Ferrer, est mort l’hiver dernier.

La mort et les questions existentielles, avoir vieilli avec et loin deux, les retrouver comme des amis de jeunesse perdus de vue ; c’est ce lien intimidant qui va réunir le réalisateur, ses comédiens et sa petite communauté avec nous tous, les fans, dans cette saison 3.

Nous étions jeunes, comme la majeure partie des amis de Laura Palmer dans les trente premiers episodes, animés d’une forme d’insouciance. A l’aube de cette saison 3, nous n’avons plus vingt ans et notre maturité a modifié notre rapport au temps qui passe.

Nous ne savons rien de l’énigme qui va être planté, - David Lynch et la chaîne Showtime, qui produit la saison 3, ont demandé aux journalistes de ne rien ébruiter de la projection en avant-première des premiers épisodes, vendredi soir -, mais ce n’est pas bien grave. Là n’est pas l’essentiel.

Tout comme Leland Palmer scrute son double dans le miroir, c’est notre visage happé par les interstices obscures de Twin Peaks qui se reflètera dans les recoins de l’écran télé. A l’heure du 3D et de la réalité virtuelle, Twin Peaks n’est rien d’autre que l’expérience d’une fusion.

Le retour de Twin Peaks, ce sont 18 épisodes qui vont d'abord être diffusés sur Showtime, aux États-Unis, dont les deux premiers ce dimanche soir. Ils seront également projetés jeudi au Festival de Cannes, où Lynch a décroché la palme d'or en 1990 pour Sailor & Lula et le prix de la mise en scène onze ans plus tard avec Mulholland Drive.

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