Retrouvez les meilleurs moments de "Boomerang" : Augustin Trapenard recevait Mati Diop pour son film "Atlantique" ; Riss, le directeur de la publication de Charlie Hebdo ; le grand architecte Frank Gehry et l'actrice Chiara Mastroianni à l'affiche de "Chambre 212" et Christian Bobin pour son dernier livre "Pierre".

"Dans vos yeux, c'est la vie la plus belle qui s'engouffre" (Christian Bobin)
"Dans vos yeux, c'est la vie la plus belle qui s'engouffre" (Christian Bobin) © Getty / victorjori

Joséphine Dumoulin a préparé le best-of de Boomerang de cette semaine, à partir des entretiens d'Augustin Trapenard :

10 min

Le Best-of de Boomerang du 4 octobre 2019

Par Joséphine Dumoulin

Mati Diop

Elle est la révélation du 72e Festival de Cannes pour sa grâce cinématographique tout aussi bien hypnotique, poétique que politique avec Atlantique, récompensé par le Grand Prix. Elle nous transporte dans la banlieue populaire de Dakar au Sénégal. Mati Diop, était au micro d'Augustin Trapenard

Je crois que souvent le cinéma n'est pas suffisamment pris au sérieux dans sa capacité incroyable à reconstruire, c'est un outil qui permet vraiment de donner des visages à un certain type de personnes plutôt perçues comme une masse informe, abstraite, mal traitée médiatiquement. 

Pendant 10 ans, j'ai vécu une sorte de black out où quelque part, sans m'en rendre compte, ma culture occidentale et blanche a pris complément le dessus sur tout ce qu'il y avait d'africain en moi. J'ai décidé un jour de regarder ce black out en face. 

Pour moi, l'image commence vraiment lorsque les mots s'arrêtent. J'ai filmé avant d'écrire des histoires 

La disparition est avant tout pour ceux qui restent, les fantômes prennent naissance en nous au sein même de notre imaginaire ; on les fait revenir par amour, par obsession par folie.  

Mon film est vraiment à l'image de toutes les cultures, les influences, les classes sociales qui m'ont traversée. Cette espèce de mosaïque, de transculturalité qui est la nature même de mon métissage est retranscrite dans le film par cette multitude d'influences, c'est ce que je filme et ce que je suis profondément. 

Quand je suis à Dakar, dans les rues, je regarde le choses circuler autour de moi, j'ai l'impression de voir l'art, la création, le moderne émerger en permanence devant mes yeux, c'est une circulation de lumières incroyables.  

Riss

Sa vie a basculé ce 7 janvier 2015. Le dessinateur et caricaturiste de Charlie Hebdo, a miraculeusement échappé à la terreur. Il sort son dernier livre "Une minute quarante-neuf secondes" dans lequel il revient sur l’événement et les enjeux que cela a pu susciter. 

Réécoutez l'émission ici

"Je sais que je ne pourrai pas dessiner quoi que ce soit sur ce qui s'est passé, il ne reste plus que l'écriture mais même avec l'écriture... Il y a quelque chose qu'on n'arrivera pas à atteindre. 

Vous, vous êtes vivants et vous êtes en face de gens qui ne le sont plus, vous êtes presque encore gênés d'être vivant vis-à-vis d'eux, c'est structurant, pour moi ils sont toujours un peu vivant, le souvenir des 25 ans que j'ai passé avec eux est plus considérable que le moment furtif de leur disparition". 

Frank Gehry

Il s'est imposé comme l'une des grandes figures de l'architecture via notamment ses réalisations les plus emblématiques comme le musée Guggenheim à Bilbao, ou encore la Fondation Louis Vuitton à Paris. Frank Gehry était l'invité de Boomerang

"Je demande toujours à mes étudiants d’apposer leur signature lors de mes premiers cours : il faut qu'ils acceptent qui ils sont visuellement et cette recherche-là il faut lui donner la permission, ça fait partie du jeu". 

Chiara Mastroianni 

L'actrice est à l'affiche du nouveau film de Christophe Honoré, Chambre 212, qui sort le 9 octobre dans lequel elle incarne Maria une femme qui, après 20 ans de mariage, quitte le domicile conjugal pour aspirer à la liberté non sans savoir qu'elle se trouve rattrapée par les fantômes de son passé. Réécoutez l'émission

"Je crois beaucoup aux fantômes nécessaires, je ferais bien revenir mon père, faire le point sur les quelques décennies qui se sont écoulées, ça m'amuserait beaucoup". 

Je ne cherche pas du tout à faire des films de miroir de ma propre vie, je ne cherche pas un prolongement de ce que je suis. 

Christian Bobin

L'écrivain et poète vient de faire paraître son dernier livre chez Gallimard "Pierre" qu'il consacre au célèbre peintre connu pour son usage de la couleur noire, Pierre Soulages. Christian Bobin s'est confié auprès d'Augustin Trapenard.

"Plus il y a d'images moins on voit, les images qui nous reviennent en force c'est nous-mêmes qu'ils les avons conçues pendant notre sommeil de ce que nous appelons la vie et qui n'en est pas une en réalité, je crois que ces images nous rendent aveugles.

Il faut apprendre à s'éloigner un tout petit peu de soi, quitter les mauvais singes des soucis qui sautent sur vos épaules tout le temps, et tout d'un coup vous n'êtes plus là vous êtes un pur regard. 

Dans vos yeux, c'est la vie la plus belle qui s’engouffre

Cette finesse du jeu, cette démence très calme de Jean-Sébastien Bach, je crois qu'elle nous ramène ceux qu'on a aimés, notre propre corps qu'on avait oublié on ne sait pas trop où, elle ramène tout ce qui est essentiel sans nous juger, c'est un paradis cette musique". 

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