Qu'est-ce-que la danse post internet ? Un style, un mouvement, un concept ? Les réponses sont apportées par le collectif (La) Horde, à l'origine de cette dénomination.

Athur Harel, Johnatan de Brower et Marine Brutti en résidence à la Gaieté Lyrique à Paris
Athur Harel, Johnatan de Brower et Marine Brutti en résidence à la Gaieté Lyrique à Paris © Radio France / CS

(La) Horde est un  collectif de trois artistes danseurs qui a choisi de développer ce qu'il appelle la danse post internet.

Son spectacle To Da Bone est montré un peu partout en Europe,  en ce moment à la Maison des arts de Créteil. Il est emblématique de cette idée de danse post internet. 

Pourquoi parle-t-on de danse post internet ? 

On pourrait dire que c'est la danse postée sur internet mais cela implique surtout une série d'aller-retour du corps à l'écran. Ce ne sont pas simplement des posts de chorégraphies sur les réseaux sociaux. Le terme a été emprunté à l’art contemporain, au sujet des artistes en réseau, et pour lesquels cela a donné une certaine esthétique. 

Pour Marine Brutti, l'une des trois artistes, "Avec la danse, ça n’a pas de rapport avec l’esthétique produite, mais ça a rapport avec le processus, le va-e t-vient offline et online. C’est drôle de jouer avec le mot post,  et qui fait écho au geste de poster des vidéo. "

Comment le net peut ressusciter une danse ? 

Contrairement au dab,qui est un geste viral et dont personne ne sait ce que ça veut dire, le jumpestyle est une stylistique de danse. Elle est née en club, il y a plus de 15 ans en Belgique et Hollande , puis elle a resurgi dix ans plus tard avec le net, et la vidéo. Maintenant elle est partagée dans le monde entier. Avec le jumpstyle c’est une communauté qui s’est créé sur internet. C’est un cas pratique de la danse post internet.

Pour ceux qui connaissent le concept de 4e mur,  celui qui a disparu de la scène pour que les spectateurs voient ce qui se passe dans l'espace scénique, les danseurs de (La) Horde font t le rapport entre ce 4e mur de la scène et l’écran de l’ordinateur ou du smartphone.  Ça a rapport avec la manière de se représenter.

Dans le cas du jumpstyle, ce sont des utilisateurs internautes qui ont vu des vidéos et ont essayé de copier. 

Jonathan Debrower, membre du collectif (La) Horde :  " Le jumpstyle est arrivé chez des gens isolés, souvent dans des villages, qui n’ont que les vidéos pour apprendre. Avec les webcam les jeunes se filment pour progresser. Ce sont vraiment des vidéos d’apprentissage. Ils pratiquaient dans leur chambre, puis dans  leur salon,  puis dans  l’espace public, au fur et à mesure de leur progrès. Le coté autodidacte nous a vraiment intéresser. On voulait collaborer avec des amateurs pour faire une pièce".

Cette pièce s'appelle donc To Da Bone, et elle tourne sur scène un  peu partout depuis un an environ. 

Pourquoi faire des vidéos influence la danse

Les différentes techniques d’enregistrement vidéo influencent les styles chorégraphiques. Ainsi le jumpstyle se danse souvent de profil car c’est comme ça que les amateurs se sont filmés et ont appris à refaire les pas et les sauts du jumpstyle. 

Par ailleurs, tout cadrage d’une chorégraphie doit tenir sur l’image du format instagram par exemple. On ne chorégraphierait pas de la même façon des mouvements dont on sait qu'ils seront filmés par un drone. 

La danse post internet  est en fait une danse faite pour le mobile et l'internet, c'est la danse dans l'internet. 

Le corps n’a jamais été autant présent et représenté depuis le développement du net. Corps écran ?  Corps éponge en tout cas.  Comme ceux des jumpers qui s'imprègnent une temporalité et ce qui l’entoure. 

Un site de référence pour toutes les danses 

Au delà- de cette mise en lumière, et en scène,  d'une danse, à la fois underground et populaire, le collectif travaille désormais à la construction d'un site de référence pour toutes ces chorégraphies de la rue existantes partout dans le monde. 

Arthur Harel :  Cela s'appellera Dansepostinternet.net on travaille à  la gaieté pour répondre à toutes les questions qui se posent, éthiques, esthétiques juridiques. On cherche un outil de référence des gestes notamment de culture minoritaire, souvent pillés par le mainstream, et de venir avec des mots-clés, pour préciser l’origine des choses et les référencer. On veut créer une espace pour des praticiens et des artistes. 

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