Après le film "Dark Crystal" il y a 37 ans, l'aventure des Gelflings et des Skekses revient sur les écrans avec un prequel sur Netflix sous-titré "l'âge de la résistance", réalisé par le réalisateur français Louis Leterrier ("Le transporteur", "L'incroyable Hulk"). Qu'ont pensé nos critiques de cette série télévisée ?

Image de la série
Image de la série © Kevin Baker / Netflix

L'un des événements de cette rentrée ! 

Xavier Leherpeur : "Rappelons-nous : 1982, Jim Henson est le papa du Muppet Show et de Sesame Street. Il écrit, réalise, met en scène, scénarise et double l'intégralité des voix avec David Odell du film The Dark Crystal, un film d’heroïc-fantaisy entièrement réalisé avec des marionnettes et terriblement sombre, ce qui explique le désaveu du public à l'époque, car terriblement anxiogène. Le film, certes, est visionnaire mais il ne remplit pas les caisses, ce qui à Hollywood est un crime de lèse-majesté... 

37 ans plus tard, Netflix décide de relancer la franchise avec 10 épisodes se déroulant avant les événements qui avaient lieu dans le film. C'est hégémonique avec des grands méchants contre des vrais gentils. Rassemblant comme casting Simon Pegg, Mark Hamill et Nathalie Dorer de Game of thrones".

Marie Sauvion a aimé

Marie Sauvion : "Il y a ces 7 minutes un peu problématiques dans le premier épisode, donc je dis aux gens "obstinez-vous !" car quand on vous dit : "vous êtes dans le monde de Thra... il y a trois soleils... un cristal... des Gelflings... des Skeksès... et des Podlings"... Je me suis dit : "saleté de Xavier Leherpeur qui me fait regarder des trucs comme ça quelle horreur, je déteste ça !" Et finalement, je me suis laissée complètement avoir

Passée la laideur des premiers instants avec beaucoup d'effets spéciaux numériques (planètes, paysages...) qui fait que ce n'est pas très beau, dès que l'on entre dans le dur des marionnettes, on part dans une aventure extraordinaire, avec une multiplicité de décors, d'univers, de créatures velues, rampantes, morveuses, à pustules, à pattes, à ailes... 

Il faut un peu de temps pour y voir clair dans cet univers. On comprend vite qu'il y a des petits elfes assez mignons un peu "cul-cul la praloche" mais sympas et puis des vrais bons méchants, "les Skeksès", des espèces de vautours affublés de boutons, à l'état de squelettes un peu comme des Shadoks maléfiques à la fois extrêmement drôles dans leurs obsessions pour le pouvoir, pour le vampirisme et en même temps extrêmement retors, prêts à se faire les coups les plus tordus. Il y a un côté très familial de la série, et l'enfant en moi s'est laissé prendre au jeu.

Sans oublier les grands personnages féminins de la série. Il y a pléthore de reines, toutes différentes : il y a une espèce de sorcière extrêmement drôle qui ressemble à un grand crapaud mais qui est en fait un personnage très positif. Je craignais au départ qu'il y ait ce côté naïf selon lequel tous les personnages moches sont des personnages méchants mais même les gentils sont moches, tout le monde est à égalité

La mise en scène de Louis Leterrier est virevoltante, c'est difficile de filmer des marionnettes car cela demande un certain cadrage, et malgré cela il y a de l'aventure, de la cascade, des topshots, des décors extraordinaires, une bibliothèque qui ferait rêver n'importe qui". 

Image de la série
Image de la série / Kevin Baker / Netflix

Benoît Lagane n'y a vu qu'"une série très caricaturale qui n'invente rien de nouveau"

Benoît Lagane : "C'est d'une caricature... J'aimerais juste qu'on se dise que ces méchants-là, on pouvait les avoir dans les années 1980' sauf que depuis de l'eau a coulé sous les ponts.... heureusement avec de nombreuses séries d'animations, de marionnettes pour les enfants... 

Moi ce qui m'a un peu gêné, c'est que si je présente cela à mes enfants, ils vont avoir du mal à comprendre... J'ai dû lutter contre le sommeil pendant au moins trois épisodes avant que ça commence à devenir un peu intéressant et compréhensible. 

Surtout, on finit par ne voir que ces personnages caricaturaux et méchants. On nous dit que ces marionnettes sont des voix extraordinaires qui les doublent sauf que j'ai envie de leur dire : "eh reprenez des cours de comédie, les méchants on ne les joue plus comme ça, c'est fini !" même si le passage du numérique aux marionnettes fonctionne d'ailleurs plutôt bien avec la même dynamique. Mais justement, ce qui manque là-dedans par moments c'est que certes, c'est joli, mais cela manque cruellement de poésie et je ne suis jamais touché par les personnages"... 

L'une des héroïnes de la série
L'une des héroïnes de la série / Kevin Baker / Netflix

Pour Marjolaine Boutet, c'est "une série moche, ennuyante qui manque de nuances ?" 

Marjolaine Boutet : "Les noms des clans sont imprononçables, les méchants sont très très méchants et les gentils sont très gentils et du coup je me suis beaucoup ennuyée, je trouve cela moche

C'est le genre d'histoires que je n'aimais pas même lorsque j'étais enfant, je ne me suis pas du tout retrouvée enfant devant, c'est un univers qui oscille entre Zelda et Avatar... 

J'ai trouvé l'histoire un peu convenue autour des puissants qui confisquent et manipulent la vérité, bon pourquoi pas... mais les ficelles sont un peu grosses, les effets un peu trop forcés, les personnages manquent très franchement de nuances et les personnages de femmes fortes : oui, bon..."

La série

► Depuis le 30 août sur Netflix. La plateforme de vidéos en ligne propose par ailleurs un making-of de la série

🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de la série film sur le plateau de Une heure en séries :

9 min

"The Dark Crystal l’âge de la résistance" : les critiques d'Une heure en séries

Chaque samedi à 20h, retrouvez les critiques de Une heure en séries, réunis autour de Xavier Leherpeur, pour parler séries. 

Les fameux Skekses
Les fameux Skekses / Kevin Baker / Netflix
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