La cérémonie des César, ce vendredi soir, s'annonce plus ancrée que jamais dans les débats qui agitent le monde du cinéma, en France et dans le monde. La semaine qui vient de s'écouler dans le cinéma français en est un bon avant-goût.

Le trophée des César dans sa fonderie, à Bréauté (Normandie)
Le trophée des César dans sa fonderie, à Bréauté (Normandie) © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Si le cinéma se doit d'être, pour certains, un reflet de la vie, les César seront-ils ce vendredi soir le reflet du monde du cinéma ? Cette année peut-être plus encore que les précédentes, c'est fort probable. Au terme d'une année où le cinéma international a été retourné par l'affaire Weinsteinet ses conséquences, tout particulièrement le mouvement #MeToo, la cérémonie des César 2018, qui sera présentée par le comédien Manu Payet, sera ancrée dans l'actualité. La semaine qui vient de s'écouler constitue un avant-goût intéressant de ce que sera la cérémonie  

J-4 : La ministre célèbre les "voix différentes, émergentes" 

L'avant-goût officiel de la cérémonie des César, c'est le dîner des producteurs organisé chaque année quelques jours avant le grand soir par l'Académie, et à l'occasion duquel est remis le prix Toscan Du Plantier, pour le producteur de l'année. Et pour 2018, la lauréate est la société Les Films de Pierre, qui a porté le film "120 Battemets par minute", l'un des grands favoris de cette soirée.  

"Merci pour l'écho que vous donnez aux voix différentes, aux voix émergentes, aux jeunes artistes cinéastes, acteurs. Merci pour la diversité culturelle que vous nous offrez, qui nous tient tant à cœur", leur a lancé la ministre de la Culture Françoise Nyssen, comme un mot d'ordre pour la sélection de cette année, et avant de prendre le temps de revenir sur la question de la place des femmes dans le secteur.  

J-3 : #MaintenantOnAgit 

Mardi, un collectif de femmes comédiennes, sous l'égide de la Fondation des femmes marrainée par Julie Gayet, a lancé un appel aux dons pour soutenir les associations d'aide aux femmes victimes de violences, sur le modèle du mouvement Time's Up aux Etats-Unis.  

Sous la bannière "#MaintenantOnAgit", ces 130 femmes (et quelques hommes) ont invité tous les participants qui assisteront aux César dans la salle Pleyel à arborer un ruban blanc, comme marque de soutien. Un symbole pas anodin : le ruban blanc est le symbole de la lutte contre les violences faites aux femmes depuis 1991, lorsqu'il avait été choisi en guise d'hommage aux victimes d'une tuerie antiféministe à Montréal, deux ans plus tôt. 

H-24 : Une tribune pour des quotas  

Et ce jeudi, un autre collectif composé de femmes et d'hommes a publié une tribune dans Le Monde, s'engageant en faveur de quotas dans le financement public du cinéma, seul moyen selon les signataires de parvenir à la parité dans ce secteur où les écarts de salaire entre les femmes et les hommes s'élèvent jusqu'à 42%. Une initiative que soutient la ministre de la Culture Françoise Nyssen, qui a évoqué la possibilité d'en parler au CNC, le Centre national de la cinématographie, qui distribue les subventions aux cinéastes.  

Et aussi... enfin un "prix du public" ? 

Cette année, l'Académie des César semble aussi s'être ouverte aux critiques qui la concernaient directement depuis plusieurs années. Le cinéma populaire est-il suffisamment représenté aux César ? Afin de trancher le débat, pour la première fois cette année, un "César du public" sera remis au film qui a fait le plus d'entrées en salles au cours de l'année écoulée. C'est "Raid Dingue", de Dany Boon, qui recevra la récompense - dont la création fait encore débat.  

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