Le nouveau film d’animation des studios Disney est sorti ce mercredi. Dans “Ralph 2.0”, les personnages se baladent dans une ville qui matérialise Internet. Ce n’est pas la première fois – et sûrement pas la dernière - que les cinéastes tentent de donner une dimension plus humaine au web.

Extrait de la bande-annonce du film "Ralph 2.0"
Extrait de la bande-annonce du film "Ralph 2.0" © Capture d'écran / YouTube - DisneyFR

Ce mercredi et sorti sur les écrans français “Ralph 2.0”, la nouvelle production des studios Disney - près de trois mois après sa sortie aux États-Unis... et en Belgique. La suite des aventures du méchant de jeu vidéo Ralph La Casse et de son amie pilote de jeu de course Vanellope von Schweetz se déroulent non plus dans une salle d’arcade... mais dans l’Internet. 

Pour retrouver une pièce détachée d’une de leurs bornes d’arcade, les deux personnages partent à sa recherche sur le web, et vont ainsi devoir traverser des sites comme eBay, les moteurs de recherche ou les sites de vidéo (YouTube étant remplacé par un certain “YouBuzz”). Mais comment représenter ces personnages se baladant physiquement sur le web ? C’est une question que le cinéma se pose depuis plus de 30 ans. A travers sept séries et films, revisitons ces représentations du monde virtuel à l’écran.  

Tron (1982) 

C’est LE film qui a posé les bases des codes visuels de la représentation de l’informatique au cinéma. En 1982, les studios Disney donnent naissance à un film de science-fiction d’un genre nouveau : Tron, où le jeune développeur Kevin Flynn se retrouve injecté dans un système informatique. Si Tron n’est pas à proprement parler un jeu qui se déroule dans les méandres du web, on y découvre les codes qui vont définir l’esthétique de l’informatique et du web pour les années qui suivent : un univers sombre, fait de lignes fluorescentes qui définissent les réseaux, sur lesquels les informations et les données circulent comme de petits points lumineux.  

Le Cobaye (1992) 

En 1992, ce film qui – contrairement à ce qu’en dit sa bande-annonce – n’est pas inspiré d’une nouvelle de Stephen King se base sur un procédé très répandu au cinéma, selon lequel le lien entre le monde réel et celui d’Internet passe par... la réalité virtuelle et ses casques. Dans Le Cobaye, le chercheur incarné par Pierce Brosnan a créé une façon d’accéder à un savoir infini – celui du web – via un dispositif de réalité virtuelle. Celui-ci a l’allure d’un monde abstrait tout en images de synthèse dans lequel semblent flotter les éléments du savoir.  

Cette exploitation de la réalité virtuelle, on la retrouve très souvent au cinéma, car c’est un moyen visuel efficace pour représenter l’individu qui “va sur Internet”. On le retrouve même en 2018 dans Ready Player One de Steven Spielberg, dont c’est le ressort principal. 

Freakazoid (1997) 

Cette série animée apparue en 1997 sur les écrans était sortie de l’imagination débordante de Steven Spielberg. Dans la droite lignée des déjantés Animaniacs, Freakazoid! suit les aventures du premier cyber-superhéros. Dans l’épisode 6 qui montre la transformation de Dexter, un jeune geek, en Freakazoid, on découvre que celui-ci se fait aspirer par son ordinateur en se connectant à Internet. 

Il se retrouve alors dans Internet, un lieu à mi-chemin entre le cosmos, un lieu rétrofuturiste façon Jules Verne et l’intérieur d’un ordinateur, dans lequel flottent des milliers d’objets symbolisant le savoir qu’on trouve sur le web – un peu comme dans Le Cobaye, la réalité virtuelle en moins. Si on n’échappe pas, une fois de plus, à l’image du courant lumineux qui parcourt les câbles, on a ici une représentation assez surréaliste d’Internet.  

Matrix (1999) 

Dans Matrix, tout est question de réalité et de fiction, de vrai et de faux, du monde réel et de la fameuse “matrice”, ce programme informatique auquel tous les êtres humains sont connectés et qui génère un monde imaginaire donnant à chacun l’impression qu’ils vit une vie normale - là où le monde est devenu en fait une dystopie.  

Chaque personne vivant dans la matrice est donc “une projection mentale du moi digital”, explique Morpheus à Neo. Et ainsi, rien ne distingue visuellement la matrice de ce que l’on croit être le réel... sauf pour ceux qui arrivent à s’en extirper et à le voir comme un entrelacs de codes binaires, autrement dit, des chiffres vert fluo sur fond noir.  

Code Lyoko (2003) 

Encore un dessin animé, et encore une façon différente de concevoir l’univers numérique. Dans cette série animée française créée en 2003, c’est la technique d’animation qui marque le passage du monde réel au monde virtuel d’Internet. Tout ce qui se passe dans “la vraie vie” est animé en 2D, là où toutes les séquences qui se déroulent sur les réseaux sont en images de synthèse. Et si on n’échappe pas à la métaphore de l’information qui circule dans des câbles et des tuyaux, le web a l’allure d’un grand monde désertique et hostile peuplé de créatures peu hospitalière. 

Le monde secret des emojis (2017) 

On avait rarement vu aussi étonnant que le synopsis de ce film d’animation : dans un téléphone portable, un emoji, incapable d’avoir une seule expression de visage, se retrouve en cavale dans les applications du smartphone. Ici, l’intérieur de l’appareil connecté à Internet ressemble à un immense entrepôt où chaque application renferme un petit monde. Si celui des Emoji ressemble à une petite ville comme les autres, Candy Crush est un joli monde coloré, et Just Dance un lieu de... danse. Et entre tout ça, c’est, comme toujours, bleu, très bleu.  

Ralph 2.0 (2019) 

A côté de toutes ces représentations, que propose le tout nouveau Disney ? Le monde d’Internet dans ce nouveau film pousse un peu plus loin la représentation ébauchée par le Monde secret des emojis, où Internet se présente comme une gigantesque ville (encore une fois, très bleue). Et chaque site est un bâtiment, des plus grands (l’immense salle de ventes aux enchères d’eBay) aux plus piteux, qui représentent les sites malhonnêtes sur lesquels vous embarquent les spams.  

Et au milieu de tout cela, les fameuses “autoroutes de l’information” prennent la forme... de véritables autoroutes le long desquelles roulent à toute vitesse de petites voitures qui vont d’un site à l’autre. L’univers de Ralph 2.0 est truffé de références à la culture pop et montre que, définitivement, la perception d’Internet est passée d’un univers de geeks bidouillant sur de sombres ordinateurs à celui d’une culture pop et grand public. 

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