Image tirée de la saison 6 de "The Walking Dead"
Image tirée de la saison 6 de "The Walking Dead" © Gene Page/AMC

Les zombies sont partout aujourd’hui ! Dans les bandes dessinées, dans les jeux, au cinéma, dans les séries et même, avec la zombie walk ou des drames comme celui de mercredi aux USA, dans la rue. Pour mieux comprendre le phénomène, Laurent Goumarre a invité dans son Nouveau Rendez-vous Yannick Dahan (journaliste, critique et réalisateur), Christophe Carrière (journaliste et critique de cinéma), Salomé Lagresle (gameuse et blogueuse), Léo Soesanto (chroniqueur et critique de cinéma).

Dimanche 25 octobre, l'épisode 3 de la saison 6 de The Walking Dead était diffusé sur AMC aux Etats-Unis. Et provoquait un raz-de-marée de réactions sur la twittosphère, un peu dans ce genre :

Toujours aux USA, le 26 octobre 2015, un fait-divers dramatique s'est déroulé :

Selon la police, Damon Perry a avoué avoir frappé Christopher Paquin jusqu’à ce qu’il perde connaissance. L’officier a ajouté que Perry a aussi battu sa victime avec une guitare et un micro-onde et l’a achevé avec un couteau. Il a avoué qu’il regardait beaucoup d’épisodes de la série The Walking Dead et qu’il avait vu son ami se transformer en zombie.

Les zombies sont toujours révélateurs d’un système de crise ?

Des cas sociaux, il y en a partout ! ” s'agace Yannick Dahan. Dès qu’un sujet devient populaire et se démocratise, les critiques essaient toujours d’aller y trouver un sens profond : “Le genre Zombie est un mythe qui a des origines très profondes, mais on n’est pas obligé pour en parler de dire qu’il est révélateur d’un système en crise ! ” reproche-t-il. “Dans les années 1970, on disait que c’était une métaphore du SIDA ; maintenant on nous dit que c’est une métaphore de la fin du monde ; un jour, on nous dira que c’est une métaphore de Daesh…”

Peut-être tout simplement qu’il ne faut pas chercher des explications au succès trop loin : “Quand je vais voir un film de zombies et qu’on essaye de m’expliquer d’où ils viennent, de rationaliser cette mythologie, je trouve ça d’une crétinerie abyssale ! Un zombie est un mort qui revient à la vie ; en soit ça pose toutes les questions philosophiques de l’humanité !” D’ailleurs, chez les zombies, le cœur de l'histoire est animé par les survivants : “Le vrai danger c’est l’humain ! ” explique Christophe Carrière. “L’état de survivance développe tout ce qu’il y a de plus mauvais en nous.”

Melissa Suzanne McBride dans la saison 6 de "The Walking Dead"
Melissa Suzanne McBride dans la saison 6 de "The Walking Dead" ©

Dans les histoires de zombies - où donc, les morts reviennent à la vie et tentent de tuer les vivants - il y a, mathématiquement peu de chances que cela évolue favorablement pour les vivants. Et c’est ça qui est intéressant… Piégés dans un tel scénario, les survivants se posent deux questions : comment survivre ? Et surtout : à quoi bon ?

Création d'une mythologie autours des zombies

Détail du "Triomphe de la mort" de Brueghel
Détail du "Triomphe de la mort" de Brueghel © The Gallery Collection/Corbis

Selon Yannick Dahan, “beaucoup de critiques ramènent le zombie au vaudou d’Haïti comme source originelle de ce sujet-là. En réalité au moyen-âge, les peintures de Brueghel nous montraient des corps en décomposition qui attaquaient les gens. Le zombie est la forme ultime du monstre. Quand on parle de Frankenstein, c’est un mort qui revient à la vie, les vampires aussi.” Même s’il y a des différences de philosophie derrière ces différentes sortes de monstres, ils sont tous des réponses aux interrogations fondamentales sur la mort. Romero a popularisé les bases de cette mythologie avec La Nuit des morts-vivants en 1968. La démocratisation est arrivée bien après… Un basculement s’est fait avec le clip Thriller de Michael Jackson (1982), réalisé par John Landis, qui mettait en scène des zombies autour d'une star alors au faîte de sa gloire.

Aujourd'hui, la popularité des morts-vivants vient essentiellement dela série The Walking Dead , dont chaque épisode de la saison 6 (actuellement en cours de diffusion aux USA) est suivi par quinze millions de téléspectateurs en moyenne.

Mais avant la série, la mythologie des zombies s’est beaucoup développée dans les jeux vidéos. Tout simplement, selon Salomé Lagresle, parce que le jeu de zombie est un exutoire . Tirer sur des zombies ne demande aucun effort intellectuel, c'est un Shoot Them All qui fonctionne bien. Elle note cependant que “depuis quelques temps, les jeux vidéos en rapport avec des zombies ont un peu évolué et mettent en place des choix moraux”. C'est le cas par exemple du jeu vidéo tiré du comics The Walking Dead , où le joueur est accompagné d'une petite fille et doit prendredes décisions morales qui influenceront son destin : vaut-il mieux éviter de tuer ce zombie maintenant car il peut se révéler utile dans la suite du jeu ? Ou vaut-il mieux le tuer sinon il reviendra plus tard ? [Pour en savoir plus à ce sujet, écoutez la chronique d'Olivier Bénis sur ce jeu]

Le premier film hollywoodien à aborder le sujet est, constat étonnant, assez récent : c'est World War Z (2013) de Marc Forster. Mais le film n'a pas rencontré le succès escompté auprès du public : selon Yannick Dahan, “l’histoire était moins passionnante parce qu’au lieu d’avoir un discours crépusculaire, Brad Pitt partait chercher un remède contre les zombies.”

A noter qu’aux USA, les zombies sont un peu plus qu'un mythe puisqu'au Pentagone, il existe un plan à suivre en cas d’attaque zombie - le protocole CONOP 8888.

Ecoutez le débat dans Le Nouveau Rendez-vous de Laurent Goumarre, dans son intégralité, ici :

►►► ÉMISSION | L'émission de Laurent Goumarre consacrée aux Zombies

►►► ET AUSSI | Exclusif: Le Pentagone a un plan en cas d’invasion de zombies. Pour de vrai

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