"Trompeurs exquis et coquettes charmantes,Coeurs tendres, mais affranchis du serment,Nous devisons délicieusement"Paul Verlaine, "À la promenade", Fêtes galantes (1869) Comme Verlaine en son temps, ce qui frappe aujourd'hui, lorsque l'on découvre l'exposition présentée par le musée Jacquemard-André, c'est la poésie qui se dégage des oeuvres peintes par Watteau et les artistes qui l'ont suivi jusqu'à Fragonard qui clot ce genre pictural baptisé "Fête Galante". Le genre va traverser tout le XVIIIe siècle.Le mot "Fête Galante" ne sera vraiment utilisé qu'à partir du 19è siècle pour désigner ce style de tableaux. Les contemporains, eux, les avaient baptisés "conversations" ou "assemblées". Watteau, le créateur du genre, puise son inspiration dans les pastorales vénitiennes et flamandes, mais il les transforme en scènes raffinées au charme intemporel.Ses oeuvres sont très rapidement acquises par les grands collectionneurs de l’époque, comme Pierre Crozat ou Frédéric le Grand de Prusse. Son succès est tel que même l’Académie royale de peinture et de sculpture reconnaît l’importance de "l’invention" de Watteau.

La Proposition embarrassante d' Antoine Watteau
La Proposition embarrassante d' Antoine Watteau © The State Hermitage Museum / Vladimir Terebenin / Vers 1715 – 1720 - Huile sur toile, 65 x 84,5 cm

Watteau dessine énormément. Ce qui n'est pas rare pour un peintre. Ce qui l'est plus, c'est qu'il ne dessine par avec une idée de tableau dans la tête. Il dessine d'abord, puis choisit des dessins qu'il combine dans une composition.

Après les douces fantaisies de Watteau, place aux flamboyants caprices de Fragonard et à l'un des chefs-d'oeuvre de la peinture du XVIIIè siècle : La fête à Saint-Coud. Propriété de la banque de France, ce tableau ne sort que très rarement du siège de l'institution.

La Fête à Saint-Cloud est dans le patrimoine de la Banque de France depuis le début du XIXe siècle. Cette toile se trouvait selon toute probabilité dans l’hôtel de Sainscy, mitoyen de son premier siège l’hôtel de Massiac. C’est au cours de l’agrandissement de la Banque de France vers 1805, lorsque cet hôtel fut acheté que cette oeuvre rejoignit ses collections. En 1811, il fut définitivement installé dans son emplacement actuel, le salon Fragonard, mitoyen du bureau qu’occupent les Gouverneurs depuis l’origine.La Fête à Saint-Cloud n’a depuis cette époque jamais quitté ce lieu, sauf à l’occasion de prêts pour de grandes expositions. Au Louvre en 2006 pour la commémoration du bicentenaire de la mort du peintre, l’exposition Fragonard du Grand Palais en 1987 ou encore à New York en 1988 et Londres en 1954...En dehors de ces grandes manifestations, la Fête à Saint-Cloud attire plus de 10 000 visiteurs tous les ans àl’occasion des Journées européennes du Patrimoine.

De Watteau à Fragonard, les fêtes galantes vont traverser le siècle des Lumières À la suite de Watteau, Nicolas Lancret et Jean-Baptiste Pater vont s’approprier les codes de la fête galante et les faire évoluer. Ils ancrent ces scènes imaginaires dans la réalité en y reproduisant des lieux, des oeuvres d’art ou des détails aisément reconnaissables par leurs contemporains. Les artistes les plus créatifs, comme François Boucher et Jean-Honoré Fragonard, donneront à leur tour une vision très personnelle des plaisirs dela fête galante.

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