C’est en tous cas ce que promet “The World of Yo-Ho”, un jeu de société transmédia inventé par l’équipe des Éditions volumiques. Le jeu se déroule dans un univers pirate fantaisiste ; il mélange jeu de société et mécanismes interactifs du jeu vidéo.

Selon Etienne Mineur, co-directeur des Editions volumiques et designer du jeu, "les mécanisme des jeux vidéos sont extraordinaires aussi bien en ce qui concerne la narration qu’en interactivité ". Avec les Éditions volumiques, il tente d'innover dans les domaines du livre et du jeu, en gardant à l'esprit ces mécanismes-là. Ce n'est pas nouveau : "Mes sites d’Issey Miyake étaient souvent inspirés par des mécaniques ludiques qui ensuite étaient transposées à l’univers du couturier japonais - qui n’a rien à voir avec le jeu."

Le problème du mot “jeu” est qu'il est souvent associé à l’enfance. J’ai 46 ans, je joue depuis que je suis petit, j'ai commencé avec les consoles pong et compagnie. Pour moi ce n’est pas régressif. Je crois quele jeu a une mauvaise presse ; c’est comme le rock dans les années 1950 : c’est un peu le diable . C’est un outil qui devrait être beaucoup plus utilisé.

Mon but, c’est faire de vrais jeux où autour de la table, il y a des mécaniques qui s’installent, de la stratégie, du fun, où faut réfléchir, où il y a des interactions sociales…

Dans “The World of Yo-Ho”, chaque joueur incarne un capitaine pirate et a un bateau, avec lequel il doit accomplir des missions. Celles-ci sont secrètes et peuvent être antagonistes (le joueur 1 doit trouver des contrebandiers // le joueur 2 est un contrebandier). Le simple choix d’incarner tel ou tel capitaine, sur tel ou tel vaisseau, n’est pas sans conséquences : par exemple, le capitaine "perroquet" ne peut pas acheter d'accessoires, convaincu qu'il est d'avoir déjà atteint la perfection... Quand au bateau "requin", il ne peut pas approcher un bateau sans l’attaquer.

Le but du jeu : gagner un maximum de “swags”, autrement dit les honneurs & la gloire !

The World of Yo-Ho
The World of Yo-Ho © Editions volumiques

“The World of Yo-Ho” a la particularité deproposer une plateforme de jeu tangible sur laquelle se déplacent des pions numériques : vos smartphones . Etienne Mineur explique : “On s’est aperçus que les gens sont assez civilisés, ils respectent les règles comme dans n’importe quel jeu... Si dans leur mission, il leur est dit de commencer à Port-Royal, ils commencent à Port-Royal [et posent leur smartphone-bateau-pion à Port-Royal]. On pousse le téléphone dans une direction ensuite ; le téléphone comprend avec un accéléromètre qu’il a avancé d’une case”.

Les téléphones partagent le même écran, qui reproduit le dessin de la carte - mais qui y ajoute des éléments animés : dragon des mers qui passe dans le coin, navire échoué, mouettes... Les animations servent aussi l'action : quand un joueur attaque, on voit les boulets de canons traverser les écrans pour aller bombarder le bateau ennemi.

“Il y a de l’aléatoire. La manière dont est repartie les mission est pondérée par la manière dont les gens jouent”

Bataille dans "The World of Yo-Ho"
Bataille dans "The World of Yo-Ho" © Editions volumiques

Mais il ne faudrait pas croire que le numérique n’apporte que de “jolies animations”. Il permet aussi au jeu de s’équilibrer au fur et à mesure qu’il se déroule : si un joueur gagne trop vite, le système suggérera aux autres des missions visant à le ralentir… Etienne Mineur explique : “Il y a de l’aléatoire. La manière dont est repartie les mission est pondérée par la manière dont les gens jouent

Le jeu sortira au début de l’été prochain. Il est régulièrement proposé en test lors d'animation - pour connaître les lieux et dates, rendez-vous sur la page facebook.

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