Le parc basé en Vendée a obtenu une dérogation pour pouvoir accueillir plus de 5.000 spectateurs samedi soir, lors de son spectacle nocturne. Incompréhensible pour certains acteurs de la culture.

La Cinéscénie du Puy du Fou.
La Cinéscénie du Puy du Fou. © AFP / PHILIPPE ROY

C'est une exception qui a du mal à passer. Le parc du Puy du Fou a obtenu une dérogation du préfet de Vendée pour pouvoir accueillir jusqu'à 9 000 spectateurs, samedi, lors de son spectacle nocturne de la Cinéscénie. Jusqu'à présent, le parc de loisirs devait respecter la jauge maximale de 5.000 personnes, en vigueur pour tous les événements organisés en France, dans le cadre des restrictions liées au Covid-19. Conséquence : le monde du spectacle ne comprend pas.

"Pour nous aujourd'hui, c’est l’étonnement", lâche ainsi Malika Séguineau, directrice générale du Syndicat national du spectacle musical et de variété. Invitée du Grand entretien sur France Inter ce dimanche, elle pointe ce qui est selon elle un paradoxe : "Dans la même semaine, on a des informations qui nous indiquent que les rassemblements de plus de 5.000 personnes sont interdits, avec une prorogation jusqu’au 31 octobre voire au-delà. Et la même semaine, on nous indique que la cinéscénie au Puy du Fou pourra accueillir 9.000 personnes."

"D'autres festivals qui ont demandé des dérogations ne les ont pas obtenues"

Pour Malika Séguineau, c'est en fait deux poids, deux mesures : "D’autres festivals, cet été, ont demandé des dérogations pour des rassemblements inférieurs à 5.000 personnes, et ne les ont pas obtenues. Alors qu’ils étaient sur des configurations tout aussi intéressantes sanitairement parlant, avec des protocoles assez stricts." Selon elle, cette dérogation pour le Puy du Fou "crée la confusion au sein du secteur, mais également à l’égard des spectateurs."

"Nous souffrons d'une sorte de méthodologie de sortie de crise. Il y a des choses annoncées, on revient en arrière, et on subit ces atermoiements", déplore Thierry Teodori, directeur de la Halle Tony Garnier à Lyon. Pour lui, il faudrait réfléchir en "pourcentage de remplissage" : "on parle du Puy du Fou, mais il y a aussi cette décision prise pour le sport, qui impose 5.000 personnes maximum par stade. Or il y a des a des stades qui font 25.000 places, d’autres 70.000, ce n’est pas très cohérent."

Jérome Tréhorel, directeur général du festival de musique Les vieilles Charrues dans le Finistère, a aussi partagé ce dimanche son "incompréhension" sur LCI, après la dérogation accordée au Puy du Fou : "Le secteur culturel a été le premier impacté, on est toujours à l’arrêt et on a l'impression qu'il y a deux poids deux mesures dans le traitement des demandes qui sont faites pour les réouvertures."

Le préfet de la Vendée s'est justifié

Le préfet de la Vendée a envoyé samedi soir un communiqué pour justifier cette décision. Il explique avoir donné une dérogation au Puy du Fou "sous réserve du strict respect des protocoles sanitaires", en précisant que "le département de la Vendée connaît pour l’instant une circulation du virus en net retrait par rapport au niveau national". L'Elysée a de son côté assuré à nos confrères de franceinfo n'être "en aucun cas intervenu dans l'arrêté préfectoral".

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