Lire un roman de plus de 400 pages en une ou deux heures... Ça parait fou un peu fou, mais c'est possible. Des lecteurs hors norme se sont réunis à Paris pour le championnat de France de lecture rapide, véritable marathon de la lecture et de la mémorisation.

En moyenne, nous lisons 250 mots par minute. Le champion du monde de lecture rapide 2017 en lit près de quatre fois plus.
En moyenne, nous lisons 250 mots par minute. Le champion du monde de lecture rapide 2017 en lit près de quatre fois plus. © Radio France / Léa Guedj

Ils étaient quarante, de 12 à 50 ans, à concourir pour cette étonnante compétition qui s'est tenue à la Maison des Océans, dans le quartier latin parisien. En véritables "athlètes du cerveau", pendant une journée, ils ont enchaîné les exercices de lecture et de mémorisation. Dans la salle, les pages sont tournées à toute vitesse, les yeux sautent d'une ligne à l'autre... La moyenne de 250 mots à la minute est vite explosée

Objectif : parcourir 425 pages d'un roman à paraître en octobre, avant de répondre à un questionnaire pointu sur l'histoire qui y est racontée.  La routine pour Mohamed Koussa, professeur de lettres et d'histoire. Il peut engloutir 940 mots à la minute, près de quatre fois la vitesse de lecture moyenne. Une performance qui lui a permis de devenir champion de France et du monde, en 2017. Mais pour lui, rien ne sert de lire sans retenir. Alors, dans son lycée professionnel, il enseigne ses techniques de mémorisation à ses élèves. "J'arrive à leur transmettre le goût de la lecture", se réjouit l'enseignant. "Je leur apprend les cartes mentales, explique-t-il, c'est beaucoup plus facile sur des notes écrites classiques pour se préparer à un examen. Ça donne des résultats extraordinaires [...] C'est du prêt-à-mémoriser." 

Le "mind mapping", une représentation schématique des idées qui permettrait au cerveau de mieux les enregistrer pour les restituer. Ce sera là le secret de ces lecteurs, capables de lire vite tout en mémorisant. Le concept a été inventé par Tony Buzan, psychologue anglais, dans les années 1970. "C'est un formidable outil de structuration de l'information qu'on a emmagasiné lors de la lecture", observe Jérôme Hoarau, co-organisateur de l'événement.  

Une méthode qui fait ses preuves pour Issa. Exclu du collège à deux reprises, le garçon de 12 ans est désormais le plus jeune de la compétition, et la "mascotte" des autres participants. "Lire, prendre des notes, retrouver là où on s'était arrêté..." Après deux heures de lecture, pris d'un "mal de tête", il s'octroie une petite pause, avant de s'attaquer au questionnaire sur le roman. Mais déjà, dans son esprit, l'histoire est bien imprimée, celle d'"une danseuse qui a peur de la foule"

Issa espère être "bien placé" dans le classement de la compétition. Elaine Colliar, elle, est déjà cinq fois championne du monde de "mind mapping". "À 14 ans, j'ai été diagnostiquée dyslexique, se souvient la conseillère politique anglaise, je faisais partie de ses enfants qui n'étaient pas supposés être capables de passer des examens." La technique de la "carte mentale" est devenue "la base" de tous les projets dans lesquels elle s'engage, lui permettant de "ne pas être submergée par les informations". "Toujours dyslexique", Elaine Colliar est désormais capable de lire 1 200 en une minute.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.