Invité de L’instant M, le producteur et animateur Arthur nous présente son nouveau "bébé" : "District Z" (Z comme Zombie), un jeu télévisé où l’on joue à se faire peur pour oublier le quotidien. Décryptage du jeu et examen d'une culture en plein essor.

Logo série tv  District Z, entre frissons et rigolade
Logo série tv District Z, entre frissons et rigolade © Tf1

Arthur au pays des Zombies

Les Walking Dead, c’est le western de la génération d’avant ! 

Pour élaborer son jeu télévisé, le producteur a passé deux ans plongé dans l’univers zombie. Devenu incollable sur le sujet, il en rappelle quelques grandes lignes :

« J’ai appris plein de choses, vous n’imaginez pas… les adorateurs de zombies constituent une vraie secte, ça ne rigole pas, _c’est la culture la plus téléchargée au monde_, chaque épisode de « Walking Dead » est téléchargé 150 millions de fois ! Les morts-vivants n’ont pas d’âme, ils se nourrissent de chair humaine, évidemment ce n’est pas le pitch de District Z qui est un divertissement familial…

Je produis les émissions que j’ai envie de regarder !

Walking Dead est une série tv américaine adaptée par Frank Darabont et Robert Kirkman, inspirée de la bande dessinée du même nom, diffusée depuis 2010.

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Sonia Devillers apporte quelques précisions sur le genre

Les films de zombie sont la matrice d’un grand pan de la pop culture. La nuit des morts vivants du réalisateur Romero sort en salle dans les années 60 et depuis, c’est une longue litanie de cinéma, de BD, de jeux vidéo, de séries… 

Le film culte La nuit des morts vivants, George A. Romero (1968)

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Deux ans de zombies dans ma vie... je pourrais faire des master class sur les morts-vivants

District Z, Virus et Zombies : Jouer avec la peur 

L'animateur de District Z Denis Brogniart et l'un des candidats
L'animateur de District Z Denis Brogniart et l'un des candidats / Tf1

Ce jeu télévisé a germé dans la tête du producteur lors du précédent confinement avant de voir le jour au cœur de la deuxième vague… et fait troublant :

« Dans certaines de ces histoires, ces créatures naissent à partir d’un virus en pleine pandémie ! » rappelle S. Devillers

Arthur : « C’est horrible, on n’a jamais été autant au cœur de l’actualité, la veille du tournage, le Covid a tout arrêté, on a pensé à une malédiction… »

Dans District Z, « Tout le monde joue avec la peur sans avoir peur… » précise Sonia Devillers

« Le scénario du jeu nous situe au sein d’une zone contaminée mais TF1 a joué le jeu sans censure, on a nous-mêmes choisi de placer le curseur où l’on voulait … Il y a deux types de zombies, ceux qui vous attaquent à coup de batte de baseball et ceux qui vous font peur… On a opté pour la seconde option, le type de zombie qu’on met en scène est plutôt sympathique. »

C’est avant tout un jeu où l'on se marre, nous ce que l’on veut c’est sortir les gens de leur quotidien.

Un jeu "bon enfant" au service d’une cause :

Présenté par Denis Brogniart, le jeu met en scène « Cinq célébrités plongées au cœur d’une espèce d’escape game et soumises à toutes sortes d’épreuves. » raconte Sonia Devillers.

(L’Escape game est un concept de jeu réunissant un petit nombre de participants dans un lieu clos d’où ils doivent s'échapper)

Dans un décor de cinéma, le temps d'une nuit, les candidats doivent affronter des embûches et sauver leur peau afin de récolter de l'argent pour l’association de leur choix. Sur leur parcours, ils croisent des zombies et autres créatures inquiétantes qui tentent de leur ravir la vie.

« Il y a plein de jeux à l’intérieur du jeu et parfois on s’y perd un peu »  souligne Sonia Devillers qui a découvert le programme en avant-première.

District Z :  la plus grosse production française depuis longtemps

Un lieu de tournage équivalent à 14 terrains de football dans une forêt , 49 caméras, 50 kilomètres de câble...

« On joue la nuit, les cinq célébrités sont livrées à elles-mêmes, elles entrent au coucher du soleil et sortent au lever du soleil, les visages se décomposent au fil des heures, les candidats sont en dehors de leur zone de confort… »  

« Quels sont les moyens techniques mobilisés par District Z ? » interroge l’animatrice.

« C’est probablement la plus grosse production française depuis très longtemps : 49 caméras, 50 kilomètres de câble, Drône, spidercam (dispositif utilisé pour les événements sportifs permettant à une caméra de se déplacer dans l'espace)... Mais tout ça c’est purement technique, à l’image on découvre un truc qui est à mi-chemin entre la Tv, le jeu vidéo et le cinéma, enfin, un jeu où l'on se marre. »

Les candidats

« Les seuls refus que nous avons essuyés, c’était pour des raisons de plannings. C’était la première émission de tv après la période de confinement, un "lâchage" que vous n’imaginez pas… » raconte Arthur.

Parmi les célébrités participant au jeu télévisé, on peut citer : les humoristes et comédiens Arnaud Ducret, Michaël Youn, Kev Adams, et Baptiste Lecaplain, ou encore les animateurs Estelle Lefébure (TV) ou Cartman (radio). Bon enfant, le jeu lancé vendredi 11 décembre sur TF1 en prime time (21h05) et diffusé pendant les mois qui suivent, est au profit d’associations.

Un programme coûteux à l'ambition internationale

On voulait un grand événement, quelque chose de spectaculaire. Si c’est pour faire des émissions intimistes où il pleut dehors et où les gens sont tristes… Ils ont le journal de vingt heures !

« Je suis tenu au secret mais on est dans la fourchette haute. Le monde entier attend d’acheter les droits. Les plus grands programmes aujourd’hui (en terme d’audience), ça reste les Mask singer, Koh-Lanta, The Voice… Ce sont des shows qui coutent très cher à fabriquer et qui font rêver !

Nous ce que l’on veut, c’est sortir les gens de leur quotidien merdique et les faire rêver ! Pour ça, la Télé reste le média le plus regardé, il faut se renouveler face à la concurrence des plateformes… mais nous n’avons pas à rougir.

« En ce moment a lieu une négociation à très haut niveau entre les plateformes (Netflix, Amazone, Disney +) et le gouvernement français qui va leur imposer de dépenser 20 % de leur chiffre d’affaire dans la production française… On ne sait pas encore comment ça va se passer… » pointe Sonia Devillers. « Il faudrait penser à en laisser un peu pour le flux, en neuf mois, nous n’avons bénéficié d’aucune aide, on a été complétement lâchés, comme toujours… » remarque le producteur avec une pointe d'amertume.

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