Ce sont des stars des réseaux sociaux, mais ils n'ont pas attendu internet pour inspirer les artistes. Les chats font aujourd'hui l'objet d'une exposition sur le site de l'Universal Museum of Art (UMA) : une expo virtuelle que vous pouvez même visiter de chez vous, avec ou sans chat sur les genoux.

Un chat s'apprêtant à découvrir le rôle de ses congénères dans l'Histoire de l'Art
Un chat s'apprêtant à découvrir le rôle de ses congénères dans l'Histoire de l'Art © Radio France / Isabel Pasquier

À l’heure du confinement, nos animaux domestiques nous tiennent particulièrement compagnie. Parmi eux, animaux d'intérieur par excellence, les chats. Devenus récemment des stars d’internet, ils ont toujours été des muses pour les artistes. C’est ce que nous montre une exposition virtuelle, que vous pouvez visiter depuis chez vous, proposée par l’Universal Museum of Art, un musée en réalité virtuelle, en collaboration avec de nombreux musées (réels) et qui vise à démocratiser l’art par le numérique. 

L'expo sur "les chats dans l'Histoire de l'Art", mode d'emploi

► Pour accéder directement à l'exposition sur le site de l'UMA, cliquez ici

En commençant la visite, vous êtes invité à déambuler dans un hôtel particulier du XVIIIe, très chic. Évidemment, pour une visite plus immersive et si vous avez un félin à domicile, mettez-le devant l’écran de votre ordinateur ou tablette, patte sur la souris, et observez les réactions face à ces 75 œuvres, qui vont de l’Antiquité égyptienne au XXe siècle.

Capture d'écran de la visite virtuelle de l'UMA
Capture d'écran de la visite virtuelle de l'UMA / Universal Museum of Art

Déifiés par les Égyptiens, sataniques au Moyen-Âge, objets d’hystérie sur Instagram... Les chats sont chargés de symboles, y compris dans cette exposition virtuelle. Dans "Les Noces de Cana de Veronese", on compte ainsi 123 personnages... et un chat au premier plan. On zoome avec la souris, et on voit que le chat se fait les griffes sur une amphore sur laquelle est gravée un satyre, symbole d’ivresse et d’infidélité.

On avance dans le musée : gros plan sur l'"Olympia" de Manet, avec ce chat noir, au bout du lit, qui a une queue en forme de point d’interrogation. 

Décryptage avec Jean Verges, le fondateur de l’UMA : "Au tournant du XVIIIe siècle, le chat a commencé à réintégrer les foyers, pour développer l'instinct maternel des jeunes filles. On a beaucoup de portraits de jeunes adolescentes avec des chats dans leurs bras. Mais comme il avait encore cet héritage diabolique, infidèle, hérité de la tradition chrétienne et médiéval, certains artistes comme Manet ont donné ce petit double sens un peu grinçant au chat." Dans l'Olympia, c'est le rôle que prend le chat : "Il regarde le spectateur, et il est là pour ajouter un peu de profondeur à la thématique de l'Olympia, à savoir une prostituée qui reçoit un bouquet de fleurs d'un de ses courtisans."

Capture d'écran de la visite virtuelle de l'UMA
Capture d'écran de la visite virtuelle de l'UMA / Universal Museum of Art

Dans un autre style, cette représentation d’une "vanité" : le chat mort de Géricault. Delacroix peint un félin très sauvage, loin de la domestication des chats ronronnants de Renoir. Arrêt et léger malaise devant la toile de Balthus, "Thérèse rêvant", une jeune fille relève sa jupe avec à ses pieds un chat qui lape son lait : voyeurisme et lourde charge sensuelle, qui passent beaucoup moins bien à l’heure de #MeToo.

Capture d'écran de la visite virtuelle de l'UMA
Capture d'écran de la visite virtuelle de l'UMA / Universal Museum of Art

Étrangeté des chats aux côtés du petit garçon en habits rouges chez Goya. Le chat allégorie de nos dualités : tendresse, sensualité et sauvagerie, liberté, indépendance et domestication… De quoi rendre jaloux votre propre félin, qui pensait peut-être jusqu'ici être la plus belle œuvre d'art ronronnante de la maison.

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