Après une année 2017 particulièrement riche en jeux de qualité, 2018 va avoir fort à faire pour être à la hauteur. Sans revenir sur l'ensemble des grosses productions déjà annoncées (dont on parlera bien assez pendant un an), voici quelques jeux sur lesquels même le joueur occasionnel gardera un œil avide et curieux.

Le retour très attendu d'Ori, héros poétique d'une forêt en détresse
Le retour très attendu d'Ori, héros poétique d'une forêt en détresse © Microsoft Studios

A Way Out

Sans doute l'un des concepts les plus intrigants à venir, ce jeu vous propose de vivre le parcours de deux détenus qui vont tenter de s'évader d'une prison américaine. L'originalité, c'est que toute l'histoire est conçue pour être jouée à deux, chacun contrôlant l'un des deux protagonistes sur le même écran et leur permettant d'agir de manière complémentaire pour s'en sortir.

On attend évidemment de voir ce que donnera l'écriture de cette histoire (dialogues et scénario, qui joueront forcément un rôle majeur pour convaincre un.e ami.e de passer plusieurs heures manette en main sur votre canapé), mais les premières images sont très prometteuses.

Ori and the Will of the Wisps

Avez-vous déjà pleuré devant un jeu vidéo ? Pire, devant un "simple" jeu de plateformes en 2D, sans aucun dialogue ? En 2015, Ori and the Blind Forest avait réussi l'exploit de rendre particulièrement humides les yeux de tous ceux qui s'y sont essayés, tout en proposant une expérience de jeu solide, facile à prendre en main, avec un véritable challenge dans ses dernières heures.

Sa suite promet d'être au moins aussi émouvante qu'époustouflante visuellement, et les premières images sont (surtout pour ceux qui ont vécu le final déchirant du premier jeu) teintées d'une parfaite mélancolie.

Fe

Autre jeu visuellement magnifique et intrigant, Fe mise autant sur ses jolies couleurs que sur le son et les manières de l'utiliser dans une expérience de jeu. Fe ressemble à Ori, mais dans un univers en trois dimensions. On y joue une sorte de renard capable de communiquer et de demander de l'aide à toutes sortes de créatures... en chantant (oui, un peu comme Michel Sardou).

On nous promet une aventure où le joueur sera incité à expérimenter avec son environnement, avec un minimum d'explications, sans jamais être sommé d'agir de telle ou telle manière, et des références alléchantes à de petits bijoux comme Ico ou Shadow of the Colossus.

Dragon Ball FighterZ

Grosse production qui risque de se vendre comme des petits pains sur son seul nom, Dragon Ball FighterZ mérite toute l'attention des amateurs de jeux de combat et d'animes pour deux raisons. D'abord, dans le monde du jeu vidéo, c'est un cas presque unique d'adaptation... plus belle que son matériau d'origine. Visuellement, on a l'impression de redécouvrir des épisodes de la série d'animation culte, avec une virtuosité inédite dans la mise en scène.

Aussi et surtout, le jeu est développé par Arc System Works, studio qui maîtrise parfaitement les ficelles de la baston (on leur doit les séries Guilty Gear et BlazBlue, des références qui n'ont rien à envier à des séries plus connues comme Street Fighter ou Tekken). Sauf énorme surprise, on devrait donc être face à un jeu faisant honneur comme jamais à l’œuvre d'Akira Toriyama.

The Sigma Theory

On en sait encore peu sur cette nouvelle création des Français de Mi-Clos Studios, dont le précédent jeu Out There (un simulateur de dérive spatiale) était une œuvre aussi fascinante sur le fond que sur la forme. Ici, on nous promet un jeu d'espionnage là encore inédit dans sa manière de jouer, servi par une direction artistique séduisante.

Pris dans une nouvelle guerre froide à l'échelle mondiale, le joueur sera aux commandes d'une agence d'espionnage futuriste, où il devra miser sur sa ruse plutôt que sur sa force. On ne demande qu'à aimer.

Project Octopath Traveler

Un jeu dont on ignore même s'il conservera ce titre au moment de sa sortie officielle, mais qui sait titiller notre fibre nostalgique. On le doit aux créateurs de Bravely Default, une autre ode pleine d'amour aux jeux de rôles japonais des années 80 et 90. Manette en main, on est en effet dans le classicisme le plus absolu : difficile de savoir si cela réservera le jeu aux habitués du genre ou si au contraire, ce voyage temporel pourra s'ouvrir aux débutants.

Si l'histoire et la jouabilité n'auront sans doute rien de très original (même si l'on n'exclut pas quelques surprises, notamment la gestion de huit personnages dans un scénario choral), le jeu est visuellement sublime et doté d'un charme indéniable.

Detroit: Become Human

David Cage aurait pu être réalisateur de cinéma, il a préféré faire des jeux vidéo, et d'une manière très personnelle, aussi célébrée que décriée selon les goûts de chacun. Comme ses précédentes productions (Fahrenheit, Heavy Rain, Beyond Two Souls), on est ici devant un jeu vidéo construit comme un film interactif, où le joueur aura une influence sur chaque embranchement du scénario jusqu'à son dénouement, différent selon ses choix.

La force ici, c'est à nouveau la qualité de la réalisation, qui plonge le joueur dans un scénario à la Blade Runner, dans un futur proche où les androïdes vivent parmi les humains. Un univers certes fascinant, mais dont on espère qu'il ne laissera pas le joueur trop passif.

Bloodstained: Ritual of the Night

Ici aussi, on attend beaucoup d'un jeu par la seule foi qu'on a en son auteur. Et quel auteur ! Koji Igarashi, qui a mené la célèbre série Castlevania vers des sommets de 1999 à 2011, avant de quitter le géant japonais Konami pour fonder son propre studio. L'homme promet depuis plus de deux ans à ses fans (qui ont cofinancé le jeu) un digne successeur à des épisodes cultes comme Castlevania: Symphony of the Night.

En espérant que le jeu sera à la hauteur des attentes, qu'il sortira bien en 2018... Et qu'il ne misera pas tout sur la nostalgie, qui a été largement insuffisante pour relancer d'autres franchises ces dernières années.

Vampyr

On reste dans l'univers des vampires, mais cette fois dans le Londres de 1918, en pleine épidémie de grippe espagnole. Le joueur dirige un médecin local devenu vampire, qui cherche à concilier son irrépressible soif de sang et ses morales personnelle et professionnelle. On nous promet un monde ouvert riche et immersif, dans un univers aussi proche que possible de la réalité de l'époque (Assassin's Creed est passé par là).

Le jeu nous fait de l’œil autant par son ambition que par ceux qui le réalisent, le studio français Dontnod, qui a jusqu'ici toujours su proposer des jeux originaux, surprenants et à l'écriture réussie (de l'imparfait mais fascinant Remember Me au formidable et émouvant Life is Strange).

The Last Night

On en sait là encore très peu sur le contenu du jeu, un thriller futuriste qui a plus fait parler de lui pour les polémiques autour des idées de son auteur (accusé d'avoir été un soutien du GamerGate, mouvement antiféministe proche des mouvements d'alt-right, ce qu'il dément catégoriquement) que pour ses qualités. En ce qui concerne le jeu lui-même, que dire sinon que visuellement et artistiquement, c'est impressionnant.

On attendra donc de voir ce que donne le résultat final, mais on regarde ces premières images avec une gourmandise certaine, et on espère un scénario réussi en pleine dystopie.

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