Parce qu'on cherche tous des choses (intelligentes) à faire pendant le confinement, voici notre sélection d'archives à visionner sur Madelen, la nouvelle plateforme de streaming de l'Ina, accessible gratuitement pendant trois mois.

Grands débats politiques, chefs d'oeuvres du cinéma, concerts, émissions musicales et même les Shadocks : vous avez de quoi passer des heures sur la nouvelle plateforme de streaming de l'INA
Grands débats politiques, chefs d'oeuvres du cinéma, concerts, émissions musicales et même les Shadocks : vous avez de quoi passer des heures sur la nouvelle plateforme de streaming de l'INA © INA

L'Ina a suivi le mouvement. Comme d'autres sites de streaming (Canal , OCS), la nouvelle plateforme de l'Institut national de l'audiovisuel dont le lancement était prévu au printemps, Madelen, est accessible gratuitement pendant trois mois. Au-delà, ce sera 2,99€ par mois. D'ici là, en mode caverne d'Ali Baba des archives, ce nouveau site propose plus de 13 000 vidéos en tout genre : beaucoup de documentaires, mais aussi des programmes cultes ou originaux, séries, concerts. 

Petits plaisirs coupables ou véritables (re)découvertes, nous avons sélectionné dix pépites au sein de ce gigantesque catalogue, à voir dans les prochaines (longues) semaines de confinement. 

Starmania avant l'heure

Parce qu'on a du mal à cacher qu'il y a quelques fans absolus de Starmania à la rédaction numérique de France Inter, quand on a trouvé cette émission-concert de Starmania diffusé sur Antenne 2 en 1978, on s'est dit qu'on ne pouvait pas ne pas vous le conseiller. Pendant près d'une heure, au théâtre de l'Empire, Michel Berger et Luc Plamondon (et leurs cheveux d'époque) présentent leur tout nouvel opéra rock quelques mois avant qu'il débarque sur scène, accompagnés par un orchestre symphonique. 

"Chorus", Kraftwerk après la messe

Souvenez-vous, c'était au tout début des années 1980, sur Antenne 2 : "Chorus", une émission musicale emmenée par l'ami de Popopop, Antoine de Caunes. Pour ceux qui ne se rappellent pas, on parle là de trois quart d'heure de "live", sur scène, devant un public, le tout diffusé juste après la messe du dimanche matin.

C'est dans cette émission que de nombreux groupes, comme Dire Straits, ont fait leurs premiers directs en France. Allez fouiller : il y a une grosse centaine d'émissions et autant de groupes (Magma, Trust, Tom Waits, The Police, Madness, The Clash, Dr Feelgood, Jacques Higelin, James Brown, John Lee Hooker, etc.) On a aussi regardé jusqu'à la dernière miette celui avec Kraftwerk

Paris, un jour sous les eaux?

Pour éviter d'avoir peur du coronavirus (qui nous occupe beaucoup l'esprit en ce moment), peut-être faut-il s'effrayer avec autre chose? Madelen exhume un documentaire de 2004 qui raconte l'éventualité d'une prochaine crue centennale à Paris. La capitale transformée en Venise française, rien d'impossible : la dernière date de 1910, il y a 110 ans - les images de l'époque sont impressionnantes - et les autorités se préparent depuis des années à un événement équivalent. Passionnant !  

La délicieuse absurdité des Shadoks

Si la voix de Claude Piéplu vous manque... l'Ina a mis en ligne trois saisons (BU, ZO et MEU) des Shadoks, pure création de l'audiovisuel public français. Avec quelques lignes, un dessin tout simple, quelques bruitages et une histoire tirée par les cheveux à base d'extraterrestres idiots qui ne savent rien faire d'autre que pomper, pomper, pomper (et casser ce qu'ils ont fait), les Shadoks sont une série culte de l'époque. C'est si étrange et absurde que certains adorent, les autres détesteront. 

Certains pourront retrouver ces êtres non identifiés, retomber au passage en enfance et faire découvrir leur jeunesse aux nouvelles générations.  

"Tu n'as rien vu à Hiroshima"

Pas le choix le plus gai, on vous l'accorde. Mais c'est l'un des chefs d'oeuvre du cinéma français, de plus en plus dur à trouver. Tout autant difficile à trouver, le temps pour (re)regarder des pièces comme celle-ci. Alors arrêtez-vous sur ce film de guerre sans bombe ni blessure, que des corps et un regard qui racontent "l'après" bombe atomique. "Hiroshima mon amour", c'est l'alliance d'une plume (Marguerite Duras au scénario) et d'un œil (Alain Resnais à la réalisation), et c'est (aussi) sur Madelen. "Tu me tues, tu me fais du bien..."

Concert lunaire chez Brassens

Revenons à la musique un instant : en nous baladant sur Madelen, nous sommes tombés sur ce format ovni, un concert privé de Georges Brassens dans son appartement parisien. Les lieux arborent une décoration aussi simple que leur occupant. Guitare en main, avec ses musiciens, Brassens arpente les différentes pièces en chantant ses plus belles chansons. 

Shoot de jazz

La plateforme de l'Ina regorge de contenus musicaux, alors un dernier. Les derniers. Plusieurs "collections", avec notamment des concerts captés dans les grands festivals de jazz français, à Marciac et à Juan-les-Pins. On vous conseille par exemple ce concert du pianiste virtuose Michel Petrucciani, lors de l'édition 1996. Dans le rayon juste à côté, il y a aussi un (rare) concert filmé d'Aretha Franklin, en 1971 à l'Olympia. La grande dame au piano, pépite. 

Fantomas, sans Jean Marais et de Funès

Dans le genre antiquités de la série télé, la plateforme propose notamment Belphegor et les Rois maudits de Barma mais aussi le Fantomas des années 1980. Bien loin du masque bleu de Jean Marais et de Louis de Funès en commissaire Juve, rediffusés à foison sur la TNT, voici les deux épisodes de cette adaptation, signés par Claude Chabrol et Juan Luis Buñuel. 

De "L'heure de vérité" aux duels présidentiels

Si vous vouez une véritable passion pour les joutes politiques, Madelen est la plateforme qu'il vous faut. L'Ina a mis en ligne tous les grands débats télévisés d'entre deux tours à la présidentielle: Giscard-Mitterand, Mitterand-Chirac, Royal-Sarkozy. On s'est aussi laissé aller à faire sonner le générique iconique (Live and Let Die) de "L'heure de vérité", émission politique de référence présentée par François-Henri de Virieu. 

160 épisodes disponibles, les plus mythiques et son casting très masculin (Marchais, Jospin, Fabius, Lang, Badinter, Chirac, Séguin, Pasqua, Balladur, Le Pen, etc.).

En attendant les "beaux jours"

Théâtre de boulevard, grands classiques, représentations de la Comédie française, l'Ina a aussi en magasin tout le théâtre filmé de la télé publique. Notre coup de coeur, cette première adaptation de "Oh les beaux jours" (Samuel Beckett) en français, dans laquelle Winnie est interprétée par Madeleine Renaud. Elle tiendra ce rôle pendant plus de 20 ans.  

Bonus : le Tribunal des Flagrants délires contre Uderzo

Parce qu'il vient de nous quitter et qu'il n'y a pas que les écrans dans la vie, on s'est aussi arrêtés sur l'immense collection audio de Madelen (les "Radioscopie" de Chancel, fictions radio Tintin des années 60, lectures). On y a trouvé (tous?) les épisodes du Tribunal des Flagrants délires de France Inter et notamment celui dont Albert Uderzo, décédé mardi, est l'invité. On s'est évidemment délecté du réquisitoire de Desproges contre le dessinateur d'Astérix, poursuivi par la Cour pour "outrage au peuple breton, apologie de la drogue puisque ses héros ont besoin de potion magique et d'exhibitionnisme puisqu'il montre sa Gaule à tous les passants". 

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.