La figure du médecin légiste est une valeur sûre des séries hospitalo-policières et le filon est loin d'être tari. Pour preuve, la troisième saison de "Docteur Harrow" est en cours de tournage. Alors, série efficace ou caricaturale ? L'avis des critiques d'Une Heure en Séries.

Ioan Gruffudd et Soraya Dass
Ioan Gruffudd et Soraya Dass © tmdb

Xavier Leherpeur plante le décor : la figure du médecin légiste est une valeur sûre. On citera pour mémoire Body of Proof, True Calling, McCallum (avec John Hannah) ou encore l'indétrônable Silent Witness - Affaires non classées, en version française, qui en est à sa 22e saison. Sans oublier les Français Balthazard sur TF1 ou encore Alexandra L. sur France 3 avec Julie Depardieu. 

Harrow, c'est le nom de ce beau médecin légiste doté d'un torse impeccablement musclé, capable de diagnostiquer la cause d'un trépas sans ouvrir le cadavre tout en regardant Le train sifflera trois fois.

Un rebelle séduisant qui se soucie peu de la hiérarchie quand il s'agit de résoudre une énigme. La série égrène des intrigues bouclées à chaque épisode, mais est également traversée par un fil rouge reposant sur le secret qui taraude le héros.

Sur le papier, une impression de déjà-vu. Mais faut-il pour autant snober Docteur Harrow, une série australienne créée par l'écrivain Stephen M. Alvine et interprétée par Ioan Gruffudd, qui fut autrefois Mr Fantastique dans une très oubliable adaptation du comics Les Quatre Fantastiques ?

Ava Cahen : "Moi, j'ai marché"

"La série ne révolutionne pas le genre, effectivement, on est dans une ambiance entre Dexter et Docteur House. Le personnage principal est donc un médecin légiste qui a son petit caractère. Il est arrogant, mal rasé. On dit que c'est un électron libre. Il est sarcastique. Il est contre toute forme de dogmatisme. Il aime jouer avec le feu et contredire sa patronne comme Dr House. Il est également papa d'une adolescente en crise. Ses relations avec son ex-femme sont tendues et surtout, il est complètement accro au travail et à la vérité parce que les morts lui parlent. 

C'est une image, évidemment. Il ne supporte pas l'idée qu'un indice ait pu échapper à sa vigilance. De plus, on est tenu par le secret qui anime en plus ce personnage. On est partagé entre les tourments intimes du héros et les enquêtes qu'il mène. Le dosage est plutôt bien respecté. C'est divertissant, surprenant, parfois amusant, parfois ténébreux. 

Un drame à énigmes qu'on prend plaisir à suivre parce que c'est bien raconté. 

C'est bien joué, c'est pas trop mal réalisé. Et en plus, il y a des cliffhanger à la fin de chaque épisode. Un suspense qui nous pousse donc à vouloir regarder la suite. C'est une bonne série de milieu de semaine sur la bonne chaîne". 

Benoit Lagane : "Ça ne révolutionne rien. Mais c'est ça la force aussi de ce genre de séries"

"Il y a effectivement le côté Dexter parce qu'il y a ce fameux secret. Il y a de l'humour à la Bones que moi, j'aime bien. Le côté un peu "expert", mais comme dans toutes les séries du genre. Alors effectivement, ça ne révolutionne rien. Mais c'est ça la force aussi de ce genre de séries. 

Au moins avec un tel concept, un personnage bien campé dès le départ, une enquête qui se clôt à chaque épisode, et ce fil conducteur, ça évite d'être brouillon. 

On ne nous donne pas tout à manger tout de suite sur le personnage, ce qui peut arriver parfois dans certaines séries où on nous donne tout. Et après, on s'ennuie. Là où on découvre des choses à chaque fois, que ce soit dans sa vie privée, que ce soit dans le secret qu'il cache ou que ce soit dans ce duo que j'aime beaucoup avec Soroya Dass, qui est vraiment touchant. On y croit vraiment tout de suite. Et puis, il y le côté Docteur House pour le côté un peu méchant du personnage sur certains aspects.

Mention spéciale pour le générique : souvent, dans les séries de ce genre, il y a juste le titre de la série et c'est tout. Là  il y a un très beau générique animé".

Christine Haas : "ni drôle ni indispensable"

"Je ne sais pas du tout par quel bout prendre. Dès qu'il croise quelqu'un, la personne lui dit entre et ferme la porte. Et on a quand même très envie de rester dans le couloir. 

Plus à l'aise visiblement avec les cadavres qu'avec les vivants. "Vous savez ce que c'est", lui demande un flic. "Ben des os coulés dans du béton. C'est sûrement pas un suicide". Ni drôle, ni indispensable comme enquêteur. "Je voulais vous inviter à boire un verre", dit la fliquette nouvellement arrivée de Melbourne. "Un verre comme dans un bar", répond Harrow, toujours alerte. 

J'espère vraiment la fliquette en question, qui est plutôt vive, et l'assistant qui est plutôt charmant, vont devenir des collaborateurs très proches afin qu'on évite l'essoufflement. J'espère aussi que pour animer ces aventures sans aspérités, il y aura quelques rebondissements autres que ses problèmes avec son ex-femme, avec sa fille semi-délinquante et traumatisée par un lourd passé qui est tellement mal écrit, tellement mal interprété, qu'on se fiche totalement, qu'il l'emmène à Bora Bora ou pas pour recoller les morceaux. 

Rien ne fonctionne pour moi, rien n'est crédible, ni le personnage ni les enquêtes. 

On se lasse tellement vite de l'effronterie de ce protagoniste qui, clairement, n'est pas assez malin pour être crédible en cavalier seul". 

Écoutez la séquence dans son intégralité :

7 min

Une heure en série

Par France Inter
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