Dernière ligne droite pour le jury du Livre Inter. Le 9 juin, il se réunira pour choisir le roman qui recevra cette année le prix convoité du Livre Inter. Un jury présidé cette année par Riad Sattouf. D'ici là, la parole est aux auteurs.

Elisabeth Filhol
Elisabeth Filhol © Fabien Tijou

Elisabeth Filhol a écrit Doggerland (POL)

L'histoire par l'auteur

"C’est parti d’un mot qui est aussi un lieu : Doggerland. Ce territoire est englouti depuis 8000 ans au milieu de la mer du Nord. 

Au départ pour qu'il y ait un roman, il faut une problématique collective, mais qui rencontre quelque chose d'intime. Pas seulement du romanesque, aussi de l'intime. Et c'est venu avec les deux personnages principaux. Margaret dont l'objet d'étude est justement le Doggerland, Elle est géologue, chercheur à l'université de St Andrews et Marc qui est parti lui vers la recherche pétrolière. 

Je prends deux personnages qui se sont aimés, qui se sont perdus de vue et qui vont se retrouver face à face à l’occasion d’un congrès scientifique, 20 ans plus tard. Qu’est ce qui va l’emporter de ce qui les séparait et de ce qui les rapprochait.

Et tout ça en 48h, dans l’urgence d’une tempête qui balaie la Mer du Nord.

Mes romans ont un ancrage géographique fort, sauf que là, l’image du lieu, je ne l’avais pas, puisque le territoire est englouti depuis 8000 ans. Quand il a été submergé, c’était un territoire de la taille de la Sardaigne.

Ça se télescope avec une actualité qui est à nouveau la fonte des calottes, mais pour des raisons qui sont plutôt dues aux activités humaines qu'à un phénomène naturel. A partir de ça naît une fascination et des questions. 

Un paradis perdu

A l'époque de la disparition du Doggerland, il y a déjà des villes qui sont construites au moyen orient. Le doggerland, c'est les derniers chasseurs cueilleurs européens. L'agriculture, l'élevage, ils ne connaissent pas. Donc ils vivent dans un rapport à leur environnement qui est un tout autre rapport à la nature que celui qu'on peut avoir. Ils puisent sans épuiser. 

Ça prouve qu'il y a une autre manière de penser le rapport de l'humain à la nature, que le point de vue qui est le notre aujourd'hui n'est pas universel et que le moment ou on a basculé dans notre vision à nous, c'est peut-être là.

Une écriture en tension

Ça a été une tempête comme celle de 1999. Ça a été quasi un ouragan sur certaine zone, donc quand on a ça en tête, la langue est embarquée. La tourmente qu'il y a extérieurement peut donner à voir d'autres tourmentes, des tourmentes plus intérieures ou des appréhension face au fait de se retrouver face à face après 20 ans. Et j'ai besoin d'un fil comme ça qui tire, oui ."

L'auteur en quelques lignes

  • Après des études de gestion, elle exerce dans le milieu industriel
  • Son premier roman, La centrale (P.O.L., 2014) a obtenu le Prix France Culture - Télérama
  • Doggerland est son 3è roman

Ecoutez l'entretien dans son intégralité

8 min

Elisabeth Filhol avec Eva Bettan

Par France Inter

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