Récompensée à Séries Mania en la personne de son interprète principale, Carole Weyers, la série "Double je" arrive sur France 2. Une comédie policière qui n'est pas sans rappeler certaines séries américaines comme "Remington Steele" ou, plus récemment, "Castle".

Ambroise Michel, Carole Weyers et Francois Vincentelli
Ambroise Michel, Carole Weyers et Francois Vincentelli © France 2

Stéphane Drouet, le producteur, Camille Pouzol, la scénariste et deux des comédiens, Carole Weyers et Ambroise Michel avaient fait le déplacement à Lille, lors de la présentation de la série au festival Séries mania. C'est là que Benoit Lagane les a rencontrés. Nous étions à la veille de la projection et du palmarès.

Le point de départ de Double je, en quelques mots : la Capitaine de police Déa Versini (Carole Weyers) travaille avec Jimmy (François Vincentelli). Ces deux inséparables sont amis, complices, et surtout, un binôme parfait sur le terrain auquel aucune affaire criminelle ne résiste ! Mais Jimmy a une particularité : il n’existe pas. Jimmy, c'est l'ami imaginaire de Déa.

Cette histoire sort tout droit de la tête de Stéphane Drouet : "J'ai toujours aimé ce mélange des genres. Le genre comédie-policière, ça m'a toujours plu et j'avais envie aussi de ça. On l'avait déjà fait un peu différemment avec une autre série que j'ai produite, Cherif. là, l'idée c'était d'aller ailleurs encore. Avec des personnages hauts en couleur comme on peut les aimer, comme dans certaines séries américaines."

Il y a un vrai appétit du public pour ce genre de série. 

Il propose alors le projet à Camille Pouzol, scénariste, entre autre de Un gars, Une fille et plus récemment de Hard

"Pour une scénariste c'est un cadeau quand on vous dit « Est-ce que tu as envie de développer cette idée ». En tout cas, quand elle est géniale comme celle-là. Ce que j'adore, c'est le lien à l'enfance. Je suis très sensible aux gens qui sont adultes, mais dont on voit très bien l'enfant qu'ils ont été. L'ami imaginaire, on dit toujours qu'ils disparaît à la sociabilisation. Et en fait, c'est une manière de dire qu'il disparaît quand les autres commencent à vous emmerder." 

L'imagination, c'est pour moi le seul super pouvoir que tout le monde possède 

- Camille Pouzol

Jimmy, l'ami imaginaire

"Jimmy, ça vient de Jiminy Cricket" explique Stéphane Drouet. Pour le costume, l'équipe voulait que le personnage soit rapidement identifiable.

Camille Pouzol : "Visuellement, il est vite repérable. On allume la télé. On voit ce type en smoking hyper-chic dans un commissariat. Même si on ne sait pas du tout ce qu'on regarde, on va quand même se dire au bout d'un moment, c'est quand même étrange."

Ce choix du smocking revient d'ailleurs à la scénariste qui à pensé à James Bond : "J'ai pensé à ce que ce personnage pourrait représenter pour une petite fille. quelqu'un qui peut la rassurer, qui est chic et je me suis inspiré d'une des plus belles photos de Sean Connery dans James Bond".

Ecoutez l'entretien dans son intégralité :

22 min

L'équipe de Double Je avec Benoit Lagane

Par France Inter

L'avis des critiques

Quotidiennement pendant le festival Séries Mania, Benoit Lagane a réunit des spécialistes de séries. Autour de lui pour parler de Double Je : Pierre Langlais de Télérama, Marianne Béhar de L’Humanité, Julia Lagrée de OCS et Alexandre Letren de Radio VL.

Je n'ai pas envie d'être méchant. Je n'ai pas envie de dire que je n'aime pas. J'ai juste envie de dire que ça ne suffit pas. 

- Pierre Langlais 

Pierre langlais : "En gros, il y a 95 % de déjà vu et 5 % d'une  tentative plutôt sympathique.

Moi j'aimerais vraiment me dire « c'est cool, parce que c'est pimpant, parce qu'il y a du rythme, parce que l'actrice est plutôt sympathique ». on va me dire « oui mais tu sais, comparé aux séries du vendredi soir de France 2 et des polars et tout, c'est quand même nettement plus sympa ». 

Peut-être bien, sauf que je ne suis peut-être pas le public et c'est peut-être trop de polar pour pas assez d'originalité intime."

Julia Lagrée : Moi ça ne me dérange pas, pour une raison toute simple, c'est qu'en France on a un héritage très très fort de la littérature autour du polar. Si vous allez dans les librairies, le rayon polar c'est incroyable. On est des bouffeurs de polars. Concrètement, ça ne me dérange pas que la télévision reflète ça. 

Ça m'a fait penser à une relecture de Castle. Ça n'a rien de révolutionnaire. Ça n'apporte pas sa pierre à la construction du mur de la fiction française. Mais c'est sympathique

Ça se regarde. Et un vendredi soir en famille, je comprends tout à fait que ce truc là puisse marcher

Alexandre Letren : Ce qui est dommage, c'est le systématisme. c'est de faire passer des sujets par le prisme du polar. Maintenant, quand je regarde la proposition de Double je, c'est vrai qu'on a un peu l'impression de revoir des codes qu'on a vu dans Cherif. Mais en même temps, l'héroïne a vraiment une partition qui est super fun à jouer. C'est une série divertissante, plaisante, dans laquelle il y a un petit second degré. Alors peut-être que ça ne va pas assez loin, pour nous qui sommes habitués à voir beaucoup de séries. 

C'est une série qui est bien réalisée, bien produite et plutôt bien jouée et que le plaisir est là quand on la regarde

Ecoutez l'intégralité des échanges entre nos critiques :

18 min

Double Je : Le débat des critique

Par France Inter
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