Doxa est une série à voir sur la plateforme Studio 4 à partir du 10 mai. Signé Alexandre Pierrin et Olivier Marquézy pour la réalisation, elle révèle avec humour les coulisses des instituts de sondage.

Doxa, la web série sera disponible sur Studio 4 à partir du 10 mai.
Doxa, la web série sera disponible sur Studio 4 à partir du 10 mai. © Capture d'écran / Générale de production

Arthur est chargé d'études à l'institut de sondages  IFLOP. Par mégarde il inverse les résultats d'un sondage mais personne ne s'en aperçoit : au contraire, ses conclusions se vérifient. C'est à ce moment qu'Arthur prend conscience du pouvoir de résultats énoncés dans les enquêtes d'opinion. Il va alors commencer à manipuler des sondages qui lui passent entre les mains. 

Grâce à lui, le spectateur entre dans les coulisses des instituts de sondages. 

Doxa, série à voir sur Studio 4 à partir du 10 mai, est l'oeuvre d'Alexandre Pierrin et d'Olivier Marquézy pour la réalisation. Les auteurs ont clairement choisi le style de la comédie pour faire passer le message. Le message est le suivant : les instituts de sondage sont des entreprises comme les autres qui doivent satisfaire leurs clients.

Sur le web, rire sans entrave

Olivier Marquézy : « Ce regard m’a intéressé sur un aspect peu sexy de notre société, sur la façon dont on gère l’opinion. La comédie est le moyen plutôt efficace pour soulever ce genre de question, plutôt que d’être frontal ou de faire peur. Le but c’est de faire réfléchir sur ce monde d’information". 

C'est donc une comédie conçue et écrite pour le web. Jeunes comédiens, parfois issue du monde numérique comme Aude Gogny Goubert, la cruelle patronnne de l'IFLOP ou Justine Le Pottier, issue de l'équipe Golden Moustache. Cette écriture web, tient notamment au profil des personnages. 

"Le web, c'est ma culture, je ne regarde de film, même de cinéma, que comme cela. Pour faire du comique burlesque sur une série web, on tire une figure au maximum, on va chercher ce qu’elle peut avoir de plus ironique et de plus mordant. Cette caricature des choses, est typiquement web", explique Alexandre Pierrin. 

"Les moments dramatiques sont donc conçus pour arriver au bon moment dans chaque épisode de 15 minutes. Cela influe sur les répliques,  ça marque une certaine emphase dans l’écriture, il faut sortir dur rire convenu et parfois dépasser les bornes. Les Monty Python iraient très bien sur le net aujourd’hui  car dés leur époque ils allaient beaucoup trop loin" 

Cette façon de sortir d’un comique familial et convenu est typique d’internet. Pour les petits écrans les images doivent se lire facilement, les décors doivent donc présenter des marqueurs immédiatement repérable : Style inspiré de Jacques Tati, ambiance sonore différente selon les lieux, (vaisseau spatial dans une grande entreprise, réfrigérateur et grognement de lionne dans le bureau de la patronne un peu sado-maso, etc... ). 

Tout sur les sondeurs, ou presque

Alexandre Pierrin a travaillé à partir de témoignages réels pour écrire. Donc tout est vrai dans la série selon lui, ou presque. 

_Exemple avec les 'focus groupe', qui sont des petits groupes de personnes chargées de tester des produits, comme les yaourts par exemple. Il arrive que les salariés des instituts réunissent des "faux groupes", destinés à produire les résultats attendus au sujet d'un yaourt, d'un petit pot ou autre. Ils le font "pour gagner du temps, parce que c'est plus simple, et parce que finalement ils savent ce qu'ils veulent en sortir. Ce n'est pas parce que leurs instituts le demandent. Ce n'est pas une stratégie des instituts de sondage mais un dysfonctionnement dans la chaîne de travail en fait."_

Avec Doxa, on apprend ainsi quelques techniques d'enquête d'opinion, comme l'effet d’amorçage : 

"C’est l’ordre des questions qui souvent détermine les réponses", explique Alexandre Pierrin : "par exemple, dans une étude sur le service miliaire, si on commence par évoquer les questions de liberté et de démocratie,  ça crispera ; mais si on commence par la sécurité, l’ordre, on va amener les gens à répondre favorable sur l’existence du service militaire". 

Néamoins, l'auteur de Doxa s'est permis de nombreuses fantaisies : "l'idée de droguer des gens pour influer sur un focus groupe, la directrice qui menace ses employés, tout n'est pas vrai dans Doxa (heureusement !), ça reste de la fiction".

Pour Alexandre Pierrin, "l’idée c’était de désacraliser la place du chiffre dans notre société. Tout ne peut pas se résumer à des statistiques d'une part, et d'autre part les instituts de sondages sont des entreprises comme les autres. Elles se doivent de satisfaire leurs clients, sinon elles mettent la clé sous la porte."

Avec Doxa, le spectateur est certain de profiter de quelques instants d'humour et de burlesque. Il restera sûrement perplexe devant le spectacle du sondeur au travail, et probablement sceptique la prochaine qu'il entendra parler d'un sondage. 

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