Ce mardi 12 juin à Los Angeles, c'est l'ouverture de l'E3, le grand salon annuel du jeu vidéo. L'occasion pour les professionnels de se rencontrer et surtout de présenter leurs nouvelles productions. Un enjeu à plusieurs milliards voire dizaines de milliards de dollars pour les éditeurs.

Présentation du dernier épisode de Fallout au salon du jeu vidéo E3 le 10 juin 2018
Présentation du dernier épisode de Fallout au salon du jeu vidéo E3 le 10 juin 2018 © AFP / Christian Petersen/Getty Images

C'est un évènement toujours important pour cette industrie qui brasse des dizaines de milliards de dollars chaque année, mais qui n'est plus forcément un incontournable. Car s'il ouvre officiellement aujourd'hui (pour s'achever le 14 juin), l'E3 2018 se termine presque au même moment, comme chaque année.

La toute dernière conférence (devenues au fil des ans des "shows" plus ou moins gigantesques, où les éditeurs lèvent le voile sur leurs nouveaux jeux à grands coups de révélations et de bandes-annonces fracassantes) va se terminer deux heures avant l'ouverture des portes de l'E3. C'est Nintendo qui fermera la marche des annonces, trois jours après Electronic Arts qui avait ouvert le bal.

C'est un peu comme si la cérémonie d'ouverture du festival de Cannes commençait juste après la dernière projection de film, et qu'en plus, tout était visible simultanément sur Internet... C'est d'ailleurs la principale concurrence à l'E3 et aux salons en général : certains éditeurs (comme le géant nippon Nintendo) préfèrent directement s'adresser aux joueurs via une vidéo sur Internet, sans faire le (coûteux) déplacement à Los Angeles.

Peu de public, beaucoup de chiffres

D'ailleurs, l'E3 a beau être officiellement ouvert au grand public depuis deux ans, il peine à attirer les foules, d'autant que les places coûtent quasiment le prix d'une console de jeu (jusqu'à 250 dollars). On peut certes y essayer les nouveautés présentées sur place, et découvrir ce que proposent des éditeurs plus modestes, mais c'est à peu près tout.

La présence du grand public reste toutefois modeste : sur les 68.400 participants de l'édition 2017, seuls 15.000 ne venaient pas pour raisons professionnelles. À titre de comparaison, la Paris Games Week revendiquait plus de 300.000 visiteurs en novembre dernier.

L'ambition est toutefois différente : l'an passé, l'E3 a d'ailleurs eu du mal à gérer la cohabitation entre visiteurs et professionnels, et ces derniers ont obtenu que l'ouverture au public ne soit pas permanente sur les trois jours de salon.

Être présent à l'E3 coûte cher aussi aux studios qui font le déplacement. Mais d'un autre côté, l'industrie du jeu vidéo rapporte beaucoup : 116 milliards de dollars en 2017 (dont environ 5 milliards pour l'industrie vidéoludique française), presque trois fois plus que le cinéma... Un chiffre qui grimpe constamment chaque année.

Comme à Hollywood, on compte donc beaucoup sur les suites pour conserver l'attention des joueurs : Rage 2, Kingdom Hearts 3, Forza Horizon 4, Devil May Cry 5, The Elders Scrolls 6, et même Fallout 76 (rassurez-vous, c'est une année, pas le nombre de version sorties) ou FIFA 2019 (idem, évidemment) pour n'en citer que quelques-uns... Le salon américain du jeu compte peut-être moins qu'avant, mais on y compte toujours autant.

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