Edvard Munch était pleinement « moderne », c’est la thèse que défend l’exposition que lui consacre le Centre Pompidou, à travers près de cent quarante œuvres , dont une soixantaine de peintures, cinquante photographies en tirages d’époque, une trentaine d’œuvres sur papier, des films et l’une des rares sculptures de l’artiste.

À travers cet ensemble, l’exposition Edvard Munch , l’œil moderne __ éclaire l’œuvre du célèbre peintre norvégien (1853-1944) sous un jour nouveau en montrant comment la curiosité de l’artiste pour toutes les formes de représentation de son époque a nourri et transformé son inspiration et son travail.

Son expérience de la photographie, du cinéma, ses lectures de la presse illustrée ou encore ses travaux pour le théâtre ont en effet profondément influencé une œuvre dont l’exposition dévoile toute la fulgurante modernité.

Elle montre, à rebours de la mythologie qui fait de Munch un artiste du 19ème siècle , reclus et tourmenté, qu’il était ouvert aux débats esthétiques de son temps, en dialogue constant avec les formes de représentation les plus contemporaines : la photographie, le cinéma et le théâtre. Il ira jusqu’à faire lui-même l’expérience de la photographie et du film, osant des autoportraits qu’il est sans doute le premier à avoir réalisés, à bout portant, en tenant l’appareil d’une main : « J’ai beaucoup appris de la photographie. J’ai une vieille boîte avec laquellej’ai pris d’innombrables photos de moi-même. Cela donne souvent d’étonnants résultats. Un jour lorsque je serai vieux, et n’aurai rien d’autre de mieux à faire que d’écrire mon autobiographie, alors tous mes autoportraits ressortiront au grand jour.» (Edvard Munch, interviewé par Hans Tørsleff, 1930).

Arbeidere på hjemvei [Travailleurs rentrant chez eux], 1913-14 Huile sur toile, 201 x 227 cm
Arbeidere på hjemvei [Travailleurs rentrant chez eux], 1913-14 Huile sur toile, 201 x 227 cm © Museum / Munch-Ellingsen Group / BONO 2011

À travers les neuf thèmes d’un parcours de douze salles, l’exposition présente un ensemble de peintures majeures et d’œuvres sur papier comme il a rarement été possible d’en voir associé à ses expérimentations photographiques et filmiques. Elle s’interroge sur l’habitude qu’avait Munch de reprendre des mêmes motifs. On y découvre aussi combien son expérience du cinéma, ses lectures de la presse illustrée ou encore ses travaux pour un théâtre intimiste ont généré un nouveau rapport de spatialité entre le motif pictural, rapproché, et le spectateur. L’impact de ces images modernes, renforcé par la pratique photo-cinématographique de Munch, est aussi perceptible dans les effets de transparence, une forme de dynamisme et un mode de narration tout à fait spécifiques à ces nouveaux médium.

Présentation de l'exposition par Isabelle Pasquier

Dans le cadre d’une étroite collaboration, la plupart des œuvres proviennent du Musée Munch d’Oslo, mais également du Musée national d’Oslo, du Musée d’art de Bergen ainsi que de quelques collections internationales.
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.