Agnès Thurnauer est peintre. C'est une artiste, une artiste femme. Une de ses œuvres ouvre l'exposition "Elles@centrepompidou". Certes, le titre n'est pas formidable, mais la démarche du nouvel accrochage du Musée d'Art moderne est originale : il s'agit de n'exposer que les femmes présentes dans les collections d'art moderne et contemporain du musée. Elles ne sont pas nombreuses, les femmes, 18% seulement. Car le monde de l'art est viril. Il l'a été en tout cas, longtemps. Au 19è, au 20è siècle, les femmes n'avaient pas accès aux même études que les hommes. Elles ont ramé pour s'imposer !Avec cette toile située à l'entrée du musée, une large toile mauve avec des badges géants sur lesquels sont inscrits des noms, Agnès Thurnauer s'amuse avec l'histoire (masculine) de l'art. Elle rebaptise nos artistes célèbres. S'affiche une galerie de portraits inédite et gonflée : Jeanne Nouvel, Annie Wharol, Louis Bourgeois... Du coup, le visiteur, un peu perturbé, doit reconsidérer ce qu'il connaît et qu'il identifie parfois comme des marques. Plus loin, un travail beau et délicat sur les ailes (les elles ?), avec la palette de l'artiste mêlée à la toile, prolonge notre approche de l'oeuvre de cette peintre de 45 ans, auteur de ce truculent manifeste masculin/féminin.

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