1991, La guerre du Golfe, la réunification allemande, le coup d’État en U.R.S.S, la mort de Serge Gainsbourg, « Barton Fink » des frères Coen palme d’or à Cannes, première victoire dans le tour de France pour Miguel Indurain.Et à France Inter ?

C’est le début de l’impertinente Rien à cirer . Entourés d’humoristes Laurent Ruquier commente avec un humour, parfois potache, l’actualité en présence d’un invité. L’émission révèle de nombreux humoristes : Didier Porte, Christophe Alévêque, Jean-Jacques Vanier, Jacques Ramade

Arrivé d'Europe n°1 l’année précédente, Laurent Ruquier, travaille d'abord sur le Vrai-faux journal de France-Inter avec Claude Villers . Durant l'été 1991, Pierre Bouteiller le met à l'essai dans une émission intitulée Ferme la fenêtre pour les moustiques . À la rentrée, il obtient le créneau du dimanche matin de 10h à 12h, et prend la place de Radiofolies .

En février 1992, quelques mois après la création de l'émission, voici comment Laurent Ruquier et sa bande commentent la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'Albertville :

Un grand moment de l’émission avec Jean d’Ormesson, toujours en 1992, où l’on apprend qu’il a les mêmes yeux que Francis Huster :

L'émission devient quotidienne en 1992 et est diffusée de 12h à 12h45. En 1995, un an avant la fin de Rien à cirer , Charles Trenet enregistre le jingle, et donne son nom à l’un des studios de la maison de la radio.

Pour faire un bon mot, je me fâcherai même avec mes meilleurs amis, le but est de faire rire

Interrogé en 1994, par Jacques Chancel , Laurent Ruquier explique ses motivations avec cette émission également diffusée à la télévision :

Desert storm 1991 - France Inter a 50 ans
Desert storm 1991 - France Inter a 50 ans © Radio France

En février 1991, c’est par la voix de Jean-Luc Hees, l'actuel président de Radio France, que nos auditeurs apprennent l'entrée en guerre de la France et de ses alliés dans le Golfe. Il commente les débuts de la guerre :

Entré à France Inter en 1972, le journaliste a été correspondant à Washington (de 1981 à 1989). Depuis septembre 1990, il est directeur-adjoint de la rédaction de France Inter, présente le journal de 13h, et produit l'émission Synergie .

C'est l'une des émissions mises en avant dans la publicité à la télévision cette année-là. Créée en 1990, la quotidienne était un véritable magazine culturel

affiche 1991 - France Inter a 50 ans
affiche 1991 - France Inter a 50 ans © Radio France

France Inter cultive sa différence cette année-là avec le slogan« écoutez, ça n’a rien à voir » pensé par Publicis. Et à la télé, la campagne de pub met aussi en avant l’émission de 17h, « Zappinge », l'émission créée l’année précédente et présentée par Gilbert Denoyan , consacrée à la télévision.

Nostalgique de cette époque ? Un coup d’œil à la grille des programmes de 1991 n’arrange rien : on y trouve Gérard Lefort, Bernard Lenoir, et la météo marine !

Claude Villers en 2004
Claude Villers en 2004 © Maxppp / O. CORSAN

Conséquence de la création de Rien à Cirer, le vrai faux journal de France Inter de Claude Villers démarré l’année précédente s’arrête en juin. Diffusée en fin de matinée de 11h à midi l’émission d’humour, malmène l’actualité, et prend souvent Jean-Luc Hees comme tête de turc en donnant son nom (déformé) à certains animateurs pour leurs interventions (Jean-Luc Essoreuse , Estafette, Esméralda, etc.). « L’Éditorial d’Yvan Dubaï » signé Claude Villers est une allusion à allusion à Yvan Levaï, alors directeur de la rédaction.

La même année Claude Villers fait son (vrai-faux ?) coming-out de catcheur;

Coté musique, la pub met en avant Jean-Louis Foulquier et ses Francofolies .

Ce natif de l’île de Ré est l’un des créateurs du festival en 1985. Arrivé à la radio comme standardiste d'Inter service route en 1965, Il a débuté sur notre antenne dix ans après dans «Studio de nuit ». Il considérait cette émission nocturne comme comme une radio libre sur le service public avant les radios libres. Les artistes y venaient parler et chanter. Avec ses émissions d'après (Saltimbanques, Bain de minuit et surtout Pollen), il fait découvrir aux auditeurs des chanteurs alors peu connus comme Renaud, Higelin, Bernard Lavilliers ou Patricia Kaas .

Prix du livre Inter 1991 - France Inter a 50 ans
Prix du livre Inter 1991 - France Inter a 50 ans © Radio France

Cette année-là, LePrix du livre inter 1991 courronne Nina Bouraoui pour La voyeuse interdite paru chez Gallimard:

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Dans les rues d'Alger, les hommes s'étreignent.

Derrière leurs portes closes, les femmes s'ennuient. Séparée de la ville par un rectangle de verre, une jeune fille observe. Un mur sale, un trolley bondé, une enfant imprudente lui donnent les mots d'une nouvelle histoire.

Elle invente. Elle s'invente. Elle est pubère, son père ne lui parle pas depuis deux ans. La mère prépare l'intrigue, les sœurs se taisent. L'ennui ronge la capitale. Personne n'y échappe. Pas même le soleil !...

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