Invitée sur France Inter au micro d’Augustin Trapenard, Zoé Valdés parle de ce que signifie être privé de son pays et raconte comment s'est passé son départ de Cuba.

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Départ... © Getty / Aikawa Tadashi / EyeEm

Zoé Valdés est une exilée cubaine réfugiée en France depuis plus de 22 ans. Son oeuvre romanesque et poétique en a fait une figure des lettres cubaines ainsi qu'une incarnation de la résistance au régime castriste. Entre La Havane mon amour, son dernier livre et son témoignage dans un recueil qui s'intitule Parole d'exil, elle raconte l'exil.

Au micro d'Augustin Trapenard, l'écrivain raconte comment s'est passé son départ en exil...

Je n'ai jamais pris la décision de quitter Cuba ; je ne voulais pas quitter Cuba. C'est eux qui me l'ont imposé.

Zoé Valdés raconte que, lorsque Le Néant quotidien est paru en 1996, un membre de l'ambassade de Cuba est venu la voir pour la prévenir que ses écrits la mettaient en danger dans Cuba.

A ce moment-là, l'Ecole Normale Supérieure l'invite pour donner un cours de quelques mois, et parallèlement, comme son livre sortait chez Actes Sud, la maison d'édition l'invite aussi. Son mari, lui, est invité en France par un festival de cinéma à Nantes. Restait à rapatrier sa fille d'un an et demi - mais à l'époque les enfants ne pouvaient pas sortir de Cuba...

Le 22 janvier 1995, Zoé Valdès est à la douane cubaine pour prendre l'avion pour la France...

Je pense que c'est la plus grande peur que j'ai eue

Elle raconte : "Le soldat qui s'occupait des passeports avant la douane a regardé l'ordinateur : « vous d'accord, votre mari aussi mais pas la petite fille ».

J'ai eu très très peur, parce qu'évidemment je ne pouvais pas partir sans elle. Il était vraiment bloqué sur la décision de ne pas la laisser franchir la porte de la douane... Mais de l'autre côté à la douane, il y avait un un trio musical qui jouait et et ma fille, qui avait un an et demi, a commencé à danser et elle a traversé seule la douane. Tous les Français qui étaient là ont commencé à applaudir et à chanter - c'était la Macarena en plus.

Le soldat regardait tout le monde, regardait l'ambiance, regardait ma fille qui passait la douane toute seule et qui se mettait à côté des musiciens...

Il a fait un petit sourire comme ça, il a mis les trois tampons sur les trois passeports et il a dit : « échappe-toi » "

L'écrivain Zoé Valdés (2007)
L'écrivain Zoé Valdés (2007) © AFP / Ulf Andersen / Aurimages
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