Replongez dans les plus beaux moments de "Boomerang" cette semaine. Avec les auteurs Erri de Luca, Christophe Claro et Laurent Mauvignier, la chanteuse Louane et le rappeur Gringe.

Que l'adulte de demain se souvienne de l'enfant d'aujourd'hui, c'était le que Laurent Mauvignier s'adressait à lui-même. Il l'évoque au micro d'Augustin Trapenard dans ce best-of de Boomerang
Que l'adulte de demain se souvienne de l'enfant d'aujourd'hui, c'était le que Laurent Mauvignier s'adressait à lui-même. Il l'évoque au micro d'Augustin Trapenard dans ce best-of de Boomerang © Getty

Pablo Cotten a préparé rien que pour vous le best-of de Boomerang de cette semaine, à partir des entretiens d'Augustin Trapenard :

10 min

Le best of de Boomerang du 18 juin 2020

Par France inter

Erri de Luca

Impossible, son dernier roman vient de sortir. Il y raconte une joute verbale entre deux hommes que tout sépare. L'écrivain italien était l'invité d'Augustin Trapenard.

EdL : "Il faut avoir un bon vocabulaire, ça veut dire avoir des mots précis pour préciser ses convictions. Par exemple, chez nous, on parle de l'invasion face aux étrangers qui arrivent dans notre pays.  

Invasion, c'est un mot qui doit concerner un armée qui passe une frontière et va occuper le territoire d'un autre peuple. On ne peut pas parler d'invasion pour des gens qui arrivent sans armes, éparpillés, en petit groupe, femmes et bébés compris. C'est une langue falsifiée, qui est faite pour exciter des sentiments d'hostilité. Donc, je me protège avec mon vocabulaire." 

"Plus on est lecteur, plus on est le propriétaire de la langue et pas un client auquel on peut vendre n'importe quel article de publicité de la langue."

Gringe

C'est avec un livre que Gringe revient : Ensemble, on aboie en silence (Harper Collins). Il y parle de son parcours et de la maladie de son frère, diagnostiqué schizophrène. Gringe était dans Boomerang.

G : "Être tout seul en solo, c'est une manière, peut-être, d'aller vers l'acceptation. C'est se dire OK, ça y est, maintenant, tu arrêtes de complexer. Et je pense que c'est aussi pour ça que dans mes projets tout seul, je me mets à nu comme ça."

Christophe Claro

Tout à la fois romancier, traducteur, éditeur et même critique à ses heures, Claro aime explorer, défricher, et transmettre. Il était l'invité d'Augustin Trapenard. 

CC : "J'avais l'impression que les écrivains font des livres. Et puis, à un certain âge, ils commencent à écrire leur histoire familiale. Donc j'avais très peur de tomber dans ce schéma. Mais il y a peut-être une leçon à tirer de tout ça. Si on sent qu'il y a des choses qui accrochent, il faut aller voir là-dedans et il faut les régler. Et après, on peut passer à autre chose."

"Je pense que c'est un exercice de gymnastique, c'est à dire que je me frotte à des écritures qui ne sont pas les miennes, avec lesquelles je me sens proche, mais qui me permettent de décoincer des rapports que je peux avoir avec un adverbe, un adjectif, une surabondance ou des choses comme ça, mais je pense exactement le même travail que fait tout écrivain quand il lit."

Louane

Son 3ème album est annoncé pour le 23 octobre. Le 1er single qui en est extrait et qui a été écrit et composé par Damso a accompagné notre été. Louane s'est confiée à Augustin Trapenard.

L : "Honnêtement, on se laisse porter et il y a des moments qui sont assez compliqués, des moments presque de crise identitaire où on ne sait pas trop où on est, qui on est et pourquoi on fait ça. C'était parfois un peu de solitude. C'était parfois de la peur. C'était parfois un peu d'incompréhension. Et à la fois, tout ça, ça a créé un bonheur immense. Mon album, c'est quelque chose de très introspectif et assez franc."

Laurent Mauvignier

La sortie de chacun de ses romans est un événement. "Histoires de la nuit" est un huis-clos angoissant. Le portrait en creux d’une France qu’on ne voit pas. Laurent Mauvignier était l'invité d'Augustin Trapenard.

LM : "Pour moi, c'est le monde où j'ai l'impression d'être le plus en adhésion avec ma réalité, c'est à dire l'impression de l'endroit où je joue le moins un rôle, où je ne suis pas en train de regarder ce que je vis. Ou je ne me dédouble pas. Où je suis le plus en accord avec ce que je vis"

"En fait, il faut que le lecteur se sente chez lui. Il faut que lui-même puisse interpréter, s'inventer son lieu. Mais un peu comme il est libre, quand vous lui donnez un personnage, de le voir comme il a envie de le voir. Ça, c'est important. "

"Quand j'étais enfant je me disais : Surtout quand tu seras grand, quand tu seras adulte, n'oublie pas ce que t'es en train de voir. N'oublie pas que tu es en train de penser, rappelle-toi de te souvenir de moi. Donc, très souvent très souvent, j'ai eu l'impression que l'enfant que j'étais parlait à l'adulte que je suis aujourd'hui et donc assez régulièrement, je repense à cet enfant que j'étais et je repense à ce regard et à cette demande que je m'adressais."

Aller plus loin

🎧 ÉCOUTER - Boomerang, par Augustin Trapenard, du lundi au vendredi à 9h10

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