La série policière française Engrenages revient à partir de ce lundi soir sur Canal Plus. Une septième saison marquée par l'arrivée de la scénariste Marine Francou à la direction de l'écriture. Entretien.

Marine Francou et le réalisateur Jean-Philippe Amar, sur le tournage de la septième saison d'Engrenages
Marine Francou et le réalisateur Jean-Philippe Amar, sur le tournage de la septième saison d'Engrenages © © Caroline Dubois / Son et Lumière / Canal+

Un peu plus de 13 ans après sa première diffusion sur Canal Plus, la série policière française Engrenages revient dès ce lundi soir sur la chaîne cryptée. Si le décor (Paris) ne change pas pour cette septième saison, la scénariste Marine Francou a pris le relais d’Anne Landois à la direction de l’écriture, après avoir longtemps travaillé sur la série Un Village Français.

Quel effet cela fait-il de se retrouver à la tête d’une série aussi prestigieuse qu’Engrenages ? 

"C’est gros ! J’ai mis quelques jours à accepter cette proposition. J'en avais très envie parce que c'est une série que j'aime beaucoup et que j'allais me retrouver pour la première fois à la tête de l’écriture, mais j’avais aussi très peur. Mais la peur est aussi bonne conseillère, c’est un indicateur qui dit "sois sérieuse". Après, il ne faut pas qu'elle paralyse."

Comment s’est passée cette première expérience de "showrunner" ?

"J’ai une très haute idée de ce que veut dire ce mot et pour moi, de vrais 'showrunners' en France, il y en a deux : Éric Rochant (qui travaille sur la série Le Bureau des Légendes, ndlr) et Frédéric Krivine (Un Village Français). Et encore, ils ont des manières différentes de l’être. Moi j'ai juste essayé d'être directrice de l'écriture. Il me manque des compétences sur la mise en scène pour avoir ce titre-là, et de l’autorité ! Cela viendra peut-être, mais je n’en suis pas encore là dans mon parcours. 

Comment avez-vous travaillé ?

"Ce que j'ai expérimenté sur cette saison d'Engrenages, c'est un fonctionnement en atelier d'écriture. Plutôt que d'être seul face à sa copie pour écrire 12 épisodes, on était quatre auteurs pour écrire les arches narratives, dont Frédéric Balekdjian qui avait déjà réalisé quatre épisodes de la série. Il avait donc une connaissance un peu plus intime des personnages que moi qui les connaissais uniquement en tant que spectatrice. J'ai aussi fait venir deux autres binômes d'auteurs qui se sont emparés d’un épisode chacun, et qui en ont fait plusieurs versions. J'ai ensuite repris les textes pour aller jusqu'à la version de tournage."

Quelle était l'ambition scénaristique de cette saison ? 

"On avait envie à la fois de respecter la grammaire d'Engrenages qui est faite de précision dans la dramaturgie, avec le respect d'un certain réalisme. Cela signifie de la rigueur dans le travail avec les consultants. On essaie d'être précis sur les enquêtes même si on triche évidemment tout le temps avec la réalité : nos flics mettent deux mois à faire ce que, dans la réalité, ils mettent parfois plusieurs années à accomplir ! 

Après, on avait envie de changer un peu de catégorie de voyous et d'être sur une délinquance en col blanc, de relever le défi d'essayer de faire comprendre les mécanismes du blanchiment d'argent. Parmi les premiers entretiens qu'on a eus avec nos consultants, flics ou magistrats, il y avait ce paradoxe d’institutions qui souffrent terriblement du manque de moyens face à des voyous qui perfectionnent des systèmes pour que l'argent rentre de moins en moins dans les caisses de l'État."

Et pour les personnages principaux ?

"La fin de la saison 6 avait un côté terre brûlée : Laure fuit Gilou, elle renonce à sa maternité et du coup au projet qu’ils avaient fait ensemble. Je me suis dit, la question c’est 'vont-ils se remettre ensemble ?' Ce couple est assez fondateur, même si les autres personnages sont très importants. Ils vont encore vivre une grande aventure cette saison mais c'est toujours compliqué. Ils ont un lien indéfectible mais ils ne trouvent jamais une situation qui seraient confortable pour tous les deux. En même temps, les gens heureux ne font pas de très bonnes fictions."

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