Ce n’est pas au Panthéon mais à l’Assemblée nationale que va reposer la féministe Olympe de Gouges. Augustin Trapenard revient sur cet évènement dans son édito.

Le buste d'Olympe de Gouges récemment installé dans la salle des 4 Colonnes à l'Assemblée nationale
Le buste d'Olympe de Gouges récemment installé dans la salle des 4 Colonnes à l'Assemblée nationale © Maxppp / IP3 PRESS

Olympe de Gouges, grande figure du militantisme féministe, est surtout connue aujourd'hui pour avoir, dès 1791, écrit une “Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne” (à lire ici). Deux ans plus tard, elle était guillotinée… Elle, pour qui :

La femme à le droit de monter à l'échafaud ; elle doit avoir le droit de monter à la tribune.

Depuis le 20 octobre 2016, son buste orne la salle des quatre colonnes du palais Bourbon.

S’inspirant des mots de Malraux pour Jean Moulin, Augustin Trapenard a concocté un édito pour la révolutionnaire féministe, l'occasion de rappeler que cette grande femme ne se réduit pas à son combat pour la reconnaissance des femmes : “Entre ici, Olympe de Gouges !”

Entre ici, Olympe de Gouges, [...] Toi qui t’es battue pour le divorce, pour les droits des ouvriers, pour l’abolition de la peine de mort et de l’esclavage, pour les femmes. Entre ici, Olympe de Gouges, toi qui a dit que l’ignorance l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements.

L'invitée d'Augustin Trapenard dans Boomerang était Juliette. Celle qui citait Olympe de Gouges dans ses Rimes féminines réagit à cette reconnaissance tardive avec un brin d'amertume :

Elle s'interroge avec Augustin Trapenard : "Pourquoi a-t-on décidé d'effacer les femmes de l'histoire ? Pourquoi on a décidé un jour qu'il n'y avait pas de femmes peintre, que la musique ce n'était pas pour les femmes, qu'il n'y a pas de compositrices. Il y en a forcément ! Il y en aurait eu si on les avait laissé faire. Les femmes jouent du tuba, si on les laisse faire. Si elles en ont envie."

Son constat est amer : "On est dans un monde de "raisonnements masculins" ; le changement d'état d'esprit d'une nation, d'un peuple, d'une civilisation, ça doit concerner tout le monde. Ça prend du temps."

Un pessimisme que ne partageait pas Olympe de Gouges. Dans un postambule à sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle précisait :

Quelles que soient les barrières que l'on vous oppose, il est en votre pouvoir de vous en affranchir, vous n'avez qu'à le vouloir.

Portrait d'Olympe de Gouges (détail) par Alexandre Jucharski
Portrait d'Olympe de Gouges (détail) par Alexandre Jucharski © Getty / Heritage Images

Aller plus loin

► Réécoutez les Rimes féminines chantées par Juliette. C'était en 1997 en live sous-titré pour mieux de l'énergie et de la faconde de Juliette

► Lire aussi sur ce blog, ici, la petite et grande histoire du féminisme en bande dessinée, par Anne-Charlotte Husson et Thomas Mathieu. Y sont expliqués les concepts clé du féminisme avec un regard frais. Olympe de Gouges (comme Simone de Beauvoir et Benoîte Groult) y ont évidemment leur portrait...

► Ecoutez l'émission de Boomerang d'Augustin Trapenard, avec Juliette en invitée, en intégralité ici

► A lire aussi, ce blog alimenté par plusieurs collaboratrices parlementaires et qui dénoncent les propos sexistes tenus dans l'hémicycle

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