Boomerang a fait sa rentrée avec Léonora Miano, Zahia Dehar, Oxmo Puccino, Zabou Breitman et Jean-Paul Dubois aux côtés d'Augustin Trapenard. Revivez les grands moments de cette première !

"Et il pleuvra des roses...", extrait de textes écrits par le père de Jean-Paul Dubois
"Et il pleuvra des roses...", extrait de textes écrits par le père de Jean-Paul Dubois © Getty / chinaface

Joséphine Dumoulin a préparé le best-of de Boomerang de cette semaine, à partir des entretiens d'Augustin Trapenard : 

8 min

BOOMERANG - Best-of de Boomerang du 30 août 2019

Léonora Miano

Elle vient de sortir son dernier roman "Rouge Impératrice" dans lequel elle réinvente véritablement le langage au travers d'une histoire d'amour bientôt mouvementée. Léonora Miano était l'invitée d'Augustin Trapenard

"Je suis arrivé dans le monde de filles mais mal aimée par les femmes de mon entourage, du moins c'est le sentiment que j'en avais, je ne me sentais pas aimée, accompagnée, guidée...

J'avais un puissant désir de recevoir des femmes, une parole presque secrète, d'un enseignement légèrement mystique

Zahia Dehar

Elle joue dans le nouveau de film de Rebecca Zlotowski, "Une fille facile". Elle revendique sa liberté féminine aux côtés d'Augustin Trapenard : 

"Dès qu'une femme montre de signes de féminité, c'est tout de suite considéré comme quelque chose de péjoratif mais c'est assez gênant je trouve car finalement s'il faut cacher tout signe de féminité pour se faire respecter c'est dommage. 

Pour moi, une fille facile c'est la totale liberté

Une femme qui s'épanouit dans sa vie sexuelle à l'égal de l'homme et qui n'est pas soumise à la morale c'est au contraire pour moi quelque de positif. Cela signifie la légèreté.

J'ai tout capitalisé sur mon physique, car quand on y pense derrière le mot "pute" je ne vois pas le côté péjoratif, je ne comprends pas pourquoi ce serait quelque chose de mal. Je cherche cette réponse depuis que j'ai l'âge de 6 ans et pour l'instant personne ne m'a donné de réponse rationnelle à cela".  

Oxmo Puccino

Il est l'une des grandes voix du RAP français et sort son septième album, "La nuit du réveil". Oxmo Puccino était au micro de Boomerang

"On a conscience du pouvoir des mots, de ce que cela représente, ce que ça peut laisser, du poids que cela vaut et à partir de là on les traite, on les choisit.

L'émotion demande encore du temps et on en a de moins en moins

Je pense que le rôle de l'artiste est d'adoucir, d'embellir, et de faire passer le temps avec plus d'émotion qui est en voie de disparition". 

Zabou Breitman

Avec Eléa Gobbé, elle sort un film d'animation "Les hirondelles de Kaboul", à partir des personnages du roman de Yasmina Khadra. Zabou Breitman se confiait au micro d'Augustin Trapenard

"Ma mère me disait toujours une phrase qui me rendait hors de moi : "oui mais toi tu as de la chance, tu peux écrire, tu peux faire de la mise en scène"... Mais moi je lui répondais que j'y étais pour rien. En fait j'ai fini par comprendre qu'elle avait raison, bien sûr que j'ai eu de la chance, qu'elle regardait la petite fille que j'étais car elle n'a pas pu être comme ça, comme moi. Elle m'a dit : "on m'a empêché de tout faire, on me répétait que je serai secrétaire, que je ne serai pas libre, que je ne déciderai de rien"... 

Elle me voyait être libre et se disait : "elle a de la chance". Même si, bien sûr, elle était heureuse pour moi, cela lui laissait une forme d'amertume.

Ça demande énormément de courage d’être acteur, c'est beau d'osé d'avoir la culotte en bas des pieds, car c'est ce que vous êtes lorsque vous êtes acteur sur scène, il faut énormément de courage. C'est un acte délibéré, artistique et il est forcement politique, civique, il existe et il est éthique tout le temps tout le temps. On se doit toujours de se la question : "qu’est-ce que je dis ?" 

Quand j'entends la voix de mon père, j'entend d'abord qu'il est très fatigué, il a alors 93 ans, sa voix est tellement forte et touchante, elle est immédiate... C'est quelque chose d'absolument bouleversant"

  • Réécoutez le "Qui êtes-vous ?" de Zabou Breitman
1 min

Boomerang - Le "Qui êtes-vous" de Zabou Breitman à Augustin Trapenard

Jean-Paul Dubois

Il sort son dernier livre "Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon" dans lequel il raconte l'histoire d'un homme désemparé dans un monde dénué de sens. Jean-Paul Dubois était l'invité de Boomerang

"Je suis un parasite social, je n'ai aucune utilité, je ne crois pas à l’exemple, je crois que le livre est une chose fragile, un moment de plaisir qui est bref et qui n’imprime pas. Ce n'est pas quelque chose qui va s’imprégner en vous. 

Écrire pour moi, c'est avoir du temps, c'est une manière de vivre, c'est vraiment pas un choix, il faut énormément de chances et de hasard pour exercer ce métier. 

Écrivain, c'est un métier qui permet d'être propriétaire de son temps, de ne jamais avoir d'autorité, de ne jamais en subir 

Il y a une immense variété de façons d'être au monde, de l'habiter, de l'occuper, il y a les prédateurs, les victimes, les jambes qui courent, les jambes qui montent aux arbres pour essayer d'échapper a autre chose, c'est la spécificité de chaque espèce. 

Mon père adorait écrire pour lui, il avait une petite compagnie de théâtre jeune pour lui avec des acteurs et avait fait des pièces qui sont aujourd'hui dans une malle à la maison et que je n'est jamais ouverte dont une qui se terminait par :"et il pleuvra des roses".
Je ne les ouvrirai jamais car c'est à lui, il n'est plus là et je n'ai pas à savoir ce qu'il y a dedans. J'ai juste lu une lettre qui me concernait et qui m'a fait pleurer pendant des semaines tant elle me cassait en deux..."

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.