France Inter en direct le 28 mars de 21h à 23h avec Addictions de Laurence Pierre

En 20 éditions, le Festival des formes exploratoires en art, a toujours essayé de favoriser les collaborations artistiques ? hybrides. Il est devenu un témoin remuant de la création contemporaine et d’artistes internationaux qui font bouger les lignes du spectacle vivant et des arts visuels.

Micro Macro

L’infini n’a de cesse de nous fasciner, qu’il soit petit ou grand. Ses représentations comme ses perceptions ont été dernièrement bouleversées par le numérique.Les données d’aujourd’hui sont reproductibles sans limite et la miniaturisation des processeurs augmente en permanence nos capacités. En conséquence, notre appréhension du monde augmentée remet perpétuellement en jeu les échelles. On s’est tous habitué à se propulser au sein de vues satellites et à parcourir le globe virtuellement en quelques clics jusqu’à l’inexploré...

Les progrès scientifiques, en accélération comme toute la société, bénéficient des effets de la circulation instantanée des données et de capacités de calculs toujours plus puissants.Le web accueille de nouveaux micro-processeurs connectés à chaque instant et donne accès à un champ lui aussi en croissance permanente.En quelques années de nouveaux infinis sont apparus et sont eux même pris dans une expansion incontrôlable.L’exposition Micro - Macro s’intéresse à ces phénomènes contemporains, au travers d’un parcours d’oeuvres d’artistes internationaux.- Hexaboite de Philippe Decouflé -Cie DCA Philippe Decouflé et son équipe ont imaginé et adapté de nouvelles installations, toujours autour de l’optique. Du high / low tech , avec de la video, des kaléidoscopes, des jeux de lentilles... Un univers ludique et interactif, à mi-chemin entre l’entre-sort forain et l’art contemporain.- Kronofoto « Un écran démultiplie notre image à l’infini, une mise en abîme de notre propre reflet »- La grosse tête « dans l’espace d’exposition, le spectateur peut se voir avec une tête gigantes que »- Olivier Ratsi [Antivj] « Une sculpture audiovisuelle monumentale propulse le point de fuite vers un horizon intangible . »- Onion Skin : Onion Skin est est une zone de déconstruction visuelle et sonore qui suggère l’éventualité d’un espace fictif tridimensionnel, contribuant ainsi à modifier la perception spatio-temporelle du spectateur.L’installation se base sur un vocabulaire géométrique appelé «Pelure» utilisant la technique de l’anamorphose et diffusé sur via un dispositif spatial.

Exposition Micro Macro - Kronophoto - Philippe-Découflé
Exposition Micro Macro - Kronophoto - Philippe-Découflé © DCA

Le côte immersif est amplifié via une création sonore qui se conçoit comme la bande originale de l’oeuvre visuelle. Création musicale de Thomas Vaquié. Management & production : Nicolas Boritch- Heather Dewey-Hagborg « L’artiste crée des sculptures de visages d’inconnus, à partir d’éléments d’ADN collectés dans des espaces publics »- Hiroto Ikeuchi «des Dioramas conçus à partir de carcasses de PC, d’éléments de modèles réduits et de figurines de manga »- Tom Kok & Britt Hatzuis « Un film visible à travers un microscope. Le montage est un ensemble d’éléments mécani ques en mouvement qui nous plonge dans la matière »- Alain Josseau « Une maquette de ville est filmée en direct . L’image ressemble à celleS que produisent les drones americains »

Exposition Micro Macro - Monster - Kris Verdonck
Exposition Micro Macro - Monster - Kris Verdonck © Luc Schaltin

- Ryoichi Kurokawa « Sculpture audiovisuelle qui s’inspire des forces et des matières de l’univers » ....- Carsten Nicolai « une série de maquettes expérimentent Les relations complexes entre lumières et sons »...- Candas Sisman « Des lentilles suspendues révèlent la trame numérique invisible d’une toile blanche »- Kris Verdonck « 300 petites peluches au sol prennent vie soudainement en un grouillement effrayant »

Quelques concerts et performances

affiche futur
affiche futur © radio-france

Théo Mercier et le groupe Sexy Sushi - Du futur faisons table rase - Concert Effets sonores et optiques, rythme heurté, jeux d’ombres et d’éclairages, apparitions, déclamation, tout se joue sur scènes.Le pluriel est important. Podium, tribune, tréteaux de théâtre, plateau de festival, piédestal : c’est là que le temps se matérialise, à la vitesse de la lumière. Il y a un sens de lecture, qu’il fautessayer de suivre. Chronologique absurde.Puis : soudain, la musique occupe tout l’espace, noyant le public dans un déluge éclatant de sons. Ici et maintenant il assiste au spectacle d’un concert qui semble avoir déjà commencé. Prisdans l’éclair aveuglant de l’instant, déconnecté de tout autre réalité que celle de cette énergie ultra violente qui se donne à voir et à entendre. Les barrières Vauban sont-elles là pour protéger le groupe en train de jouer ou les spectateurs ? Qui est vraiment en danger ? C’est du live.Où se réfugier sinon, dans l’éternité... Depuis qu’il est en résidence à Rome, à la Villa Médicis, Théo Mercier connaît l’angoisse de vivre entouré de vieilles pierres. Il la manifeste en peignant à la main des slogans de protestation sur d’immenses banderoles de coton. « Hier ne meurt jamais » ; « Le bon vieux temps » ; « Je ne regrette rien » ... : ces banderoles servent de décor à cette tragique comédie musicale dans laquelle l’artiste a embarqué performeurs, acteurs, danseurs, chanteuse... tous ralliés à son impératif implacable : « Du futur faisons table rase ». Ou pour le dire autrement, ne soyons pas nostalgiques de demain.

Temporary Distortion - My voice has an echo in it - Perfomance Avec cette installation, Temporary Distortion offre une performance longue durée, six heures durant avec musique live, texte et vidéo mis en scène dans un couloir clos de 8 mètres de long. Les spectateurs regardent la performance à travers les doubles miroirs installés sur toute la longueur des murs. Ils sont libres d’aller et venir pendant la représentation. Le son arrive à travers des casques disponibles à côté des fenêtres. Tous les instruments (batterie comprise) sont électroniques et branchés sur le signal audio envoyé dans les casques. Aucune autre forme d’amplification n’est employée. L’expérience d’écoute est rendue plus complexe par l’utilisation délibérée d’un délai qui remet en question le direct du spectacle car tous les sons créés par les performeurs sont d’abord capturés, travaillés et stockés dans un ordinateur avant d’être joué/envoyé aux spectateurs un instant plus tard - créant en matière technique une performance pré-enregistrée.

Temporary Distortion - Kenneth Collins
Temporary Distortion - Kenneth Collins © Temporary Distortion

Vincent Glowinski (alias Bonom), Jean-François Roversi - Méduses - Danse Depuis 2008, le graffiti artiste Vincent Glowinski (alias Bonom) travaille avec l’artiste des médias Jean-François Roversi à un équivalent sur scène de ses fresques de rue. Dans Meduses, les danseurs-dessinateurs marchent dans la semi-obscurité sur une surface sombre. Ils sont entièrement peints en blanc et faiblement éclairés par une lumière fluorescente.Peu à peu une forme apparaît. Dans Meduses, c’est l’impression du corps lui-même qui génère les formes représentées. Parfois, le dessin s’anime, devient le véritable chorégraphe et impose un rythme aux corps des danseurs. Puis, de nouveau, un mouvement libre sans intention figurative permet d’interpréter des structures visuelles, de l’étrangement reconnaissable à l’abstrait. La trace, vestige furtif du temps et du rythme dansé, perpétue et étire l’instant.

Jean-Christophe Meurisse et des Chiens de Navarre - Les danseurs ont apprecié la qualité du parquet - Théâtre et danse À la suite de nombreux stages et afin de répondre aux désirs pressants de plusieurs d’entre eux, les Chiens de Navarre ont décidé de proposer leur premier objet véritablement chorégraphique.Mais de peur d’être reconnus, ils danseront masqués.C’est tout un cortège de vieillards qui se mettent à errer, danser, se tripoter sur nos plus beaux tubes de variétés. Un dernier tour de piste sur le dancefloor ou un égarement dans le local de stockage. Pathétique et ordurier. Etrange et émouvant.Plus rien ne devrait les arrêter dans cette chorégraphie semi - improvisée: leurs plus belles années sont derrière eux.

Alexander Whitley - The measures taken - Danse Ancien danseur de la Rambert Dance Company et de la Wayne McGregor | Random Dance, AlexanderWhitley est aujourd’hui un chorégraphe affilié au Royal Ballet.Il appartient à ce courant virtuose de la danse britannique élaborant son esthétique et ses enjeux sur la question des nouvelles technologies au service des arts chorégraphiques. Sa danse est pure, technicienne, très exigeante.Visuellement très percutant, «The Measures Taken» est un quintette construit sur l’étroite combinaison entre danse et technologie numérique de pointe. La pièce explore la relation trouble, presque irrationnelle entre avancement technologique et vertu magique que l’âme humaine lui confère.

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