Le labyrinthe et le dédale, formes universelles et archaïques, sont abordés ici comme métaphores d’un cheminement fondé sur des détours et des sinuosités. On connaît bien, dans toutes les cultures, ses formes diverses et ses connotations spirituelles, qui touchent à de passionnants paradoxes : une organisation du chaos, une progression par la lenteur ou la régression, une désorientation constructive, et une confusion productrice de sens et de connaissance. Dans cette logique, l’exposition s'organise elle-même thématiquement selon un principe de désorientation, suivant les détours et la polysémie même de son sujet. Plutôt que de l’illustrer, elle l’aborde librement, aussi bien dans ses dimensions architecturale, physique et mentale, proposant des pertes de repères au sens propre et figuré. Elle passe ainsi du labyrinthe architectural aux méandres de la pensée, de la représentation du chaos à la ville comme lieu de l'égarement, de la contrainte des corps à l'abstraction picturale comme piège pour le regard et l’entendement.

L’exposition est orchestrée en huit chapitres thématiques qui proposent un déploiement à la fois conceptuel et sensoriel du sujet, entre parcours initiatique et égarement, curiosité et sensation.

Peinture, architecture, oeuvres pénétrables, sculptures, films, mais aussi plans, cartes, collections et objets archéologiques proposent autant de perspectives et de plongées dans des univers curieux.

Par ailleurs, cette exposition, malgré ses référents historiques, entend refléter certaines tendances esthétiques, politiques ou intellectuelles contemporaines. À savoir, une appréhension de l'histoire des formes et des idées qui conteste un modèle strictement linéaire ou une vision progressiste de l'histoire, et privilégie au contraire la multiplicité des pistes, la redécouverte des zones de confusion, de choix multiples et de traverses dans l'appréhension du réel, avec ce que cela suscite en terme de spéculation aventureuse et de principe d'incertitude.

Déployée sur deux espaces d’exposition du Centre Pompidou-Metz, soit plus de 2 000 m², l’exposition associe des artistes nationaux et internationaux de différentes générations, ainsi que des figures historiques de la collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, et de grandes collections internationales. Elle est aussi l'occasion de commandes spécifiques.

L’exposition est également le territoire d’un jeu sous la forme d’une énigme,Le Labyrinte en valise (h) proposé par le commissaire d’exposition Jean de Loisy.

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