L’exposition du Grand Palais montre enfin comment cet aristocrate du Languedoc, soucieux de réussir a imposé son regard lucide, grave et drôle au Paris des années 1890.

Henri de Toulouse Lautrec - Le Divan - 1893 - Sao Paulo
Henri de Toulouse Lautrec - Le Divan - 1893 - Sao Paulo © Musée d'art de Sao Paulo photo Joao Musa

Bien souvent réduite à la culture de Montmartre, l’œuvre d’Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901) offre un panorama plus large, exposé enfin au Grand Palais, du 9 oct 2019 au 27 jan 2020. Si l’artiste a merveilleusement représenté l’électricité de la nuit parisienne et ses plaisirs, il ambitionne de traduire la réalité de la société contemporaine dans tous ses aspects, jusqu’aux moins convenables. 

« Le parcours débute chronologiquement avec les Premières années de formation. Puis, suivront plusieurs sections thématiques. Une première est consacrée au portrait d’homme. Ensuite, il y aura une approche sur la vie moderne et l’écho particulier qu’en donne Lautrec au travers de l’affiche. 

Il est sensible aussi à la vitesse et à tout ce qui est technique. L’exposition présentera quelques points forts sur les femmes au sens large, pas seulement les prostituées. Lautrec porte un regard amoureux sur les femmes, sans misogynie, parfois avec tendresse et toujours avec respect. »

Danièle Devynck, Commissaire de l’exposition

« Les cavaliers et les chevaux sont ses sujets dès le début de sa carrière. Il s’intéresse au galop, aux formes qui jaillissent, à l’action et au côté centaure des cavaliers. Vers 1887-88, cet attrait éclate dans le Cirque Fernando de Chicago et culmine avec le monde des danseuses. Le panneau de la danse exotique de la Goulue s’organise autour d’un effet cinétique grâce au jeu graphique qui suggère le mouvement en train de s’accomplir sous nos yeux. 

La Roue, du musée de Sao Paulo, porte bien son nom ; son goût du vélo et de l’automobile annonce Picabia, le futurisme et le Kupka le plus dynamique. 

Henri de Toulous Lautrec La roue 1893 Sao Paulo
Henri de Toulous Lautrec La roue 1893 Sao Paulo / Musée des arts de Sao Paulo Photo Joao Musa

Autre point fort du parcours, c’est le moment Loïe Fuller. Lautrec a presque imaginé en voyant le spectacle de la danseuse américaine ce que donnerait sa traduction filmique. Dans l’exposition nous combinons les films devenus célèbres de Loïe Fuller et une série d’estampes de Lautrec, que nous accrochons à la manière de photogrammes. »

Stéphane Guégan, Commissaire de l’exposition

Ce portrait de grand format représente Paul Viaud, intendant en charge de surveiller et soutenir le peintre, alors en fin de vie. Le choix de la composition, quelques coulures, l’extraordinaire intensité colorée annoncent une nouvelle esthétique.

Henri de Toulouse Lautrec - Paul Viaud en tenue d'amiral du 18e - 1901 - Sao Paulo
Henri de Toulouse Lautrec - Paul Viaud en tenue d'amiral du 18e - 1901 - Sao Paulo / Musée d'art de Sao Paulo assis Chateaubriand photo Joao Musa
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