Jean-Louis Tripp signe une autobiographie sexuelle en BD. L’auteur décomplexé commente pour franceinter.fr deux planches de cet album joyeux - et instructif.

Détail d'une planche d'"Extases" de Jean-Louis Tripp
Détail d'une planche d'"Extases" de Jean-Louis Tripp © Casterman

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Comment le sexe vient-il aux garçons ? Dans sa BD Extases, l’auteur de Magasin général propose un moment rare d’introspection sexuelle au masculin. Ce premier tome d’une série de quatre, raconte de l’intérieur la jeunesse de Jean-Louis Tripp, depuis son enfance avec les premiers émois, la découverte de son corps et de celui des filles, jusqu'à sa première participation à une partie fine improvisée. En sexualité, comme ailleurs, l’auteur de Magasin général est curieux, il aime expérimenter, essayer, tester… Ce qui rend son expérience si riche. A travers cette ode au sexe sous toutes ses formes, c’est aussi une autobiographie joyeuse et honnête qui se dessine : le récit d'une jeunesse avec son parcours amoureux et scolaire, la chronique d'une éducation par des parents communistes ! Et ce n’est pas triste !

On lit avec d’autant plus de plaisir et d’intérêt Extases, que dans son témoignage intime Jean-Louis n’épargne ni ses faiblesses, ni le très réaliste tiraillement entre morale et désir sexuel. Son dessin léger particulièrement efficace dans les dessins de sexe, se met au service d’un propos qui mêle recul sur soi, humour, intelligence et finesse. Passionnant. Et gourmand !

Une scène de soirée qui tourne à l'orgie

Jean-Louis Tripp commente la page 222 et suivantes d’Extases :

"C’est une séquence qui se déroule à une époque où on organisait des fêtes costumées avec des amis. On était jeunes, au début de la vingtaine. Un jour, on a imaginé de faire une orgie romaine, mais sans idée derrière la tête... On avait des décors parce qu'on avait un copain qui travaillait dans un théâtre. Tout le monde était en toge, déguisé en romain. J'étais en cupidon avec une petite jupette. Il faisait chaud, il y avait de la sensualité dans l'air. Ce qui est intéressant dans cette séquence, c'est de montrer comment très progressivement ça a dégénéré. C’est une scène très longue... On voit que ça commence à bouger un petit peu. Il y a eu des échanges de regards interrogateurs à l'intérieur des couples qui semblent dire : « qu'est-ce que tu en penses ? » L'intérêt c'est : comment les choses glissent."

Une scène qui montre ce qui a changé aujourd’hui sur la connaissance du corps féminin

Deuxième scène commentée page 38 :

"En 2017, les jeunes en connaissent beaucoup plus sur le corps féminin. Ils ne se posent pas la question comme moi quand j'avais 12 ans de savoir à quoi ressemblait un sexe féminin. Un copain m'avait dit avec un ton très sûr de lui que ça ressemblait à un x. Je pensais à Alien, à des yeux qui ont des espèces d'ouverture d'où surgit l'Alien. C'est assez terrifiant comme truc. Le seul moyen de voir à l'époque : on mettait la main puis petit à petit ... Sauf que quand on met la main et qu'on l'embrasse pour ne pas avoir les yeux ouvert, on est complètement à l'aveugle. On essaye juste par le toucher de comprendre comment c'est fait et là j'ai compris que ça ne pouvait pas être un x."

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La leçon de dessin de Jean-Louis Tripp

Comment j’ai dessiné Extases :

Extases, où l’auteur découvre que le sexe des filles n’a pas la forme d’un x…de Jean-Louis Tripp est publié chez Casterman

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