Revivez les plus beaux moments de Boomerang cette semaine : Augustin Trapenard recevait le romancier et scénariste Tonino Benacquista, la comédienne Isabelle Nanty, le danseur Hugo Marchand, l'humoriste et chroniqueuse Alison Wheeler puis l'ancienne mannequin "muse" de Yves Saint-Laurent Betty Catroux.

"Fabriquer des histoires, c'est s'éloigner du réel" - Tonino Benacquista, dans Boomerang cette semaine
"Fabriquer des histoires, c'est s'éloigner du réel" - Tonino Benacquista, dans Boomerang cette semaine © Getty / Juana Mari Moya

Pablo Cotten a préparé rien que pour vous le best-of de Boomerang de la semaine à partir des entretiens d'Augustin Trapenard : 

11 min

Le best-of de Boomerang du vendredi 13 mars

Par Pablo Cotten

Isabelle Nanty 

On la revoit immédiatement dans Tatie Danièle, Les Tuches ou encore Astérix mission Cléopâtre… La comédienne Isabelle Nanty sera bientôt à l'affiche de Miss, de Ruben Alves. Elle était l'invitée de Boomerang : 

"Des fois, je dis que le deuxième prénom qu'on a, c'est le destin auquel on a échappé.  

Je n'ai rien compris : je suis passée de la petite fille sautillante, assez maigre, assez insolente, spontanée à une sorte de Hulk que je ne connaissais pas. 

Vous me mettez dans le café à côté de chez moi, ma journée est aussi remplie qu'une journée de tournage. 

La dramaturgie des gens, toute personne que vous rencontrez a une histoire et ça me régale ! Je suis fascinée ! 

Si tout le monde savait à quel point on a tous une histoire, on serait tous plus rassurés, on aurait moins peur de l'autre, il y aurait plus de fraternité.

Ma mère, qui était protestante, n'avait qu'un mot à la bouche : "l'authenticité". Mais qu'est-ce que c'est "être soi-même" ? 

Ce que je revendique, c'est le droit à l'évolution, c'est cela être soi-même, c'est être en questionnement et moi, j'ai été plusieurs moi-même".

Alison Wheeler 

L'humoriste, comédienne et chroniqueuse chez Quotidien, Alison Wheeler a retrouvé le micro de France Inter chez Boomerang, comme au bon vieux temps, à l'occasion du dernier film dans lequel elle joue Forte

AW : "L'apparence a joué un rôle important dans ma vie en tant que comédienne parce que j'ai longtemps voulu être quelqu'un que je n'étais pas. 

Si tu grandis dans ce pays, à notre époque, tu te dis 'je veux être actrice, alors il faut que je sois sublime car les standards sont trop hauts'.

Moi, les actrices que j'admirais n'étaient pas forcément des canons de beauté. 

J'avais vraiment du mal à me positionner et ce que j'aime, c'est le caractère, c'est le propos, c'est ce qu'un acteur aime raconter. J'ai grandi en me racontant cela parce que quand on grandit, tout est matière, tout est sujet à complexes tant on veut ressembler à tout le monde et à personne à la fois, c'est ridicule…

J'ai mon nez qui était trop long, une nana dans ma classe, en troisième, une cancre avait fait une dissertation dessus, elle a eu 16/20 et mon nez a grandi en même temps que mes complexes ont grandi, c'était terrible. Maintenant, je l'adore, je le trouve vraiment hyper drôle, il aide toutes mes vannes, c'est ce qui rend des trucs marrants !"

🎤 SOUVENIRS - Les drôles d'humeur d'Alison Wheeler sur France Inter  

Hugo Marchand

Il danse dans et pour le monde entier, vole de répétitions de représentations en engagements. Il entre bientôt sur scène avec Mayerling de Kenneth Mac Millan. Le danseur Hugo Marchand tout en mouvement aux côtés d'Augustin Trapenard : 

"Mon corps, il n'était pas forcément fait pour la danse, mais je l'ai fait devenir un corps dansant. Finalement, c'est devenu un atout, maintenant, les gens s'intéressent aussi à l'artiste que je suis parce que j'ai un physique peut-être un peu différent des autres et permet une expressivité différente tout en dansant avec de très grandes partenaires. Cela a été un défaut pendant longtemps et ça devient quelque chose de plutôt positif actuellement". 

Je trouve que c'est important à notre époque d'être engagé, de simplement donner de son temps, c'est la source la plus précieuse que j'ai ce temps qui file si vite.

Tonino Benacquista

À l'occasion de la parution de son 13e roman Toutes les histoires d’amour ont déjà été racontées, sauf une dans lequel il nous fait découvrir le pouvoir de la fiction en interrogeant notre rapport aux histoires, l'auteur de Saga et de Malavita, Tonino Benacquista est venu se confier dans Boomerang : 

TB : "Quand je vois une situation dans la rue, j'essaie d'imaginer ses prolongements : je garde la situation en tête, je la note sur un bout de papier et plus les années passent, plus le travail consiste à jeter et non pas à conserver. 

Quand j'écris un bouquin, je passe plusieurs années à me demander s'il va tenir le coup, s'il en vaut vraiment la peine.

Fabriquer des histoires, c'est s'éloigner du réel.

Ce ne sont que des histoires ou uniquement de la fiction ce qu'on peut raconter. En fait, pour moi, c'est exactement l'inverse. Tout ça ne se convoque pas en vain". 

Betty Catroux

La célèbre mannequin est venue partager la relation si fusionnelle qu'elle entretenait avec Yves Saint-Laurent. À l'occasion de l'exposition Betty Catroux, Féminin, Singulier qui revient sur cette amitié inconditionnelle qui a marqué l'histoire de la mode, Betty Catroux était au micro d'Augustin Trapenard :  

BC : "Nous étions des enfants gâtés, pourris, égoïstes, égocentriques, bipolaires, excités, tout nous semblait idiot, il fallait détester la vie normale. 

Le monde normal nous faisait fuir.

J'ai quand même une passion qui me porte dans ma vie : la danse. Je vais danser tous les jours de ma vie, je suis une danseuse ratée. 

Je n'avais qu'un rêve dans la vie, c'était de ne jamais travailler.

Je n'avais aucun don particulier jusqu'au jour où j'ai découvert la danse. Je m'en tire bien, mais je n'ai pas le don qu'il fallait pour faire une carrière dans la danse.

On vit une époque où il n'y a que du malheur et des choses difficiles. J'ai presque honte de raconter cette histoire d'éternel amusement, d'éternelle folie. C'est gênant…

Le commentaire de l'actualité est anxiogène : l'information arrive jusqu'à nous, mais la manière dont elle est relayée et commentée dans cette époque pleine d'experts qui se contredise les uns les autres contrarie l'information. 

La voix du romancier, par exemple celle de Camus sur La Peste, là, il y a quelque chose qui est un retour à soi qui fait que, à un moment donné, le lecteur est à l'écoute de lui-même. Et il le fait grâce au roman".

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